Le Salon des agricultures de Provence se tiendra à Salon du 3 au 5 juin

Le carrefour des agricultures

• 3 juin 2016⇒5 juin 2016 •
Le Salon des agricultures de Provence se tiendra à Salon du 3 au 5 juin - Zibeline

Fangio, Bibi et Précieuse, respectivement taureau de Camargue, mouton mérinos et chèvre du Rove, seront les mascottes du Salon des agricultures de Provence, qui se tiendra du 3 au 5 juin à Salon-de-Provence. Lors de la conférence de presse qui annonçait l’événement, la présidente du Conseil Départemental 13, Martine Vassal, s’est réjouie de tenir cet engagement de campagne, avec l’intention de le pérenniser. Elle a par ailleurs maintenu le budget de sa collectivité consacré au secteur agricole (10 millions d’euros). Les paysans, en plein marasme économique, ont en effet bien besoin de soutien, et pour celle qui déclare avoir « découvert la ruralité récemment en sillonnant le département », il est important qu’elle soit dynamique et attractive.

Quelques chiffres communiqués par le CD13 : la surface agricole représente 29% du territoire, 10 000 emplois directs sont concernés et 30 000 emplois induits. Une très grande diversité de production (maraîchage, arboriculture, riz, vignes, oliviers, miel…) caractérise la Provence, et le département est allé défendre auprès de l’Europe les spécificités locales, « dont les politiques nationales ne tiennent pas compte ».

Ce salon, sur le papier, est bel et bon ; il peut faire contrepoint en région au Salon International de l’Agriculture à Paris, mettre en valeur les immenses atouts de nos terres. Le Maire de Salon-de-Provence, Nicolas Isnard, vantait le site qui accueillera la manifestation, le domaine du Merle, haut lieu du pastoralisme hébergeant « le plus ancien centre français de formation des bergers, et la Maison de la Transhumance ». Cet espace réunira un village des producteurs, une ferme aux animaux, des ateliers pédagogiques… et un pôle professionnel. Et c’est là que le bât blesse.

Quand une journaliste (Mireille Bianciotto, de Radio Dialogue) pose la question majeure en terme de santé publique des engrais et pesticides utilisés massivement par l’agriculture intensive, Claude Rossignol, président de la Chambre d’Agriculture 13, répond : « Je n’oppose jamais les agricultures. De l’intensive, la raisonnée ou la bio, je ne sais pas laquelle pollue le plus ».

Sur ce pôle professionnel, on craint donc de voir apparaître les représentants en produits toxiques qui hantent les allées de l’événement parisien, entraînent la mort des sols, et celle de la paysannerie. Rappelons que le bilan du plan Ecophyto mis en place en 2008 par le gouvernement pour réduire l’usage des pesticides est très mauvais.

On rêverait plutôt d’un encouragement massif des collectivités aux alternatives efficaces comme la permaculture. On ne peut pas dire qu’elles ne font rien, un mouvement s’amorce de protection des terres agricoles face à la pression foncière, des aides à l’investissement sont mises en place pour ceux qui souhaitent s’installer en bio*. Mais il faut impérativement sortir des vieilles rhétoriques : les citoyens s’informent, on ne peut plus leur servir le type de discours que Claude Rossignol tient encore.

GAËLLE CLOAREC
Avril 2016

* 8% des exploitations pratiquent l’agriculture biologique en PACA, soit mieux que les 4,7% à l’échelle nationale

NB : Une pétition circule pour dénoncer un projet d’extension de la zone d’activité de la Crau sur le territoire de la municipalité de Salon. 60 hectares de terres agricoles seraient menacés pour faire place à des hangars de stockage…

Photos : -c- Gaëlle Cloarec et Dominique Marçon

c-Do.M.