Elections municipales mars 2020 : la culture à Montpellier

La culture, supplément d’âme de (presque) tous les candidats

Elections municipales mars 2020 : la culture à Montpellier - Zibeline

Tour d’horizon des propositions culturelles des aspirants maires. Quand il y en a…

La Halle Tropismes et le Mo.Co sont les deux plus remarquables réalisations du mandat de Philippe Saurel. Jouant sur la traditionnelle prime au sortant, le maire ne s’est pas précipité pour repartir en campagne, officialisant sa candidature à peine plus de trois semaines avant le premier tour de l’élection municipale. Sur le plan culturel, il était impossible à l’heure de publier ces lignes de cerner ses ambitions. Même inconnue du côté de l’injoignable Michaël Delafosse, candidat du Parti socialiste soutenu par le PCF et ancien adjoint de la maire Hélène Mandroux (2004-2014), délégué à… la culture. Novice en politique, l’homme d’affaire et président du Montpellier Hérault Rugby Mohed Altrad se lance dans la bataille. Au-delà de quelques propositions de l’ordre de l’événementiel et du divertissement, il avance trois idées non négligeables : un pass culture pour les jeunes, une véritable saison d’opéra et des conférences de concertation des acteurs associatifs et professionnels. D’après un récent sondage réalisé par l’Ifop pour Midi Libre, le second tour se jouerait entre ces trois hommes…

Une cité du cinéma

Parmi les grands projets de Patrick Vignal, candidat LREM, on note une « Cité du cinéma au cœur de la ville ». Un « festival européen des arts urbains » et des mystérieuses « places créatives dans tous les quartiers » sont également au programme. Pour Alex Larue (LR), Montpellier aurait « perdu de son attractivité en matière culturelle ». Celui-ci souhaite redéfinir « une politique culturelle ambitieuse et concertée en partenariat étroit » avec les autres collectivités « avec lesquelles les liens sont dénoués ». Et d’imaginer Montpellier en « lieu incontournable des industries culturelles et créatives », notamment dans la filière des tournages et des métiers liés. Après avoir accusé sa tête de liste démocratiquement désignée, Clothilde Ollier, d’être trop marquée à gauche, EELV s’est choisi l’architecte Coralie Mantion. Concertation, coopération, mise à disposition de lieux et création d’ateliers, les propositions des écologistes ciblent particulièrement les artistes locaux. La bonne surprise vient de la liste citoyenne « Nous sommes Montpellier ». « La vision actuelle de la culture à Montpellier est celle d’une vitrine instrumentalisée au service du marketing territorial et de la communication politique. On arrive au bout d’un cycle et on a l’impression qu’il n’y a plus de projet culturel. Les élus qui sont là depuis 20 ou 30 ans ont l’habitude de couper des rubans. Or ils savent qu’on n’a plus besoin de nouvelles infrastructures et n’arrivent pas à trouver d’autres modèles », tacle la tête de liste Alenka Doulain.

Rééquilibrage

Pour tenter d’inventer ce nouveau modèle, « Nous Sommes » estime qu’il faut en passer par « un rééquilibrage », à la fois budgétaire et territorial, certains quartiers étant dépourvus de lieux culturels. « Il faut s’appuyer sur les grandes institutions culturelles existantes, mais une partie de leur budget doit être fléchée vers le soutien à la scène artistique locale et aux formes émergentes ». Plus dans le détail, Alenka Doulain souhaite « revoir le projet artistique du Mo.Co pour en faire un lieu avec plus de brassage sur le modèle du 104 à Paris ». Mesure phare : la gratuité des médiathèques. Ou encore transformer l’ancien conservatoire en lieu de répétition, s’appuyer sur le réseau des Maisons pour tous, développer une offre plus dense l’été quand « tous les Montpelliérains vont à Sète parce que c’est là que ça se passe ». Et de déconstruire le discours classique sur les publics qui n’auraient pas accès à la culture : « de quelle culture on parle ? Tout le monde a accès à sa culture. Comment valorise-t-on les cultures populaires plutôt que de vouloir apporter « la » culture de manière condescendante à ceux qui n’en auraient pas ? » La question mérite d’être posée.

LUDOVIC TOMAS
Mars 2020

Photo : Montpellier Place de la Comédie © CC Henri Moreau