Osons transgresser les canons dominants de l’air du temps !

N’ayons pas peur

Osons transgresser les canons dominants de l’air du temps ! - Zibeline

« Celui qui contrôle la peur des gens devient le maitre de leurs âmes »
Nicolas Machiavel. Le Prince

L’air du temps, vous le constatez sans doute avec moi, est traversé voire dominé par un climat anxiogène, un sentiment de peur savamment entretenu par les pouvoirs publics et les grands médias d’information. Un air du temps profondément inquiétant pour les libertés, la vie de la cité, la sociabilité et profondément contradictoire avec la vie artistique et culturelle.

-Une peur générée en premier lieu bien sûr par l’atmosphère autour du combat contre le coronavirus. Combat nécessaire, il n’est pas en effet dans mon intention de sous-estimer le danger sanitaire qu’il représente. Mais il y a manière et manière de lutter contre la pandémie : en termes d’outils de protection, de prévention et de soins, en s’appuyant sur les services publics et les soignants, en actionnant tous les vecteurs de solidarité dans une société qui en recèle beaucoup ; ou à l’inverse, et c’est malheureusement le cas dans notre pays, en imposant des contraintes décidées autoritairement d’en haut, en sanctionnant la moindre entorse au règlement, en s’appuyant sur une armée d’experts qui se contredisent, en prenant des décisions à contre-temps pour masquer les pénuries, décisions parfois contradictoires qui discriminent les uns et privilégient d’autres. Ainsi tous les Festivals ont été annulés mais le Puy du Fou est autorisé avec une jauge de 9000 personnes ! Ainsi nous pouvons être assis côte à côte dans un train ou un avion mais pas au cinéma ! On pourrait multiplier les exemples de ce type qui déroutent, angoissent et divisent au lieu de rassembler. Dernières en date, les décisions autoritaires qui ostracisent Marseille et son agglomération, permettant une fois de plus de masquer l’incurie gouvernementale vis-à-vis des hôpitaux.

-Une peur également générée par la croisade Darmanin contre le prétendu ensauvagement d’une partie de la jeunesse française, contre la tout aussi prétendue croissance exponentielle de l’insécurité, démentie pourtant par les sociologues qui travaillent sur ces questions ; dans les deux cas ces campagnes complaisamment relayés par les médias publics et privés aux ordres, contiennent presque explicitement des relents de racisme, d’homophobie, une démarche anti-jeunes et sexiste quand on veut obliger les lycéennes à cacher leur nombril ou à porter « une tenue républicaine » !

-Une peur, enfin, générée par une minorité d’intellectuels et de journalistes, dont la présence médiatique est inversement proportionnelle à la profondeur de leur pensée et qui n’hésitent plus à afficher des convictions mettant ouvertement en cause les valeurs universelles sur lesquelles est fondée la République, celle de 1792 bien sûr.

N’ayons pas peur ! Osons transgresser les canons dominants de l’air du temps ! Soyons masqués mais pas muselés !

ALAIN HAYOT
Octobre 2020

Photo : Emmanuel Macron d’après Niccolo Machiavelli, Santi di Tito © T1K1nPrdZ