Entretien avec le président d'Arsud, le conseiller régional Michel Bissière

Un guichet unique pour la culture

Entretien avec le président d'Arsud, le conseiller régional Michel Bissière - Zibeline

Arsud est le nouvel établissement public pour l’art et la culture de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur. Entretien avec son président, le conseiller régional Michel Bissière (LR).

Zibeline : Arsud est né de la fusion de la Régie culturelle régionale et de l’Arcade. Dans quel but ?

Michel Bissière : Les deux structures avaient des missions complémentaires et qui parfois se rejoignaient en termes de soutien, d’accompagnement et de formation. Par souci d’efficacité, de transparence et de simplification vis-à-vis des partenaires, on a décidé de fusionner les deux en une seule entité, effective au 1er janvier 2020. Cela fonctionne désormais comme un guichet unique.

Les moyens qui étaient consacrés aux deux structures ont-ils été additionnés ?

La Régie était financée à 100% par la Région tandis que l’Arcade l’était pour une partie par la Région et pour l’autre par l’association Arcade elle-même. La nouvelle directrice régionale des affaires culturelles qui a pris son poste au 1er février (Bénédicte Lefeuvre, ndlr) est en train de prendre connaissance des dossiers. Elle devrait bientôt nous dire à quelle hauteur l’État continuerait à participer au financement des actions d’Arsud. Mais ce budget correspondra à ceux des organismes antérieurs cumulés.

Quels types de soutien et d’accompagnement propose l’établissement aux professionnels ?

Comme du temps de la Régie, nous donnons la possibilité aux associations, compagnies, petites communes, de louer toutes sortes de matériel de spectacle (gradins, scène, son, lumière…), à des prix défiant toute concurrence. Nous disposons de trois lieux, à Bouc-Bel-Air, Saint-Laurent-du-Var (06) et Veynes (05), où nous pouvons accueillir des résidences et répétitions dans les mêmes conditions qu’un spectacle. Nous proposons également un accompagnement conseil en chiffres et statistiques, et des cycles de formation aux professionnels du spectacle vivant.

De nouveaux dispositifs ont-ils été mis en place depuis le début de la pandémie ?

On a fait adopter par le conseil d’administration un kit de redémarrage qui permet, en attendant un retour à la normale, d’accompagner les compagnies et les lieux. On leur fait bénéficier de sessions de deux fois deux heures en termes de comptabilité, fiscalité et juridique. Ce qui permet de faciliter le montage de dossiers de demande d’aides à l’État. Les compagnies sans revenu ont pu ainsi rebondir et poursuivre leurs activités. Pour ceux qui arrivent à se produire mais ont peu de recettes, nous avons baissé encore les prix des matériels en location. Nous avons surtout mis en place l’opération Plateaux solidaires. Ce dispositif a pour but de mettre en contact, d’un côté, des lieux fermés au public avec des plateaux vides et de l’autre, des équipes artistiques qui veulent répéter et qui n’ont pas de lieux attitrés. Celles-ci peuvent, de plus, bénéficier de 2000 euros pour payer un régisseur ou des techniciens le temps de la semaine de répétition. En 2020, 58 compagnies ont été accueillies dans 34 lieux différents et à ce jour, en 2021, il y a eu 35 résidences validées dans 27 lieux. L’été dernier, de la mi-juillet à la mi-septembre, nous avons également organisé la tournée Mosaïque pour favoriser la diffusion des artistes régionaux. Une cinquantaine d’artistes ont pu jouer dans 22 communes pour quelque 10 000 spectateurs. Nous avons offert les représentations aux communes et au public.

Quelles actions sont menées en direction des publics et des territoires tout au long de l’année ?

Il y a l’opération menée, à l’automne et au printemps, avec les établissements labellisés Bistrots de pays dans les territoires ruraux. Là encore, des artistes régionaux émergents se produisent dans des bars et restaurants. Nous y voyons un triple intérêt : pour les commerçants auxquels cela assure une clientèle, pour les artistes qui se font connaître et pour les publics de ces villages qui peuvent accéder à un spectacle de proximité pour le prix d’un repas.

On se tourne par ailleurs vers les lycéens et les apprentis à travers des actions avec des auteurs, le cinéma, lors des festivals de Cannes et d’Avignon. Sans oublier le programme de prévention Trop puissant pour mettre en garde sur les risques auditifs quand on écoute de la musique trop fort, en concert ou avec des écouteurs.

Est-ce que vous comprenez la mise à l’arrêt de la culture depuis la fin octobre ?

Non. Je l’ai compris au début comme tout le monde, quand on n’avait pas de connaissances suffisantes. J’appelle, comme le font les artistes, techniciens et directeurs de salle, à la réouverture des lieux. Les gens sont assez sérieux et réfléchis pour respecter les règles. Sans jeter des pierres, même s’il y aurait des questions à poser, regardons devant et espérons que le public pourra retrouver très rapidement le chemin des spectacles.

Propos recueillis par LUDOVIC TOMAS
Mars 2021

Photo : arsud-regionsud.com



La Région Sud déploie son plan Terre de Culture

Dès les premières retombées de la crise sanitaire sur le monde des arts et de la culture, le Conseil régional de Provence-Alpes-Côte d’Azur a agi vite et fort. À commencer, comme la grande partie des collectivités, par maintenir les subventions préalablement votées pour 2020, en dépit des annulations et reports de manifestations. Lancé à partir d’avril dernier, le plan Terre de Culture enfonce le clou. Mis en œuvre en plusieurs volets, il assure un fonds exceptionnel de 5 M€ d’aides supplémentaires, attribuées aux filières du livre, des arts plastiques, du cinéma, de l’audiovisuel et du spectacle vivant. Au total, 35 millions d’euros sont mobilisés dans le cadre d’un plan d’urgence, de solidarité et de relance, assortis d’un engagement sur trois ans pour assurer la pérennité des événements et d’une participation au redressement financier des structures et équipes artistiques fragilisées par une perte de billetterie lorsque celle-ci représente la part essentielle de leurs ressources. En 2021, sous l’intitulé Pacte d’effervescence culturelle, la collectivité s’est engagée à sanctuariser le budget de la culture en le portant à 65 M€. À cela s’ajoute le contrat d’avenir qui apportera via le plan de relance du gouvernement et le contrat de plan État-Région, une enveloppe de 48,6 M€ prise sur les deniers de l’État.

LUDOVIC TOMAS
Mars 2021



Quelques chiffres

– Avec 44 100 emplois liés à la culture, Sud-Paca est la première région de France en termes de densité de l’emploi culturel.

– 750 festivals, plus de 600 lieux de diffusion (dont 93 labellisés)

– 2e  région audiovisuelle de France, 2e en termes d’activité des maisons d’édition, 3e en nombre d’entreprises culturelles (491).