Les directeur.ice.s des lieux culturels font état de la situation actuelle : entretien avec Hubert Colas, de Montévidéo

Montévidéo met le cap sur l’Afrique

Les directeur.ice.s des lieux culturels font état de la situation actuelle : entretien avec Hubert Colas, de Montévidéo - Zibeline

Tout au long de cette année de crise, Hubert Colas, directeur de Montévidéo, lieu marseillais dédié à la création et aux écritures contemporaines, s’est consacré à rendre visibles les projets des artistes accueillis en résidence. Interview

Zibeline : Comment êtes-vous restés en lien avec les artistes durant toute cette année ?

Hubert Colas : Nous n’avons pas eu d’autres préoccupations que la continuité de l’accompagnement artistique. Nous avons pu profiter de deux lieux permettant des accueils de résidence tout en respectant les conditions sanitaires demandées : Montévidéo et le Couvent de la Cômerie1. Le Festival Actoral a eu lieu, l’un des rares festivals en France en 2020, et cela a été une belle opportunité pour les artistes et le public.

Y a-t-il eu des domaines ou des concepts que vous avez pu développer ou inventer à Montévidéo, poussé par la crise ?

Il a été question de s’adapter plutôt que de se réinventer. Pendant le premier confinement, on a proposé des interventions artistiques en ligne. Nous avons ensuite rouvert nos portes aux artistes et au public dès lors que cela a été possible. Permettant à des dizaines de compagnies de continuer leur travail de création. À la rentrée, nous avons organisé dans le cadre de la biennale Manifesta 13 – Les Parallèles du Sud le projet Radio Actoral, permettant au public de découvrir les artistes programmés sous d’autres formes : captations sonores, débats, interviews, retransmissions en direct…

Mais il est clair que nous souffrons principalement du manque de visibilité, et constatons l’impact que cela a sur les artistes et les techniciens du spectacle. Encore une fois, nous avons cherché à pallier ce manque de visibilité pour les artistes, en leur proposant des résidences, la possibilité de présenter leur travail à un public professionnel, afin de mettre en perspective leur projets futurs.

Est-ce que Montévidéo peut soutenir ce rythme dans ce contexte qui semble perdurer ?

Les finances de Montévidéo sont structurellement fragiles et l’association a l’habitude de composer avec les difficultés budgétaires. Cette année, c’est principalement le projet du Couvent de la Cômerie, qui, ayant pris du retard à cause de la crise sanitaire, a pesé sur les finances de l’association. Le soutien des partenaires publics et les exonérations de charges permettront cependant à l’association de maintenir un exercice financier équilibré.

Sur quoi vous projetez-vous pour les mois à venir ?

D’avril à juillet, nous invitons Les ateliers Sahm de Brazzaville, en partenariat avec la Fondation d’entreprise Pernod-Ricard et dans le cadre de la saison Africa 2020 de l’Institut français. Le projet, prévu à l’origine pour 2020 mais reporté sur 2021, pour lequel nous accueillerons une vingtaine d’artistes d’Afrique centrale, se déclinera en résidences de création, stages, expositions, temps forts, rencontres…

PROPOS RECUEILLIS PAR MARC VOIRY
Février 2021

montevideo-marseille.com

1 Montévidéo est chargé, depuis 2020 et pendant 3 ans, de porter le projet artistique de l’ancien Couvent de la Cômerie (rue de Breteuil), futur centre des arts et de la culture dont la Ville de Marseille a acquis le bâtiment en 2018.

Photo : 2019-02-06_Montévidéo_Locaux © Pierre-Gondard

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