Zibeline publie le Manifeste pour que vive la culture

Manifeste pour que vive la cultureVu par Zibeline

Zibeline publie le Manifeste pour que vive la culture - Zibeline

Le 26 janvier dernier, au ZEF, le maire de Marseille déclarait la ville en état d’urgence culturel. Le Manifeste pour que vive la culture en est l’émanation directe, « un appel à la solidarité avec les artistes et opérateurs culturels » qui concerne chacune et chacun d’entre nous.

Lancé le 13 mars, il a déjà recueilli plus de 1900 signatures.

http://etatdurgenceculturellemarseille.fr/

REDACTION ZIBELINE
Mars 2021



 MANIFESTE POUR QUE VIVE LA CULTURE

Pour un état d’urgence culturel

La culture joue un rôle fondamental dans nos vies. Elle est un bien commun essentiel pour notre liberté de penser, de nous émouvoir, de nous rencontrer. La crise sanitaire a révélé cette évidence que les crises successives des dernières décennies avaient déjà mise en lumière. La fermeture des lieux culturels, injustifiée, incompréhensible et injuste, nous prive de ce lien social d’exception.

Chacune et chacun d’entre nous est privé depuis de longs mois de sa relation particulière à l’art et à la pensée. L’abstinence imposée de spectacles, de musiques, de fêtes et de contacts avec les autres nous plonge peu à peu, quelle que soit notre génération et notre condition sociale, dans un désarroi inédit.

Nous ne pouvons pas simplement attendre que les théâtres, les musées, les salles de spectacle et de cinéma ouvrent à nouveau leurs portes. Parce que le partage des émotions et de la pensée nous sont essentiels, il est urgent de réaffirmer et d’affermir nos droits culturels. En cette période bouleversée, nous devons sauver le présent et préparer l’avenir.

Les droits culturels, tels que l’UNESCO les définit et dont nous souhaitons rendre l’application effective dans notre ville, c’est la possibilité pour chacune et chacun d’accéder au patrimoine et à la création artistique. C’est aussi, pour chacune et chacun le droit d’expérimenter la pratique artistique, d’exprimer et de partager sa culture. C’est enfin pour les artistes, auteur.es, interprètes, technicien.es, salarié.es, indépendant.es ou précaires de la culture, le droit de créer et de présenter leurs œuvres aux publics qui désirent les voir.

En déclarant l’état d’urgence culturelle,

nous lançons un appel à la solidarité avec les artistes et opérateurs culturels : nous avons besoin qu’ils nous guident tout au long de cette route ambitieuse.

Nous avons besoin de chacun des grands équipements culturels dont notre ville est riche, mais aussi de chaque compagnie, chaque lieu indépendant, chaque metteur.se en scène, chaque comédien.ne, chaque compositeur.trice, chaque musicien.ne, chaque chorégraphe, chaque danseur.se, chaque cinéaste, chaque plasticien.ne, chaque auteur.e, libraire et éditeur.trice, ainsi que des technicien.nes de tous les champs artistiques, mis à mal par l’arrêt de la vie culturelle depuis près d’un an.

Parce que Marseille doit devenir ce qu’elle est, une grande capitale culturelle européenne, française et méditerranéenne, nous avons besoin que l’État, les collectivités, mais aussi les entreprises et les mécènes se joignent à ce mouvement, pour un plan global de relance des arts et de la culture, pour que nos enfants puissent aller à la rencontre de tous les arts, c’est-à-dire à la rencontre des autres, d’où qu’ils viennent.

Nous avons besoin que chacune et chacun, chaque enseignant, chaque parent d’élève, se sente impliqué dans ce mouvement artistique et populaire, que l’Éducation nationale et l’Enseignement supérieur accompagnent cet élan nouveau. Pour atteindre cet objectif, l’appui du mouvement associatif et notamment des structures socio-culturelles, sera crucial.

Nous nous engageons à promouvoir la culture en tant que pilier du développement durable, de l’émancipation humaine, de la solidarité, de la paix et des droits humains.

Avec et pour les Marseillaises et les Marseillais, nous nous engageons à promouvoir des politiques publiques et des programmes culturels pour toutes et tous, reposant sur la créativité, la diversité, la mémoire, le patrimoine et les savoirs.

Nous voulons dialoguer et agir ensemble pour que très vite, la lumière des arts éclaire à nouveau nos lieux culturels, nos écoles, nos rues et nos cœurs.

Photo : Façade de la Cité de la musique lors de la manifestation du 4 février 2021 à Marseille -c- G.C.