Philo Kakou n°21-22-23

Philo Kakou 21-22-23

Philo Kakou n°21-22-23 - Zibeline

« Cacou » ; en provençal, celui qui se la pète, qui fait le fanfaron. En grec Kakou est le génitif de kakos, mauvais, laid. Donc Philo Kakou, la philosophie du mauvais !

Aristote et le pas fini !

Oui, on s’amuse beaucoup avec Aristote ces derniers temps. On lui a fait le coup du père Noël et de Charlie Hebdo ; mais on va essayer d’être un peu moins kakou en revenant aux fondamentaux de la philosophie : la métaphysique ! Finie la récré !

Rappel : Platon plantait un monde intelligible pour donner du sens aux choses sensibles ; Aristote lui met un crochet du gauche, genre « C’est quoi ces foutaises d’un monde séparé du nôtre ? », et va chercher l’intelligibilité dans les choses mêmes. Pour lui, l’intelligibilité est présente en chaque être. Ce qui est intelligible est la forme. C’est ce qui est en général. Par exemple la forme d’un chien est ce qui est commun à tous les chiens.

Et le pas fini dans tout ça ? Eh bien ce n’est pas dans la métaphysique qu’on le trouve, mais dans la physique d’Aristote, ou philosophie seconde (vous avez compris j’espère quelle est la première !)

C’est donc dans la physique qu’il faut emboiter des sphères pour comprendre ce qu’est l’univers. Parlons plutôt du cosmos : c’est un ensemble clos de sphères emboitées qui part de la Terre et va jusqu’aux étoiles, planètes, Soleil. Le monde sublunaire, en dessous de la Lune est imparfait, parce que soumis à la corruption et au mouvement. Le monde supralunaire (au dessus de la Lune, hein, on a compris j’espère !) est au contraire incorruptible et soumis au seul mouvement circulaire.

Et le pas fini alors ??? Eh bien c’est l’infini, quand à la Renaissance on passera du monde (ou du cosmos) à l’univers.

La croyance tirait son sens dans un monde comme production de Dieu, parfaitement fini ; si l’univers est infini c’est que Dieu n’a pas fini son travail…

Vous comprenez le truc… ?

RÉGIS VLACHOS
Février 2019

Dessin : © Tignous