Entretien avec Michel Kelemenis en son KLAP

Un tracé de saison

Entretien avec Michel Kelemenis en son KLAP - Zibeline

C’est à une véritable saison de danse, déclinée en plusieurs temps forts, que nous convie cette année Michel Kelemenis en son KLAP. Entretien

Zibeline : Votre maison pour la danse est-elle en train de devenir un lieu de programmation régulière ?

Michel Kelemenis : Ce n’est pas mon projet. Ce que je veux défendre, c’est la danse, dans un lieu spécifique, pour que les compagnies les plus diverses y trouvent un espace de création, et quand cela est possible financièrement une coproduction. En tous les cas un espace où ils peuvent répéter, diffuser, partager.

Mais concrètement, lorsque l’on regarde le programme que vous venez d’éditer, on a en main ce qu’on appelle une saison culturelle…

Un tracé de saison, oui ! Sérieusement, nous ne sommes pas un opérateur classique, mais à partir d’ici on anticipe, on suit les projets au moment où ils s’énoncent, puis un peu après. Depuis 2014 nous avons quelques moyens de production, et je voulais que ma compagnie les partage avec d’autres.

Mais est-ce bien les missions de cette maison, et comment votre projet s’articule-t-il avec les autres opérateurs de danse du territoire ?

Nous sommes observés comme une étrangeté par l’État, parce que sortons des labels ! Mais l’étonnement n’empêche pas la bienveillance. D’ailleurs nous sommes financés par les 4 tutelles (État, Région, Département, Ville ndlr) malgré notre démarche atypique. Quant à nos liens avec le territoire… avec les nouveaux directeurs du Ballet National nous mettons en place des projets communs, d’accueil studio. Et avec Francesca Poloniato (directrice du Merlan ndlr) le contact est immédiatement passé : elle s’est adressée à moi à la fois en tant qu’artiste, et pour réinventer un réseau de diffusion.

L’autre particularité de votre projet, est une grande ouverture à toutes les pratiques, et une volonté forte de vous adresser à un public large et divers

Oui, on ne peut pas installer une Maison pour la danse à la Belle de Mai, désigné comme le quartier le plus pauvre de France, sans se préoccuper de cela. Il faut, en tant qu’artiste, que programmateur, repenser la cohésion sociale. La danse peut contribuer à cela : je reste convaincu qu’il y a un métier du corps en mouvement, métier qui peut être explicité, transmis. À des amateurs, des enfants, des professionnels, des débutants, mais aussi aux spectateurs. Pour apprendre à danser, ou à bouger, et à regarder. Et je suis persuadé que la danse parle à tous.

Vous nous donnez donc des rendez-vous…

Oui, le premier est Question de danse, qui en est à sa dixième édition (voir p10), puis il y aura Festivanges en décembre, adressé aux enfants et avec des enfants, puis + de danse en mars, autour du rapport des gestes et des sons. Et bien sûr tout au long de l’année des ateliers, un travail auprès des établissements scolaires, et des ouvertures publics : nous coproduisons 7 projets cette année…

Dont vos créations ?

Non, Barbe Bleue non compris ! Ma pièce sera créée au Grand Théâtre de Provence en novembre, Henriette et Matisse continue de tourner, en particulier à Châteauvallon en novembre également… Mais des répétitions publiques sont prévues à KLAP, ouvertes à tous !

Entretien réalise par AGNÈS FRESCHEL
Septembre 2015

Photo : -c- Agnès Mellon

 


Klap
Maison pour la Danse
5 rue du Petit Versailles
13003 Marseille
04 96 11 11 20
http://www.kelemenis.fr/