A Marseille, le haut de la Canebière retrouve un Cinéma multi écrans, et pas que...

Ouverture d’ArtplexeVu par Zibeline

A Marseille, le haut de la Canebière retrouve un Cinéma multi écrans, et pas que...  - Zibeline

Ciel nuageux se dégageant progressivement : un augure plutôt bon pour Artplexe, le nouveau cinéma du Haut de la Canebière qui ouvrait ses portes, le 21 octobre.

Le concept initial a été imaginé par Jean-Jacques Léonard, il y a 15 ans. Il misait sur le centre-ville, au moment du boom des multiplexes péri-urbains. Artplexe, après des études de faisabilité menées sur les lieux d’accueil potentiels (Friche de la Belle de Mai, Poste Colbert, J4, J1) se substitue il y a 6 ans au projet MK2 et se fixe sur ce triangle entre la Canebière et les Allées Gambetta, qui pointe son sommet vers le Boulevard de la Libération, comme un fer le lance. Trois ans d’un chantier pas facile : le bâtiment, a rappelé le maître d’œuvre Renaud Tarrazi, remplace l’ancienne mairie du 1/7, délabrée et amiantée, et s’élève sur un parking souterrain de plusieurs niveaux. Plusieurs années pour monter l’opération dans les « méandres » (euphémisme du président d’Artplexe Philippe Dejust) administratifs de la Ville. Un changement de municipalité. Le scepticisme de certains et une pandémie pour couronner le tout ! On imagine assez le soulagement et la joie de toute l’équipe devant l’aboutissement de ce projet. Même si le plus important maintenant reste à faire : lui donner contenu, vie et pérennité.

L’outil est là. Un bâtiment signé par l’agence Wilmotte & Associés, mis en œuvre par MAP Architecture, construit par la BTP GCC. Façade de pierres blanches qui, dans leur verticalité, se veulent l’écho de l’église des Réformés récemment rénovée. Beaux espaces intérieurs en transparence. 4 niveaux. 7 salles sur les trois premiers. 996 fauteuils au total plaçant Artplexe au 5e rang des cinémas phocéens dont la capacité d’accueil demeure toujours inférieure à la moyenne des dix plus grandes villes de France. Un équipement de qualité : confort des sièges-clubs, quelques « love seat » pour les amoureux, une projection laser (2K et 4K), un son immersif technologie Atmos.

Cinéma.Art.Food

Artplexe se définit comme un lieu de vie, d’échanges et de culture, un Cinéma.Art.Food, nouvelle génération. Pour la programmation Cinéma, ce sera plutôt généraliste (VF et VO) et la tarification restera raisonnable (10 € en tarif plein). Pour les Arts -autre que le 7e, ils seront plastiques : des expositions temporaires investiront les murs du complexe, du rez-de-chaussée aux étages, offrant une belle visibilité aux œuvres des artistes comme ce mois-ci les photographies de Le Turk, clin d’œil au décor de cinéma et à la mise en scène, qui inaugurent ce nouvel espace (jusqu’au 21 février). La musique prendra toute sa place grâce à la scène All that jazz (dont la programmation est déjà calée jusqu’à mai). Quant au Food, deux propositions : le Blum, une brasserie de 100 places à l’intérieur et 140 en terrasse, ouverte de plain-pied sur le square, qui accueillera les affamés dès fin octobre 7/7 de 7h30 à 23h30. Au menu : pizza napolitaine, produits bio, locaux et de saison, petits concerts en collaboration avec le Jazz des Cinq continents ou la Meson. Et Les Réformés, resto panoramique de 300 m2, qui proposera à partir du 18 novembre, outre un menu complet à 29 €, des soirées DJ en collaboration avec le label marseillais La Dame en noir, et des événements privatisés en connexion avec le lounge du 3e étage.

S’ajoutent à cela le « remue-méninges » chapeauté par J.-J. Leonard, suite de conférences comme celles que donnera Judith Aziza le 7 décembre sur l’Histoire de Marseille ou celle de l’ethno-musicienne spécialiste du chamanisme mongol, Corine Sombrun, le 9 décembre.

Intérêt privé/intérêt général

Ce premier jour avait réuni sur la scène de la grande salle l’ex-maire de secteur, vice-présidente du conseil départemental des Bouches-du-Rhône, Sabine Bernasconi, qui avait durant son mandat soutenu Artplexe, et Jean-Marc Coppola, adjoint au maire de Marseille en charge de la culture, appartenant à une majorité qui a hérité de ce projet en cours de réalisation. Le sujet est sensible car Artplexe, structure privée, participe au grand chantier public de requalification de la Canebière. Un bail emphytéotique de 57 ans a été signé entre Artplexe et la Ville, avec un loyer annuel de 15000 € complété par un pourcentage variable indexé sur les résultats. Si les politiques et les conceptions divergent, tout ce qui peut valoriser et dynamiser le quartier, favoriser rencontres et échanges, créer une synergie avec les structures en place comme Maupetit, doit être encouragé. L’intérêt privé peut servir l’intérêt général a suggéré Philippe Dejust à Jean-Marc Coppola qui a affirmé qu’il y veillerait.

ELISE PADOVANI
Octobre 2021

Artplexe a ouvert ses portes le 21 octobre sur la Canebière.
Artplexe-canebiere.com

Photos : Cyril Chauvin-Lisa Riccioti