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Entretien avec Louis Dieuzayde et Agnès Loudes, qui succèdent à Danielle Bré au Théâtre Vitez

Vitez : liberté au cube

• 24 janvier 2018, 30 janvier 2018, 6 février 2018 •
Entretien avec Louis Dieuzayde et Agnès Loudes, qui succèdent à Danielle Bré au Théâtre Vitez - Zibeline

Avec le départ de Danielle Bré, Louis Dieuzayde est le nouveau président du Vitez, secondé par Agnès Loudes, Danielle Bré toujours au conseil d’administration et conseil artistique pour deux ans. Interview

Zibeline : Vous allez bénéficier d’un nouveau lieu, le Cube…

Louis Dieuzade : Le Cube* ne va pas être dédié uniquement au théâtre, il comporte au moins douze composantes… Mais nous disposerons d’une salle de 165 places et d’un lieu de répétition aux dimensions de l’espace scénique. Nous aimerions que le nouveau théâtre Vitez soit un pôle, destiné à repérer les projets qui sortent d’autres écoles et universités, être un lieu de croisement qui fédère. Avec des temps de réflexion lors de tables rondes, à propos des métiers du théâtre, des formations actuelles… Être à la fois un lieu de diffusion et de réflexion. Inviter aussi les spectateurs aux côtés des professionnels, des étudiants, des amateurs pour des workshops dans lesquels se croiseraient formation, connaissance, pratique artistique et expérimentation.

Agnès Loudes : Le fait d’avoir un théâtre dans l’université est nécessaire aux enseignements théâtraux professionnalisant, de la même manière que la fac de médecine a besoin d’un CHU.

L.D. : Et cela permet aussi l’articulation des formations en théâtre avec une programmation professionnelle, qui touche toutes les sections d’Aix-Marseille Université.

A.L. : Notre souhait est de croiser l’action culturelle, l’action artistique, la programmation, le territoire dans son ensemble…

L.D. : …par des partenariats avec les autres théâtres (dans le réseau Traverses par exemple), et avec l’ERACM, la FAIAR… être un endroit où les tous jeunes projets puissent se montrer et bénéficier de retours critiques.

Quels sont les financements pour cette structure atypique ?

A.L. : Sur un budget de 400 000 €, l’État ( Drac et Université) finance la moitié, 8% vient de la billetterie, le reste est alloué par la Ville, le Département et la Région. Personne ne nous revendique pleinement, ce qui nous rend très autonomes, mais aussi très précaires… L’université met à disposition les bâtiments, mais il n’y a pas de ligne budgétaire prévue pour la culture dans les universités au niveau du ministère, donc tout dépend des choix, motivés par les enseignants-chercheurs et les Présidents d’université.

Enseignant-chercheur… pour quel théâtre ?

L.D. : On veut rester un théâtre à texte, contemporain. On veut continuer à faire entendre des textes qui nous parlent de notre histoire, et qui aient une sensibilité politique, que ce soit dans les contenus, les formes, les rapports entretenus avec les spectateurs, les modes de fabrication. Il faut souligner la vraie militance artistique, l’esprit critique, de la part de l’équipe, très hétérogène et très soudée dans toutes les batailles pour faire vivre le théâtre.

A.L. : Fragiles et libres !

Entretien réalisé par Maryvonne Colombani le 18 décembre 2017

* ouverture en 2019

À venir :

24 janvier : Les Vagabondes
La Cie Quasi rend hommage à la potentialité des jardins quantiques, une fantaisie profonde et végétale par Alain Béhar.

30 janvier : Projet M.D. Diptyque Duras
Les deux dernières œuvres de Marguerite Duras, C’est tout et La pute de la côte Normande sont mises en espace par le comédien Nicolas Guimbard et le plasticien-vidéaste Patrick Laffont.

6 février : Timon d’Athènes
Le philanthrope de Shakespeare est interprété par la Cie TAC Théâtre. Le spectacle sera suivi d’un « bord de plateau » animé par Danielle Bré et Jean-Louis Claret.

Photo : Agnès Loudes et Louis Dieuzayde © MC.


Théâtre Antoine Vitez
29 Avenue Robert Schuman
13100 Aix-en-Provence
04 42 59 94 37
http://theatre-vitez.com/