Réouvrir les lignes ferroviaires pour lutter contre la pollution routière

Transportez-moi !

Réouvrir les lignes ferroviaires pour lutter contre la pollution routière - Zibeline

On pourrait aujourd’hui être mobile en réduisant notablement notre consommation de carburant fossile. Mais le veut-on ?

Si le tram et le vélo, transports doux, pourraient permettre de désengorger et dépolluer les villes, pour peu que l’on prévoie des lignes, des parkings de délestage et des pistes sécurisées, il est d’autres transports possibles, pour améliorer la qualité de notre air, et notre environnement sonore. Savons-nous encore imaginer une ville sans le bruit des autos ? Pourtant, la voiture électrique est silencieuse… et les voitures hybrides permettent sur les trajets quotidiens et dans les embouteillages de diminuer très notablement la consommation d’essence. Quant aux hybrides rechargeables, sur des trajets de moins de 40 km et à moins de 50 km/h, elles ne consomment pas d’essence du tout… et pas plus qu’une autre voiture au-delà. Mais il faudrait généraliser les bornes électriques dans les parkings, et il n’est pas certain que la volonté de couper en deux la consommation française d’énergie fossile soit partagée par tous : les industries pétrolières sont puissantes, et les taxes sur l’essence constituent un revenu essentiel pour l’État.

Cependant il est clair aujourd’hui que les heures perdues dans les embouteillages et la recherche de stationnement, la santé publique fragilisée, le bruit constant, les trottoirs envahis par les véhicules stationnés, la difficulté de circuler à pied… ne sont pas une fatalité. Et la recherche sur les supraconducteurs, les voitures rechargeables par induction, voire les véhicules volants, pourrait permettre dans un futur proche de bouleverser notre réalité…

Le train, service public

Mais les recettes du passé pourraient aussi nous sortir des impasses polluées actuelles. Pour l’heure la Région PACA veut « rendre » la parole aux usagers des TER (qui donc les en a privés ?) et mettre en place de nouvelles lignes qui permettront de renforcer notablement l’offre de transport quotidien ferroviaire : à Nice et sur toute la Côte d’Azur, entre Marseille et Aix, à Aubagne, là où la circulation automobile est très intense, il est question de doubler les lignes, tripler le nombre de trains de passagers, développer de nouvelles lignes… Autant de bonnes nouvelles, si ce n’est que la démarche s’accompagne d’une volonté de mettre la SNCF en concurrence, et une tendance à la culpabilisation des cheminots, qui sont désignés comme responsables du mauvais service (par exemple dans le slogan : « Encore une grève ! En retard au travail… » de la campagne de communication régionale) alors qu’ils sont plutôt victimes que responsables de la vétusté particulière des trains en PACA, et de la réduction du personnel de leur direction nationale.

Mais au-delà de l’ouverture de lignes nouvelles autour des existantes, on pourrait aussi regarder du côté de nos lignes fermées et oubliées : il existe des gares et des réseaux abandonnés dans le Pays d’Aix, les Alpes, le Vaucluse, Salon, la Camargue, mais surtout dans le Gard autour de Nîmes, Lunel, Uzès… Il suffirait parfois de les réactiver, plutôt que de prévoir des cars qui polluent en engorgent le trafic. Mais cela nécessiterait du personnel, et de renouer avec l’idée que le transport est un service public : c’est-à-dire un service qui n’est pas destiné à produire sa propre rentabilité, mais à répondre à un besoin de notre société !

AGNÈS FRESCHEL
Mars 2017

Illustrations : Carte réseau TER PACA 2014 et principaux chantiers 2017

Principaux-chantiers-2017-PACA