L’Ouvre-Boîte, nouveau lieu du Théâtre du Maquis à Aix-en-Provence

Ouvrir au monde

• 29 novembre 2019⇒30 novembre 2019, 3 décembre 2019⇒6 décembre 2019 •
L’Ouvre-Boîte, nouveau lieu du Théâtre du Maquis à Aix-en-Provence - Zibeline

Un nouveau lieu fondé par le Théâtre du Maquis s’ouvre à Aix-en-Provence. Pierre et Jeanne Béziers nous donnent les clés de L’Ouvre-Boîte.

Zibeline : Pourquoi l’Ouvre-boîte ?

Pierre Béziers : D’abord, il y a l’envie très ancienne d’avoir un lieu qui ouvre sur le public. Nous ne l’avions jamais réalisée car nous avons eu beaucoup de chance, en ayant toujours disposé de lieux de répétition. Le dernier nous avait été alloué par la mairie d’Aix-en-Provence à l’Espace Sextius et nous y étions très bien, dans le cadre d’une convention avec la ville. Nous étions privilégiés ! D’autant que notre compagnie n’a pas d’ancrage dans telle ou telle structure, nous ne donnons pas d’ateliers, notre économie c’est la tournée. Mais un sinistre a rendu le lieu impraticable en 2015, nous nous sommes retrouvés sans base fixe et avons dû travailler dans différentes salles et centres sociaux… Il nous était impossible de rester à Aix si nous considérions le montant des locations. Or nous disposions d’un terrain rue Jourdan, et j’ai vendu (à regret) une petite maison que j’avais reçue en héritage de mon oncle à Douarnenez. C’est ce qui nous a permis de financer sans emprunt la construction de L’Ouvre-Boîte (200 000€ pour les 140m2 avec accès handicapés, coupe-feu, etc…). Le pourquoi du nom est un rappel de cette partie de ma famille, ils étaient conserveurs : en 1930 mon grand-père René Béziers a créé un modèle original d’ouvre-boîte-à-sardines, et c’est l’argent de Bretagne (les restes de la conserverie) qui a permis la construction de cette « Fabrique de théâtre inventif ».

Vous avez toujours été libres…

B.: C’est un fait, et nous avons toujours fait de la création… et pour L’Ouvre-Boîte, nous sommes déterminés à continuer, avec des spectacles et des artistes que nous avons envie de défendre, sans jamais aucune allégeance.

Jeanne Béziers : Il y a aussi une conjonction entre tes deux métiers, le premier d’entrepreneur et le second lié au théâtre. Adopter un nom d’outil c’est aussi chargé de sens pour un atelier de production. On peut aussi s’amuser à gloser sur le fait « d’ouvrir les esprits », le nom se charge de significations multiples, sans compter la proximité du terme « ouvroir » où l’on travaille en commun…

Quelle destination particulière pour ce lieu édifié en bois ?

P.B. : J’aime bien le comparer à une bouteille thermos avec sa double isolation, thermique et phonique. On souhaiterait aussi un chauffage solaire, c’est un bâtiment à basse consommation, avec le projet de s’équiper en LED. Ce lieu a été conçu par des gens de théâtre qui connaissent les besoins spécifiques du spectacle vivant. Il faut aussi saluer le travail de l’architecte, Joël Schiltz, pour qui c’était une véritable aventure que de concevoir un lieu semblable, avec une réelle concordance entre les matériaux et les ambitions esthétiques. Premièrement, nous oublions qui sont les propriétaires, le lieu est géré par le Théâtre du Maquis avec un bail de neuf ans. Deux axes essentiels sont à souligner : l’accueil en résidence de compagnies professionnelles, doublé du rêve de coproduire une fois par an avec une compagnie en s’appuyant sur le mécénat participatif. Nous avons d’ailleurs l’ambition d’engager un emploi permanent, car tout repose pour le moment sur le bénévolat. Pour l’accueil nous voulons être à « prix coûtant ». Il n’y aura pas d’atelier régulier pour respecter le temps de création des compagnies (pas besoin de libérer la place par des démontages et remontages incessants !). Le second axe, dont les contours sont à définir, repose sur l’implantation dans le quartier, avec conférences, projections cinématographiques, faire de L’Ouvre-Boîte un lieu d’accueil pour tous. La culture est une richesse et l’implantation dans les quartiers des compagnies est un modèle à défendre.

L’ouverture, c’est pour bientôt ?

J.B. : En avant-première les 29 et 30 novembre, il y aura une réécriture d’Anne ma sœur Anne, la première pièce de Ma Compagnie, il y a vingt ans. Et début décembre ça démarre avec un cabaret Ouvre ta boîte avec des comédiens invités, un florilège des pièces du Maquis… Une belle fête dans l’esprit de ce que sera ce lieu !

Propos recueillis par MARYVONNE COLOMBANI
Novembre 2019

 À venir :

 29 & 30 novembre (création à Gardanne le 8 décembre)
Anne ma sœur Anne
06 81 77 93 88 macompagnie.net

3 au 6 décembre
Ouvre ta boite
06 76 29 37 77 theatredumaquis.com

Photo : L’Ouvre-Boîte -c- Théâtre du Maquis