Logo pas de femmes

Tiens, pas de femmes ce soir …

Logo pas de femmes - Zibeline

La rédaction a décidé, à la suite de la publication de l’article de Régis Vlachos sur l’androcentrisme, d’apposer un logo sur nos articles annonçant ou rendant compte de spectacles, conférences, programmations, événements ou concerts sans femmes. Ou avec des femmes très minoritaires. Ou avec des femmes dans des rôles stéréotypés : au chant mais pas aux instruments, aux costumes ou en assistante, en modératrice mais pas en experte…

Il ne s’agit pas pour nous de dénoncer des événements particuliers, ou de stigmatiser des comportements : il est évident qu’ il est plus difficile, à cause d’une longue histoire de domination, de trouver des auteures, des compositrices, voire des personnages féminins que des héros mâles ou des garçons chétifs. Nous savons aussi qu’aujourd’hui encore, par comportements intégrés, les femmes participent généralement à leur propre effacement  en prenant moins volontiers la parole, sur les scènes et ailleurs, et en ayant du mal à sortir des thèmes « féminins » et de la servitude de la séduction.

Cependant, si nous voulons que cela change et que nos filles, qui sont très largement majoritaires dans les écoles d’art,  puissent avoir les mêmes chances que les hommes de jouer de la musique, devenir comédiennes, auteures, plasticiennes, cinéastes, conférencières… nous pensons qu’il faut adopter un comportement volontariste, qui consiste à simplement ouvrir les yeux et déciller les regards sur l’incroyable inégalité qui règne dans le milieu culturel.

On nous répond souvent, quand nous parlons de domination masculine dans le monde culturel, qu’il y a beaucoup de femmes directrices de structure en Région PACA. Ce qui est vrai, même si elles ne sont pas majoritaires du tout, mais simplement moins minoritaires qu’ailleurs, et qu’en général ces directrices sont des codirectrices. Cependant cette présence relative des femmes à la direction des établissements culturels ne change en rien l’effroyable déséquilibre de la représentation des femmes sur les scènes. Y compris sur celles que des Elles dirigent.

Or c’est à travers les représentations que les identités culturelles se construisent. Si nous voulons que les femmes ne soient pas renvoyées à des stéréotypes, ou dans le néant de la non représentation, il faut au moins pouvoir noter, calmement, sur le long terme, quand elles ne sont pas là… Ce que nous allons nous employer à faire !

AGNES FRESCHEL
Février 2013