Le Makeda, ancien Poste à Galène : renouveau des soirées musicales dans le quartier de La Plaine à Marseille

Le Makeda, relève du Poste à Galène

Le Makeda, ancien Poste à Galène : renouveau des soirées musicales dans le quartier de La Plaine à Marseille - Zibeline

Un tandem féminin reprend la salle de la rue Ferrari, lui donne le nom d’une reine africaine et une nouvelle âme.

27 ans est un jeune âge pour s’éteindre, mais ainsi l’a voulu la direction du Poste à Galène dont l’activité s’était passablement réduite ces deux dernières années. Le Poste à Galène n’est plus. Vive Le Makeda ! Exit donc l’ambiance rouge et noire de club pop-rock des années 90 pour un bleu chaleureux aux motifs ethniques. Mais que les habitués se rassurent, la nouvelle ligne du lieu sera ouverte à toutes les esthétiques musicales. Aude Kaboré et Francine Ouedraogo Bonnot, nouvelles occupantes, le promettent. « Il n’y aura pas que des musiques du monde ! Notre envie est de faire découvrir le plus de courants musicaux possibles et au plus grand nombre ». Les deux jeunes femmes -pas encore trentenaires- ne sont pas des novices. À la tête de l’association Orizon Sud depuis dix ans, elles sont à l’origine de nombreux tremplins musicaux ainsi que du sympathique festival Meltin’Art, événements qui avaient pris leurs quartiers au Poste à Galène depuis quelques temps déjà. L’affaire n’est pas donc pas que le fruit du hasard puisqu’elles avaient également travaillé pour l’ancienne direction en matière de communication.

Changement de déco

« Quand la proposition est arrivée, on a eu un petit moment de réflexion. C’était un peu comme un rêve. Puis on a réalisé qu’une salle, c’est la concrétisation de tout ce qu’on fait. Celle-ci est emblématique, avec toute une histoire. Nous allons la faire vivre avec notre patte », assure Aude. Le volet programmation est plutôt le dada de Francine qui s’appuiera aussi sur l’expérience d’Alex Montville, fondateur de la Couveuse, société francilienne d’accompagnement de projets dans les musiques actuelles. Après quelques travaux et un changement radical de décoration (un seul exemplaire de la collection de vieilles radios a été conservé en clin d’œil au passé du lieu), le Makeda a ouvert ses portes le 6 mars pour quatre soirées inaugurales consécutives, en entrée libre, pendant lesquelles la salle comme le fumoir et le trottoir n’ont pas désempli. Au menu, du live et des DJ sets, du rock, du dub et de la world, Select the Punisher, Conger Conger, Slim Paul, Fred Astonvilla, Flavia Coelho, Germaine Kobo, & Bella Lawson, Big Buddha ou encore un des trois MC de Massilia Sound System, le dénommé Gari Grèu… Les mines réjouies, l’énergie festive et l’ambiance conviviale augurent un futur nocturne épanoui au numéro 103 de la rue Ferrari.

Ouvert sur le quartier

La suite ? Au même tempo. C’est-à-dire quatre soirées par semaine, du mercredi au samedi, avec des tarifs allant de gratuit à 20 euros environ, pour une programmation mêlant show cases acoustiques, clubbing, concerts, événements partenaires, pour découvrir des artistes émergents mais pas forcément, du local à l’international. Autre vocation du lieu, lié à l’ADN d’Orizon Sud : l’accompagnement d’artistes à travers l’accueil de résidences. Car le Makeda sera autant une salle de spectacle la nuit qu’un lieu de vie et d’échanges le jour, ancré dans son quartier et ouvert à ses habitants. Des ateliers pour tous les publics, de l’éveil musical et des spectacles pour enfants devraient bientôt se mettre en place. Encore une bonne nouvelle, le bar bénéficie d’une licence IV et propose désormais des cocktails à prix raisonnables. Mais au fait, pourquoi le Makeda ? S’il s’agit du prénom de la fameuse reine de Saba, c’est aussi le titre d’une chanson des Nubians, duo français composé de deux sœurs qui a connu beaucoup de succès outre-Atlantique. « On a appris par la suite que leur producteur était marseillais et que ce morceau avait été enregistré ici, dans la cave d’une cité », raconte Aude. Très touchées par la dénomination du nouveau lieu, elles ont accepté de s’y produire le jour de son ouverture. Encore une belle histoire.

LUDOVIC TOMAS
Mars 2019

Le Makeda
lemakeda.com

Photo : Francine Ouedraogo-Bonnot et Aude Kaboré -c- Leo Alestro-Catring