Les Rencontres du Tout Monde, à Martigues le 7 septembre

Martigues, terre de solidarité

• 7 septembre 2019 •
Les Rencontres du Tout Monde, à Martigues le 7 septembre - Zibeline

La Ville de Martigues et SOS Méditerranée organisent le 7 septembre, des Rencontres du Tout Monde appelant l’Europe à respecter les lois d’accueil et de sauvetage en mer.

La rencontre s’intitule De l’Exodus à l‘Aquarius. Il ne s’agit pas mettre en relation le Sionisme qui présida aux pérégrinations du bateau emmenant les survivants des camps d’extermination nazis vers la Palestine avec les sauvetages en mer d’aujourd’hui, mais de rappeler notre devoir de solidarité envers les victimes des crimes contre l’humanité, quels qu’ils soient.

Crime contre l’humanité ? Aujourd’hui, en Méditerranée des naufragés se noient. Par milliers. Aujourd’hui les nations européennes bafouent le droit international en refusant de les accueillir, en bloquant les navires de sauvetage, en ne cessant d’appeler migrants ceux qui sont des naufragés, puis des réfugiés, et non pas des nomades volontaires : des hommes qui ont fui la mort, et la trouvent souvent en chemin.

Le dernier bateau affrété par SOS Méditerranée a en quelques jours sauvé 356 vies. Le porte-parole de l’association rappelle qu’il n’y a plus personne pour leur venir en aide, et que « les gens continuent de fuir. Sans personne pour les secourir, ils se noient, sans doute par milliers. Les chiffres actuels des morts en Méditerranée sont visiblement sous-estimés. »

Réflexion et solidarité

Quels sont nos moyens d’action pour faire cesser ce crime répété dans cette mer qui nous fait face ? La Rencontre du Tout-Monde propose de prendre du recul historique, en rappelant quelques faits : les habitants de Martigues et de Port-de-Bouc, en 1947, ont nourri les rescapés des camps qui attendaient à quai l’autorisation de partir vers leur terre promise. En 1947, cela signifiait sacrifier une partie de ses propres tickets de rationnement.

« Martigues s’est construite avec la population du monde entier, chacune apportant sa culture et sa force de travail », rappelle Florian Salazar Martin, adjoint à la Culture de la ville. C’est à partir de cette histoire, particulière, qu’il compte appeler au respect du Droit international.

Y compris au devoir de désobéissance civile quand il est question des droits humains. Deux membres de SOS Méditerranée seront présents pour en débattre, mais aussi Patrick Bar, dont les photos prises À bord de l’Aquarius, ou mises en regard avec celles des boat people de 1988, tourneront sur 3 écrans.

D’autres invités, Jean Michel Vecchiet, réalisateur qui a travaillé sur la mémoire de l’Exodus à Martigues, Sigolène Vinson, auteur de Maritima, roman sur la mémoire populaire de Martigues, Louis Philippe d’Alembert, pour son roman Mur Méditerranée, Umut Akar et Luc Joulé, réalisateurs, Nicolas Détrie, du collectif Yes we camp… viendront parler d’accueil, de solidarité, de moyens d’action, de résistance. Dans des rencontres multiples, informelles, partagées avec les associations d’accueil de réfugiés, et tous ceux qui veulent prendre la parole.

Construire ensemble

Car depuis le début de l’été des lieux de paroles égalitaires sont nés à Martigues : on s’y écoute, on avance ensemble, citoyens et militants, chercheurs et anonymes, artistes et politiques. On rappelle qu’un journée en mer de l’Ocean Viking coûte 14 000 euros, pas grand-chose pour sauver des vies, mais sans lesquels rien ne peut être fait. Que l’accueil des réfugiés chez l’habitant nécessite également un engagement financier, et que les associations martégales sont au bout de leurs moyens. Qu’un suivi, psychologique, éducatif, social, est nécessaire, et qu’il faut trouver les moyens de le mettre en place.

Au programme

Les invités ouvriront des groupes de paroles, le musée Ziem invitera les familles à des ateliers, les associations tiendront stands… chacun est invité à participer aux débats et discussions qui auront lieu avant et après la projection, à 20h30, du film d’Anelise Borges, 10 jours à bord de l’Aquarius.

La scène sera ouverte à qui veut témoigner, lire un texte, chanter, jouer, jusqu’au bout de la nuit, et on pourra déguster des muges tout frais pêchés au calens : rien de mieux que la convivialité pour s’ouvrir à l’autre.

AGNÈS FRESCHEL
Septembre 2019

De l’Exodus à l’Aquarius
7 septembre
Martigues
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