Retour sur l'inauguration de l'Eden Théâtre, le 9 octobre à La Ciotat

Un baptême en lumièreVu par Zibeline

• 9 octobre 2013 •
Retour sur l'inauguration de l'Eden Théâtre, le 9 octobre à La Ciotat - Zibeline

Inaugurer une nouvelle salle de projection, surtout quand son ouverture a été obtenue au prix de tant d’efforts, est une victoire !

Victoire chantée ce 9 octobre, avec une réelle émotion, par les politiques, le maire de La Ciotat, Patrick Boré en tête, par les personnalités du 7e art comme Thierry Frémaux, directeur de l’Institut Lumière de Lyon et par tous ceux qui ont permis cette résurrection comme Monique Valéri, présidente de l’association Berceau du cinéma. Doyenne des salles, l’Eden Théâtre a accompagné depuis l’époque d’Antoine, Auguste et Louis, l’histoire de la ville et des Ciotadens dont on dit que la moitié d’entre eux y a rencontré l’autre. «Tu te souviens quand on fréquentait ?» a-t-on entendu une femme dire à son compagnon. Fermé pour raisons de sécurité, l’Eden retrouve grâce au travail des architectes-scénographes Stern et Masson, son aspect d’origine de petit théâtre à l’italienne velouté de rouge, et une fonctionnalité correspondant aux normes actuelles. La façade identique à celle de 1889 n’a eu qu’à avancer de 80 cm pour laisser passer gaines et câbles.
La vieille dame requinquée affirme des ambitions. Favoriser le mélange des publics, être un des chaînons du parcours culturel mis en place par la ville, fédérer les activités des associations, promouvoir le riche fonds patrimonial, organiser des rétrospectives, accueillir des festivals, s’ouvrir à l’ère numérique et au monde entier par le développement de l’Eden virtuel. En présence de Nathalie Baye, la cérémonie, menée par l’actrice Anny Romand dont l’arrière grand-père n’était autre que le polisson qui marche sur le tuyau d’arrosage du fameux arroseur, ne s’est pas limitée au ruban tricolore coupé et à la rhétorique des discours officiels brodés de métaphores et de citations. Thierry Frémaux était venu avec un montage des films Lumière qu’il a commentés avec humour et brio. Quel bonheur de voir ces premières fois ! Premier travelling à Venise, caméra embarquée sur le Grand canal. Premières utilisations du hors champ. Premiers effets de cadrages, de mise en scène en 50 secondes chrono. Visions d’avant 14, où éclatent l’optimisme, l’énergie, la foi positiviste des frères Lumière, hommes d’affaires, créateurs et inventeurs du concept même de «salle de cinéma», endroit où on partage ensemble des émotions. Olivier Dahan a présenté un extrait de son dernier film Grace. Nicole Kidman y incarnant la princesse monégasque semble déjà oscarisable. Enfin, filmés par Roman Polanski, on a retrouvé Mathieu Almaric et Emmanuelle Seigner dans le jeu ambigu des rapports de force en amour, selon Sacher Masoch et Roman. La Vénus à la fourrure, comme premier long métrage à l’Eden, ça ne manque pas de pigment ! La soirée s’est terminée dans la rue. L’Eden est alors devenu une locomotive balayée par les images mythiques du cinéma. Un baptême en lumière.

ELISE PADOVANI

Octobre 2013

www.edentheatre.org

Photo : Ouverture de l’Eden théâtre © Elise Padovani