Philo Kakou épisode 4 !

Philo Kakou 4

Philo Kakou épisode 4 ! - Zibeline

«Cacou » ; en provençal, celui qui se la pète, qui fait le fanfaron. En grec Kakou est le génitif de kakos, mauvais, laid. Donc Philo Kakou, la philosophie du mauvais !

Chose promise il nous faut aborder maintenant l’allégorie de la Caverne de Platon ; elle se situe au livre 7 de la République. Ce n’est donc pas un mythe, à savoir une histoire charriée depuis des lustres. Platon met en place une image pour nous faire comprendre notre ignorance. Il scinde en deux le réel, mettant en place un monde au delà des apparences, et ouvre la porte sans le savoir au monothéisme ; mais c’est une autre histoire.

Dans cette allégorie il nous imagine comme vivant dans une caverne avec un puits qui mène à l’extérieur. Les hommes sont enchaînés, leurs regards figés vers le fond de la caverne ; derrière eux il y a un muret derrière lequel passent des marionnettes, imitation de toutes les choses que nous pouvons voir dans la réalité. Et encore derrière est allumé un grand feu. Voilà tout ! Platon invente le cinéma puisque grâce au feu sont projetées les ombres de ces marionnettes sur le fond de la caverne !

Et alors ? Comment ça vous n’avez pas compris ? Eh bien nous les humains ne voyons pas les choses telles qu’elles sont réellement, nous n’en voyons que les ombres ; et encore nous ne voyons que les ombres de marionnettes ; nous sommes éloignées de plusieurs degrés de la chose, c’est à dire l’Idée qui est au dehors de la Caverne.

Connaître c’est faire cet effort de conversion du regard ; se désenchainer d’abord puis tourner sa tête vers le feu, ce qui est très douloureux. Et pour se la péter on peut citer René Char qui disait que « la lucidité est la blessure la plus proche du soleil » ; voilà pour vos diners mondains ou vos potes de mauvaise foi !

Et connaître c’est encore dépasser ce feu, et se hisser par ce puits, sortir de cette caverne, pour aller vers la vérité. Mais pour Platon seul le philosophe peut le faire par sa faculté de démystification du monde sensible comme pale copie du monde intelligible. Et on est bon pour Dieu, et aussi Jean-Louis Aubert qui chantait : « Il y a un monde ailleurs ».

Suite d’une autre chanson kakou la semaine prochaine !

REGIS VLACHOS
Octobre 2018