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Le festival nîmois This is not a love song ne prend pas l’Ascension au pied de la lettre

Tinals choisit l’éthique

• 30 mai 2019⇒1 juin 2019 •
Le festival nîmois This is not a love song ne prend pas l’Ascension au pied de la lettre - Zibeline

Grandir pour grandir ? Pourquoi ? Pour qui ? This is not a love song (Tinals) a choisi de ne pas vendre son âme. Une décision saine et rare dans le milieu des musiques actuelles. Entretien avec Fred Jumel, directeur de Paloma, la Smac qui accueille et coorganise l’événement.

Zibeline : Quel esprit guide cette 7e édition du Tinals ?

Fred Jumel : Depuis la naissance du festival, on s’interroge chaque année sur sa pérennité. On n’a cessé de jouer aux équilibristes entre les têtes d’affiche et des artistes plus confidentiels. Mais d’année en année, on a été pris dans l’engrenage de la surenchère en invitant des artistes aux exigences techniques qui ne nous correspondent pas. Alors on s’est demandé quel sens ça avait et pourquoi continuer à ce rythme-là. On a voulu revenir sur la notion qui a prévalu à la création du festival, c’est-à-dire l’envie de s’amuser à le faire et la prise de plaisir que nous ne nous retrouvions plus dans les gros événements. Nous avons donc décidé de nous reconcentrer sur les fondamentaux. À commencer par notre indépendance mais aussi la découverte, en programmant des artistes pas forcément connus même s’ils peuvent être très attendus par certains publics.

Que signifie être un festival indépendant aujourd’hui ?

C’est ne pas tomber dans cette logique de répondre au marché en lui préférant la logique du coup de cœur. Et c’est la diversité des coups de cœur et des références de chaque membre de l’équipe qui permet de proposer des artistes rares et authentiques.

Vous avez baissé vos tarifs. Ça aussi, c’est plutôt rare…

On avait dû auparavant les augmenter pour payer les coûts supplémentaires entraînés par la programmation d’artistes qui revenaient plus chers mais qui n’attiraient pas forcément plus de monde. Les prix des billets connaissent une véritable inflation qui exclut de fait une partie des gens. Pour cette édition, on les a baissés et il y a plus de location que l’an dernier à la même époque. Le public ne vient pas forcément voir un groupe à forte notoriété. Chez nous, il prend un forfait trois jours même s’il ne connaît pas entre 20 et 30% de la programmation.

Quelles sont les nouveautés ?

Nous aurons autant de groupes, autant de scènes et toujours trois après-midis gratuites. Mais comme nous n’aimons ni le ronron ni le train-train, nous avons cherché d’autres moyens de se déplacer dans l’espace en privilégiant la proximité entre public et artistes. Nous revenons par exemple aux lives dans le club. La love room est recrée à l’extérieur, dans une sorte d’arène en palette de bois au sein d’un espace de verdure. Nous créons un espace extérieur baptisé El barrio, une sorte de village qui accueillera des ateliers mais aussi des débats et des conférences.

Pourquoi des conférences ?

Nous avons flirté avec cette société de l’accélération où la seule direction possible reste la croissance. Nous voulons prendre le temps de réfléchir autour de la question de l’indépendance en 2019. Dans la musique bien sûr, mais aussi dans la littérature, l’économie… Avec celles et ceux qui inventent et créent en s’émancipant des contraintes sociales et économiques.

ENTRETIEN RÉALISÉ PAR LUDOVIC TOMAS
Mai 2019

Au programme :

30 mai : Aldous Harding, Built to Spill, Black Midi, Caroline Rose, Chai, Channel Tres, Fat White Family, The Inspector Cluzo, Kurt Vile & the Violators, Men I Trust, The Messthetics, Mick Strauss, The Nude Party, Rhino, Ron Gallo, Shellac, Le Superhomard, Wallows.

31 mai : Big Thief, Boy Pablo, Courtney Barnett, Dâm-Funk, Delgres, DTSQ, It It Anita, James Blake, Jpegmafia, Lizzo, Lou Doillon, Methyl Ethel, Mick Strauss, Off the Wagon, OPTM, Poutre, Rico Nasty, Stephen Malkmus & the Jicks, Tomberlin, Yaeji.

1er juin : Cola Boyy, Dirty Projectors, Fontaines DC, Genesis Owusu, Jim Younger’s Spirit, Johnny Mafia, Low, Mick Strauss, Mormor, Pinky Pinky, Prettiest Eyes, Rendez-Vous, Rinocerose, Rocky Controlo, Scarlxrd, Shame, Shonen Knife, Warm Drag, Wednesday Campanella

Festival This is not a love song
30 mai au 1er juin
Paloma, Nîmes
thisisnotalovesong.fr

Photo : Dirty Projectors © Jason Frank Rothenberg