La directrice du Zef, scène nationale de Marseille, réagit aux annonces d'Emmanuel Macron

« La porte sera ouverte dès le 15 décembre »

La directrice du Zef, scène nationale de Marseille, réagit aux annonces d'Emmanuel Macron - Zibeline

Directrice de la scène nationale de Marseille Le Zef, Francesca Poloniato a été l’une des initiatrices d’une lettre ouverte, co-signée par près de 350 directrices et directeurs de lieux culturels, demandant la réouverture des salles de spectacle vivant au président de la République et au Premier ministre. Sa réaction aux annonces d’Emmanuel Macron.

Zibeline : Êtes-vous satisfaite ?

Francesca Poloniato : Lors d’un rendez-vous en visio quelques jours plus tôt, la ministre de la Culture Roselyne Bachelot nous a fait comprendre qu’elle était déterminée à faire en sorte qu’on puisse ouvrir en décembre. Je m’attendais donc à ce que notre parole soit portée par la ministre et je n’ai pas été surprise par la date du 15 décembre. Je suis satisfaite et contente. Il est essentiel que le public revienne dans les salles et que les artistes montrent leurs œuvres. Les équipes qui les accueillent en ont besoin. C’est devenu une question de santé mentale. Même si c’est huit jours avant Noël, tous les théâtres ont des choses à proposer. Ce qu’on attend à présent, c’est que le ministère de l’Éducation nationale œuvre, au même titre que la ministre de la Culture a œuvré, pour que les séances scolaires aient lieu. Nous menons un vrai travail avec les enseignants qui permet d’éviter un certain ennui dont on sait très bien vers où il peut mener les jeunes. Et dans les quartiers prioritaires, tout le monde n’a pas des ordinateurs ou des jeux avec des manettes pour passer le temps.

Parviendrez-vous à faire une place dans la saison en cours à toutes les représentations qui n’auront pu avoir lieu depuis le premier confinement ?

On a annulé tous les spectacles de novembre, en accord avec les compagnies auxquelles nous avons payé le prix de session et non le prix de plateau, ce qui comprend vraiment tout. On n’a pas encore fait de report dans la saison. Il y en aura peut-être un. Et si c’est le cas, ce qui a été annulé et payé en novembre et reporté la saison prochaine sera repayé puisque c’est une autre année. En ce qui concerne le premier confinement, tout a presque été reporté entre janvier et juin 2021, ce qui explique que l’on propose une saison dense.

La restauration d’un couvre-feu complique-t-elle la chose ?

Non puisque le billet de spectacle servira de justificatif après 21 heures. Donc je peux maintenir les représentations à 20 heures sans que les spectateurs aient 135 euros d’amende en rentrant chez eux. Cette souplesse est très importante. Surtout quand on vient au Zef Merlan, qui se situe à l’écart du centre-ville, avec des transports en commun qui ne sont pas toujours efficients. Évidemment, il n’y aura ni bar ni restaurant. Reste à connaître les conditions en termes de jauge et de distanciation qui nous seront sans doute communiquées par les préfets ou les Drac (Directions régionales des affaires culturelles, ndlr). L’idéal serait de rester sur le principe du siège vide entre deux groupes de personnes qui ne se connaissent pas. Cette règle a fait ses preuves.

Quel message avez-vous envie d’adresser aux spectateurs ?

Nous avons reçu énormément de messages de soutien et de compréhension de notre désarroi. Ils ont toujours été avec nous et ils ont très envie de revenir. La porte sera ouverte dès le 15 décembre et on les attend parce qu’on est tous ensemble.

Entretien réalisé par LUDOVIC TOMAS
Novembre 2020

Photo : Francesca Poloniato ©cmarc