Le Syndicat des musiques actuelles tenait son congrès national à Marseille

Les musiques actuelles en remue-méninges

C’est le repositionnement de tout un écosystème que le congrès national du Syndicat des musiques actuelles (SMA) a tenté d’ébaucher.

Quel avenir pour les musiques actuelles au sortir de la crise sanitaire ? La question est naturellement au cœur des préoccupations de la filière. Plus de 300 acteurs et actrices des musiques actuelles ont échangé avec la même visée : au-delà d’approfondir une réflexion collective sur les conditions de la reprise, « repositionner le curseur sur des engagements et des valeurs », estime Béatrice Desgranges, directrice du festival Marsatac. Également dans les esprits, les changements d’usage qu’auraient pu occasionner la pandémie sur les publics et la crainte soulevée « de devenir des lieux élitistes comme peuvent être perçus le théâtre ou l’opéra », s’inquiète un autre intervenant. La réaffirmation des fondements et missions est davantage le sujet que la réinvention. Un recentrage, donc, qui peut aussi bien concerner les modèles économiques face au phénomène menaçant de rachats et de concentration, que les questionnements d’ordre sociétaux, particulièrement environnementaux mais pas seulement. « Nos structures renvoient des carences en décalage avec les générations militantes, sensibles aux questions de féminisme et de diversité », admet Laurent Decès, président du SMA, devant une salle comme une tribune blanche et très loin de la parité. Et le même de s’interroger sur la capacité du secteur « à faire rêver » voire à « susciter des vocations ». Du côté des institutions aussi, l’heure est au bilan et à la prospective. « La crise a accéléré une réflexion en gestation sur la réorganisation des aides », promet Romain Laleix, directeur délégué du Centre national de la musique (CNM). Des aides de l’État, mais aussi des collectivités -la Région Sud s’exprimera par la voix de Sophie Joissains-, souvent salutaires dans un contexte de baisse de fréquentation du public, constatée de manière plus ou moins criante au cours des festivals de l’été. Quant à l’enthousiasme suscité par les réouvertures de lieux, il se heurte à l’application généralisée du passe sanitaire dont la prorogation demeurait inconnue au moment des échanges. Jean-Marc Coppola, adjoint marseillais à la culture, revendique toujours, au nom la deuxième ville de France, la mise en œuvre « non pas d’un concert test [après la non-autorisation d’un premier projet par le gouvernement, ndlr] mais d’un test scientifique dans une salle de spectacle ». Et l’élu d’affirmer : « Les conclusions en seraient autres que le passe sanitaire ».

LUDOVIC TOMAS
Octobre 2021

Le congrès annuel du SMA s’est déroulé les 14 et 15 septembre, à la Friche la Belle de mai, à Marseille

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