Le Gyptis, cinéma de quartier de la Belle de Mai

Une toile est née

• 4 octobre 2014 •
Le Gyptis, cinéma de quartier de la Belle de Mai - Zibeline

À l’annonce de la fermeture en 2013 du théâtre animé pendant plus de 25 ans par la compagnie Chatôt-Vouyoucas, de nombreuses hypothèses s’étaient échafaudées sur le devenir du Gyptis. La décision de redonner au 136 rue Loubon sa vocation première de «cinéma de quartier» en allant au-delà de ce vieux concept, et de l’englober dans le projet de La Friche Belle de Mai dédiée aux spectacles vivants, s’est imposée contre les esprits chagrins. Le 1er octobre, le cinéma Le Gyptis ouvrira donc ses portes après rénovation et mises aux normes grâce aux 540 000 euros attribués par la Région, le CNC, et le CG des BdR. Une façade habillée par JR d’une centaine de portraits, un grand écran escamotable, 170 fauteuils confortables à l’orchestre, un projecteur numérique 4K, un son 7.1 pour une qualité d’accueil et de réception optimale. La salle, «base avancée de la Friche», pourra recevoir du théâtre, de la danse, de la musique, en lien avec la programmation cinématographique concoctée pour les 18 mois à venir par Shellac. Cousin de l’Alhambra de St Henri, Le Gyptis proposera dans l’arrondissement le plus pauvre de Marseille un cinéma à la fois «populaire et exigeant» selon l’expression d’Alain Arnaudet, directeur de la Friche en charge du lieu.

D’ici décembre, sur ce mono-écran de luxe, 6 jours sur 7, près de 100 films seront projetés, organisés en cycles thématiques de six semaines au rythme de rendez-vous récurrents : séances jeune public le mercredi, samedi, dimanche, séances familiales le dimanche en fin d’après-midi avec la projection d’un film en VF, séances répertoire le mardi soir. L’objectif s’affiche : rajeunir le public «Art et essai», faire revenir en salle les adeptes du streaming et de la Vod par une politique tarifaire sur mesure (2,5 euros pour les moins de 20 ans et les familles), une ouverture aux arts numériques et au web considérés non comme concurrentiels mais complémentaires, un croisement des disciplines et des formes, une prise en compte des spectateurs sans démagogie et la création d’événements.

Du 1er au 7 oct, le premier cycle s’ouvrira aux féminins en partenariat avec Films Femmes Méditerranée. Puis, du 8 au 14 oct, Soyons sérieux explorera le burlesque, de Tati aux comédies récentes de Cailley et de Salvador. Du 15 au 21 oct, on retrouvera Derrière les masques, entre jeux de miroirs et mises en abymes, David Cronenberg, Jonathan Clazer, Pedro Almodovar et Georges Franju. Du 22 au 28 oct, Street parcourra les villes avec Mercuriales de Virgile Vernier, Danger Dave de Philippe Petit mais aussi Chungking express de Wong Kar-Waï et L’Heure exquise de René Allio. Du 29 oct au 4 nov, on plongera avec Manga Manga dans l’univers des films d’animation japonais, en écho à l’exposition Mangaro présentée à La Friche. Du 5 au 11 nov, Média développera le thème de la représentation de la presse écrite ou audio-visuelle au cinéma en partenariat avec les médias locaux.

C’est le 4 oct à 15 h qu’aura lieu l’inauguration officielle du Gyptis et de la nouvelle Place Caffo, suivie à 19h de la projection en avant-première nationale d’une comédie de Thomas Salvador, Vincent n’a pas d’écailles. Le succès des ciné-dimanches organisés pendant la période de transition a démontré la capacité du 7e art à rassembler un public nombreux et mélangé, dans un cinéma mono écran. Une toile est née, et le rêve que les Marseillais la fassent leur, paraît tout à fait réalisable.

ELISE PADOVANI
Septembre  2014

Le Gyptis, Marseille
www.lafriche.org

Photo : JR@LaFrichelaBelledeMai