Philo Kakou n°28-29

Philo Kakou 28-29

Philo Kakou n°28-29 - Zibeline

«Cacou » ; en provençal, celui qui se la pète, qui fait le fanfaron. En grec Kakou est le génitif de kakos, mauvais, laid. Donc Philo Kakou, la philosophie du mauvais !

Certains m’ont demandé, suite à l’article de la semaine de dernière si Macron était libre au sens de Descartes. Bonne question que d’intégrer le président qui se dit philosophe dans notre philosophie Kakou. Mais, soit dit en passant, ce président est philosophe comme moi je suis cardinal (j’ai en effet été au catéchisme quand j’étais petit…). Bon on s’égare…

On peut répondre, si on a mal lu les deux dernières bafouilles de Philo Kakou, qu’étant riche et au centre de cercles relationnels énormes, avec en plus les supers pouvoir de président de la République, il ne pouvait que disposer de choix fabuleux pour faire ce qu’il veut.

Et bien non : on a vu que pour Descartes, la liberté n’est pas d’avoir le choix, qui est le plus bas degré de la liberté. Et par ailleurs Macron n’a pas le choix. Prenons un cas pratique : soit Sanofi, la multinationale française du médicament, qui fait 4 milliards d’euros de bénéfice et rejette dans le Béarn des particules toxiques qui ravagent les populations aux alentours. Quel va être le choix de Macron entre la défense des populations souffrantes, l’évitement de 800 licenciements malgré les profits, et la prise à partie pour la direction ? Il n’a pas le choix, il sera immédiatement porté de façon spontanée et volontaire vers ce qui a toujours été son engagement et son milieu depuis qu’il adulte, celui des décideurs et des financiers.

Selon Descartes, si Macron se mettait à douter et commençait à avoir le choix, à hésiter, il ne serait plus libre. Voilà les contradictions de la théorie de Descartes sur la liberté, alors que nous avions vu son implacable logique la semaine dernière ! On n’a plus qu’à se rapprocher de Spinoza, et là ce sera du lourd !

Régis Vlachos
Mars 2019