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Jean-Marc Coppola et Benoît Payan ont des propositions pour éradiquer l’habitat indigne à Marseille

La gauche sur le chantier de l’habitat

Jean-Marc Coppola et Benoît Payan ont des propositions pour éradiquer l’habitat indigne à Marseille - Zibeline

Chefs de file de l’opposition municipale, B. Payan (PS) et J-M. Coppola (PCF) esquissent des premières propositions pour éradiquer l’habitat indigne.

Si le contenu de leurs préconisations en termes d’habitat est encore en cours d’élaboration, les socialistes savent déjà ce qu’il ne faut plus faire. « Il y a eu trop d’abandon, trop de complaisance. Cela doit s’arrêter », plaide Benoît Payan, leur président de groupe à la mairie. Pour le conseiller municipal et départemental, une première rupture pourrait être mise en œuvre en s’appuyant sur deux axes : « L’application de la loi et la volonté politique. La puissance publique est absente et ce n’est pas acceptable. » Parmi les pistes lancées, l’embauche des services civiques pour accompagner les habitants, dresser un état des lieux, faire des diagnostics. « Quand on est confrontés à une situation de péril imminent, les travaux doivent être faits d’office. Soit on force les propriétaires, soit on s’y substitue et on leur envoie la facture. Ce n’est pas une option, c’est une obligation », rappelle Benoît Payan qui prône la création d’« une grande direction unifiée de l’habitat avec des personnels qualifiés et formés, dont l’action irait de la préemption à la prévention du risque ». Autre outil suggéré, « une société d’économie mixte » dans laquelle siègeraient les représentants des associations pour le droit au logement et des riverains, afin de les rendre « acteurs de la politique du logement ».

Recomposition sociale

Du côté du Parti communiste, la feuille de route est plus détaillée. Sept propositions sont avancées. De l’application de la loi SRU (25% de logements sociaux) par arrondissement, et non à l’échelle de la ville, à l’augmentation du fonds dédié aux personnes à reloger en urgence, en passant par l’expropriation des marchands de sommeil, la requalification de leurs biens en logements publics et la mise en place d’un permis de louer et d’une plateforme d’échanges de logements sociaux, en fixant l’objectif d’en construire dix mille par an. Jean-Marc Coppola accuse « la majorité municipale de préférer investir dans des hôtels de luxe et des projets qui déroulent le tapis aux promoteurs immobiliers avec comme objectif une recomposition sociale et sociologique ». Et l’élu communiste des quartiers Nord d’énumérer des « choix budgétaires qui tournent le dos aux urgences et à l’intérêt général : un milliard pour le partenariat public-privé du Vélodrome, autant pour celui concernant les écoles alors qu’en gestion publique 300 millions pourraient être économisés et investis ailleurs, des centaines de millions pour la vidéo surveillance qui est une mission de l’État ».

Quelles que soient les forces et les personnalités politiques qui s’engageront dans la bataille des municipales, la question du logement sera inévitablement au centre de la prochaine élection.

LUDOVIC TOMAS
Novembre 2018

Photo : Jean-Marc Coppola -c- Ségolène Mathieu et Benoît Payan -c- V. Vermeil