Les musées et bibliothèques de Marseille passent en mode virtuel

Marseille déconfine ses musées et bibliothèques en ligne

Les musées et bibliothèques de Marseille passent en mode virtuel - Zibeline

Les sites culturels municipaux s’adaptent au confinement en proposant de nombreux services et contenus gratuits sur le Net.

« Si la culture est considérée par le gouvernement comme non essentielle, la municipalité considère au contraire qu’elle est vitale », rappelle Jean-Marc Coppola. L’adjoint à la mairie de Marseille a d’ailleurs préparé une délibération qu’il soumettra au vote au conseil municipal du 23 novembre, prévoyant une enveloppe supplémentaire de quelque 550 000 euros en subventions aux structures culturelles. Un geste fort de la part de la ville, « premier financeur et de loin de la culture », en période de crise sanitaire durable. Et une volonté politique que l’élu souhaiterait voir également poindre du côté d’une autre collectivité encore timorée sur le sujet. « J’appelle le Département à faire preuve de responsabilité et de solidarité avec les acteurs culturels », adresse-t-il à l’attention de l’institution dirigée par Martine Vassal et qui n’a pas rétabli la totalité de ses coupes drastiques de l’été dans les subventions à certaines structures culturelles marseillaises. Au niveau de l’État, si les aides annoncées sont conséquentes, Jean-Marc Coppola regrette que l’effort financier soit « très concentré sur Paris ». Et de demander dans ce domaine comme dans d’autres que les édiles de la deuxième ville de France soit « consultés ».

À l’instar de son adjoint, la maire Michèle Rubirola a tenu à exprimer personnellement son soutien au monde de la culture via une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux et le site de la ville.

Car en attendant que la vie culturelle marseillaise retrouve une activité normale, c’est sur la toile que le public est invité à nourrir son désir d’art et de connaissance. Si les musées de Marseille sont fermés jusqu’à nouvel ordre, il est possible en quelques clics de parcourir leurs collections comme certaines expositions temporaires interrompues. Pour les plus pressés, un lien conduit directement vers les chefs-d’œuvre des collections marseillaises. Le Mac (musée d’art contemporain), quant à lui, met à disposition son catalogue. De leur côté, les archives de Marseille ont conçu quatre expositions virtuelles mettant en scène des photographies du Marseille d’antan : À l’ombre des bastides : les bastides à Marseille du 17ème siècle à nos jours, Quel amour d’enfant : l’enfance au 19ème et au 20ème siècle à Marseille, Tous à la plage ! et Marseille fait ton devoir : Marseille pendant la guerre 14-18.

Ces explorations virtuelles connaîtront-elles le même engouement que les lieux physiques qui ont accueilli 150 000 visiteurs pendant les cinq mois de l’entre-deux confinement ? Les amateurs de YouTube peuvent également retrouver de nombreux contenus vidéos sur la nouvelle chaîne des musées de Marseille : interviews d’artistes, colloques et conférences, archives… Les bibliothèques elles aussi se mettent au média social d’hébergement de vidéos et proposent conférences, chroniques littéraires, contes, podcasts et concerts. Avec la crise sanitaire, la lecture publique devient enfin gratuite à Marseille, pour tout abonnement effectué en ligne d’ici au 31 décembre. Après avoir commandé sur le site internet, l’usager peut retirer ses ouvrages ou CD sur place selon le principe du click and collect. Toute inscription permet également un accès à l’ensemble des ressources numériques, que ce soit les livres, la presse, des films et documentaires et même des formations dans des domaines aussi variés que les langues, le code de la route ou la bureautique.

Autre initiative municipale, Marseille sans galéjade, une histoire de la plus ancienne ville de France en podcast, présentée par Franck Ferrand. Dans cette série, l’historien retrace des épisodes et faits marquants à travers les siècles. Et d’évoquer le voyage de Phytheas, le siège de Jules César, l’origine de l’hymne national, le savon emblématique de la ville ou l’inévitable Grande peste de 1720. De quoi mieux vivre son confinement. Enfin peut-être.

LUDOVIC TOMAS
Novembre 2020

Photo : Sortilège au château © Annie Bascoul

marseille.fr/culture
musees.marseille.fr
bmvr.marseille.fr
archivesexpos.marseille.fr
Quelques liens vers les expositions :
Terre ! Escales mythiques en Méditerranée, Musée d’histoire de Marseille
La Syrie en noir et blanc – Palmyre, Alep, Damas – Photographies de Michel Eisenlohr, Musée d’archéologie méditerranéenne
La peste dans les collections permanentes du Musée des Beaux-Arts
Sortilèges au château. Annie Bascoul, Musée des arts décoratifs, de la faïence et de la mode