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Les femmes en première ligne face à Jair Bolsonaro

La résistance du peuple brésilien

Les femmes en première ligne face à Jair Bolsonaro - Zibeline

Retour sur les dernières élections au Brésil et l’arrivée au pouvoir d’une extrême droite opportuniste, machiste, raciste, homophobe, ultra-libérale, d’obédience évangélique et militaire… Un cocktail politique à faire frémir

Le syndicaliste brésilien Herbert Claros, secrétaire aux relations internationales de la Central sindical e popular Conlutas (CSP), était le 12 janvier l’invité de VISA 13 à Marseille et faisait le point sur la menace d’une dérive fasciste que nombre d’observateurs n’avaient pas vu venir.

Dans quel contexte en est-on arrivé là ? Une dictature pas si lointaine, une société encore profondément marquée par des logiques coloniales, une crise économique, des taux de chômage, de pauvreté, de criminalité, de violence (envers les femmes, les LGTBQI), et d’homicides records.

Paradoxalement, le parti travailliste au pouvoir ces dernières années a creusé les inégalités : réduction des droits des travailleurs, des impôts aux entreprises, alignement des retraites des fonctionnaires sur celles du secteur privé, cession de zones portuaires au capital étranger, réforme agraire avortée, poids de la redistribution en direction des plus pauvres porté par les classes moyennes et non la bourgeoisie… Ajoutons à cela le travail de sape de la gauche au pouvoir par des médias corrompus, et le discours racoleur de Jair Bolsonaro peut avoir son effet.

Les femmes en première ligne

Mais l’élection n’est pas le signe d’une adhésion générale : si l’on tient compte du taux d’abstention, le Président n’a en réalité été élu que par un tiers des Brésiliens en âge de voter. De plus, durant la campagne, un mouvement spontané et massif, essentiellement porté par des femmes, s’est montré très actif pour dénoncer le péril fasciste.

Poursuivant la dynamique des féministes et selon une démarche unitaire, des syndicats dont le CSP organisent l’opposition, mobilisent la population brésilienne, en appellent à la solidarité internationale comme ce jour à Marseille.

Car depuis sa prise de fonction et dans une mouvance trumpienne, Jair Bolsonaro, qui ne fait pas l’unanimité au sein de son propre parti, ne cesse d’annoncer des mesures affligeantes : présence d’une base militaire américaine sur le territoire ; privatisation d’entreprises étatiques primordiales (électricité, pétrole, courrier) ; fin de l’État providence ; destitution de la FUNAI chargée de protéger les peuples indigènes et leurs territoires ; coupes franches dans les emplois publics avec la suppression de 3 ministères, ceux de la culture, du sport et du travail ! Ainsi, plus d’inspection du travail, plus d’enquête sur des pratiques esclavagistes persistantes… Le rêve pour les patrons !

Achevons par l’idée consternante de déplacer l’ambassade de Tel-Aviv à Jérusalem et celle de se retirer des traités de l’ONU sur l’immigration… Alors, devant un contexte politique régressif tant à l’échelle nationale qu’internationale, on est ravi de constater que la salle était pleine à craquer ce soir-là à Marseille, et on salue VISA 13 pour sa veille permanente contre le fascisme !

MARION CORDIER
Janvier 2019

La rencontre avec Herbert Claros s’est déroulée au local de Solidaires 13, à Marseille le 12 janvier. Elle était organisée par VISA 13 (Vigilance Initiatives Syndicales Antifascistes) avec le soutien de la librairie Transit.

Photo : © Eduardo Valente


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