Les élèves du collège André Malraux à Marseille s'essaient à la critique d'un spectacle de Nathalie Pernette

Sortilèges aux ongles longs

Les élèves du collège André Malraux à Marseille s'essaient à la critique d'un spectacle de Nathalie Pernette - Zibeline

Les journalistes de Zibeline poursuivent leurs ateliers d’éducation à la presse. Direction la Scène Nationale du Merlan, pour un atelier de critique…


Nous sommes la classe de 5e 2 du Collège André Malraux, à Marseille. Dans le cadre de notre projet théâtre nous sommes allés à la Scène nationale du Merlan pour voir une pièce de théâtre intitulée Belladonna, de Nathalie Pernette. Une pièce de théâtre ? Non, de la danse contemporaine ! Une histoire sans parole où ce sont les mouvements qui racontent l’histoire.

Ce que l’on a vu

Il y avait au sol un carré de lumière qui changeait de couleur, et face à nous deux grands écrans où des images étaient projetées, mais qui laissaient aussi voir par transparence ce qu’il y avait derrière. La musique était effrayante au début, puis plus rassurante avec des chansons en anglais. Il y avait aussi des explosifs qui nous ont impressionnés ! Et de la fumée et du feu sur les écrans, des tours de magie avec les longs manteaux qui disparaissent, des effets spéciaux, des formules magiques.

Au niveau des personnages, il y avait trois femmes et une petite fille sur les écrans. Certains d’entre nous ont pensé qu’elles représentaient les âges de la vie d’une femme : il y en avait une assez jeune, une autre déjà vieille pour une danseuse, et une femme vraiment âgée. D’autres ont pensé que ce n’était pas tellement les âges qu’elles représentaient, mais les types de sorcières, une charmante, une autre vraiment étrange, chauve sous sa perruque, et une vieille aux longs cheveux blancs.

Leurs tenues étaient noires, avec de la dentelle, des robes, des vestes qu’elles changeaient au fur et à mesure de l’histoire, plutôt larges au début et ensuite plus moulantes.

Ce qui était perturbant, c’est qu’on ne comprenait pas tout ce qui se passait. Au début les deux plus jeunes avaient de très longs cheveux qui trainaient par terre et à un moment de très longs ongles en carton, de dix centimètres au moins. Il y avait une scène où une attaquait l’autre avec ses ongles comme pour la punir, mais à la fin elles riaient et s’embrassaient. Est-ce parce qu’elle avait perdu ses ongles, ou juste parce qu’elles ne se battaient pas vraiment ? Est-ce que celle qui attaquait avait perdu le contrôle de ses gestes et de ses émotions à cause des ongles ? Est-ce que ces ongles et ces cheveux trop longs représentaient de manière exagérée la femme ?

En tous les cas ce spectacle était très sombre, mais drôle aussi par moments quand on entendait des recettes pour devenir invisible ou pour réussir en tout. Quand il y avait des moments effrayants, avec des explosions, des attaques, ensuite il y avait un passage pour se détendre.

Mais surtout on voyait que c’étaient des femmes fortes et que la plus âgée apprenait la magie aux autres. Il nous semble que ça parlait du pouvoir des femmes et qu’elles peuvent être les égales des hommes, qu’elles peuvent assumer leur physique aux yeux de tous.

À un moment une voix d’homme était mise en jeu, cet homme était un inquisiteur. Il disait que les sorcières allaient être soumises à la torture, il parlait de douleur et de violence, et sur l’écran on voyait une des danseuses à qui on coupait les cheveux comme une punition, comme si on allait la brûler. Après cela, sur scène, elle ne portait plus sa perruque, elle était vraiment chauve, ce qui la rendait encore plus étrange.

Notre avis

Certaines filles qui font de la danse n’ont pas été surprises que ça ne parle pas. Elles ont particulièrement apprécié la précision des gestes et la vitesse, la parfaite synchronisation, qui n’empêchait pas les deux danseuses -la plus âgée ne dansait pas vraiment- d’avoir chacune leur manière de bouger, surtout en solo.

Mais on ne s’attendait pas à ce que ce ne soit pas parlé : elles dansaient en exprimant des émotions mais souvent on ne savait pas quoi, c’était confus, triste aussi, avec des scènes qui peuvent faire peur aux enfants jeunes. Certains n’ont pas apprécié de ne pas comprendre. Mais d’autres qui n’avaient jamais vu de danse ont beaucoup aimé, en particulier que ce soit très émouvant avec de belles images, et que cela parle du pouvoir des femmes.

On retiendra la beauté de la danse aux ongles longs, les effets spéciaux, la représentation du feu, la fumée. Et malgré l’aspect noir du spectacle on est sorti en éprouvant beaucoup de joie.

Keni, Mattéo, Evan, Julien, Adam, Thibaud , Maeli, Lola, Maëlla, Rodrigue, Ethan, Lisa, Manon, Angelina, Ange, Karim, Maelys, Emma, Benjamin, Marion, Valentin, Stella, Kelian, Malcolme, Marie, Anaïs, Chaïnez

Photo : Nathalie Pernette © Marc Voiry


Théâtre le Merlan
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