Résidences en mouvement : la Compagnie Joli Mai a trouvé accueil au Théâtre Molière de Sète

Tourette et le Petit Poucet

Résidences en mouvement : la Compagnie Joli Mai a trouvé accueil au Théâtre Molière de Sète - Zibeline

La Cie Joli Mai était accueillie in extremis en résidence au Théâtre Molière Sète, scène nationale pour la création de Une forêt. Rencontre avec Félicie Artaud, conceptrice et metteure en scène.

Zibeline : Comme le premier spectacle de la Cie Joli Mai, Une Forêt s’intéresse au cas d’une personne « différente ». Quel est votre rapport au handicap ?

Félicie Artaud : C’est une question qui depuis longtemps me préoccupe, par expérience personnelle, par le fait d’avoir aussi travaillé en milieu psychiatrique, ou avec des enfants porteurs de handicap. L’idée de vulnérabilité est centrale dans mon travail. En faisant ce diptyque, Tourette et Une forêt, j’avais le projet de concrétiser une espèce de parcours artistique, en approchant une même problématique de manière très différente. Les deux processus se répondent, puisque dans les deux pièces, je traite d’une héroïne différente, qui s’incarne dans des âges différents. Ce sont deux spectacles pour la jeunesse. On parle d’un handicap qui est très fort, le Syndrome de la Tourette, et pourtant je me dis que les enfants peuvent se sentir concernés. À plein moments de leur vie en effet, pour des raisons très diverses, ils peuvent se sentir différents : parce qu’on est dans une situation familiale particulière, qu’on a une origine particulière, qu’on n’a pas les fringues des autres. Pour Tourette, j’ai eu une approche très réaliste, on a rencontré des familles, on a vu beaucoup de documentaires, on a lu, et je voulais que dans Une forêt, on ait une approche qui soit du domaine du conte, de la métaphore. Reprendre ce matériau au profit d’une approche onirique. 

Où en êtes-vous de la création de Une forêt ?

Il nous reste encore deux semaines de création. C’est un travail de plateau : à partir de jalons qu’on pose, on improvise avec des comédiens qui sont à la fois des interprètes et des créateurs, puisqu’ils inventent autant qu’ils donnent vie à leur personnage. Cela nous mène à élaborer très conjointement le scénario, l’interprétation, la scénographie, et tout se tisse ensemble. Maintenant on en est vraiment à la finalisation. Mais on peut retoucher le texte jusqu’à la fin.

Comment la crise sanitaire impacte-t-elle votre travail ?

Ça chahute beaucoup. Non seulement on est dans un métier où on doit développer des capacités d’adaptation extrêmement grandes, mais alors là encore plus ! Cela nous demande vraiment de vivre au jour le jour. On finit notre création ne sachant pas quand nous jouerons. Alors, répéter au Théâtre de Sète, c’est un plaisir énorme ! En septembre on a eu la chance aussi de faire un bout de tournée avec Tourette, et être face au public avait une saveur extraordinaire. On a senti dans la qualité des échanges avec le public que c’était quelque chose de… très « nécessaire ». Pour Une forêt, cela fait la deuxième fois que je programme les répétitions. Au premier confinement, on a eu un mois d’annulé, on a tout décalé, puis on a eu une autre période de répétitions annulée, alors j’ai appelé le Théâtre Molière pour nous donner l’asile ! On a réussi à tout déplacer à nouveau en termes de répétitions, mais pas les représentations : beaucoup sont déjà annulées. On devait faire la première le 21 novembre au Luxembourg, avec une série de dates, pour le moment déplacées en janvier. Mais à l’heure actuelle, nous ne savons pas quand sera notre première, ni où !

Propos recueillis par ANNA ZISMAN
Décembre 2020

À venir (sous réserves)
17 janvier (plus 4 scolaires)
Une forêt
Théâtre Molière de Sète, scène nationale
04 67 74 02 02

Photo : Une forêt © AZ

Scène Nationale de Sète et du Bassin de Thau
Avenue Victor Hugo
34200 Sète
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