Visite au Repair Café de Montpellier, Le Faubourg

Une vie après la panne

Visite au Repair Café de Montpellier, Le Faubourg - Zibeline

Il y en a 1259 aujourd’hui, peut-être quelques-uns de plus dans le monde à la date d’impression de ce numéro. Depuis 2009 à Amsterdam, où Martine Postma, conseillère communale écologiste inventait le concept, les Repair Café (cafés de réparation) ouvrent partout en Europe, aux États-Unis, au Brésil, en Inde, au Japon. Un mouvement qui se développe très rapidement, sursaut contre le tout jetable, mobilisant bénévoles et associations autour du goût et l’art de la réparation des objets.

Visite de celui de Montpellier, petit nouveau inauguré en novembre 2016, grâce au « kit de démarrage », vendu 49 € sur le site de la fondation.

Comme chaque 3e samedi du mois, le local du Faubourg accueille les participants. Il y a parfois la queue pour apprendre à réparer fers à repasser, robots de cuisine, ordinateurs, ou grille-pains (l’un des objets le plus souvent apporté pour auscultation auprès des experts bricoleurs). Au début, certains n’avaient pas compris le principe : ils laissaient l’objet, et disaient « À tout à l’heure ! » Or, ici comme dans tous les autres Repair Café, il s’agit de partager le savoir-faire. Contre participation libre on prend place dans l’une des pièces du local (une pour la couture, une pour l’électronique, une pour les objets divers) et l’un des bricoleurs patentés examine le malade. Les outils sont peu nombreux, mais souvent une simple observation suffit pour la remise en circuit de l’objet. La moitié d’entre eux ressortent en état de marche. Mathieu Mutel, de l’association Zéro Waste (avec Les Petits débrouillards, très investie, une petite dizaine de structures gèrent le lieu montpelliérain), a remarqué que les participants sont souvent des retraités ou des jeunes. « Soit ils ont gardé l’habitude de ne pas gâcher, soit ils sont les acteurs de ce nouveau rapport à l’objet, à qui on veut laisser une chance après la panne. » Une façon de faire de la politique ? Un peu décontenancé, il conclut que oui, promouvoir l’économie circulaire, lutter contre la consommation effrénée, « c’est peut-être plus utile que de mettre un bulletin dans l’urne ». À quand une prise de conscience partagée entre citoyens et politiques, sortant ce genre d’initiative du circuit alter ?

ANNA ZISMAN
Mai 2017

Repair café Montpellier
Le Faubourg, Montpellier
repaircafe.org
lefaubourg-montpellier.org

Lire ici notre article consacré au dispositif Répar’Acteurs en Paca.

Photo : Redémarrer un moteur de ventilateur-à l’aide d’aimants -c- A.Z.