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Les Parcs nationaux s'engagent pour faire face au changement climatique

Îlots de fraîcheur

Les Parcs nationaux s'engagent pour faire face au changement climatique - Zibeline

Le Parc national des Calanques, né en 2012 dans les Bouches-du-Rhône, est le dixième et le plus récent du territoire français. Ces espaces protégés ont été créés pour sauvegarder des patrimoines naturels et culturels reconnus comme exceptionnels, de par une combinaison unique entre géologie, diversité biologique, paysages et activités humaines. Celui de la Vanoise est le plus ancien (créé en 1963 pour protéger les derniers bouquetins), et trois sont situés en outre-mer (Guadeloupe, Réunion, Guyane). Le 11e Parc national devrait naître en 2019, sur une zone forestière entre Champagne et Bourgogne.

Pression climatique

Chacun, sur son aire géographique, connaît une évolution liée au changement climatique. Dans les Écrins, on suit de près le recul des glaciers, et la fonte du permafrost, sol gelé qui constitue le « ciment » des sommets, à l’origine d’effondrements de plus en plus fréquents. Dans le Mercantour, on évoque une méditerranéisation du climat, qui impacte les animaux les plus vulnérables, comme le Lièvre variable ou le Lagopède alpin. Dans les Calanques, après les chaleurs de l’été, on a constaté l’arrivée d’un parasite qui s’attaque aux Grandes nacres, coquillage bivalve emblématique de la Méditerranée. Pour protéger les nacres, une expérience va être tentée : les déplacer dans des eaux plus profondes, donc plus froides, où l’envahisseur ne devrait pas les suivre.

Partout, la faune et la flore migrent tant bien que mal pour tenter de retrouver leurs conditions d’existence, et l’accélération des changements provoque des réactions en chaîne imprévisibles.

Étudier et agir

D’où l’urgence de récolter des données, les plus précises possibles. Pour Jocelyn Fonderflick, chargé de mission faune du Parc national des Cévennes, « les relations de cause à effet ne sont pas suffisamment établies, il faudrait travailler de manière approfondie sur les mécanismes complexes liés à l’évolution climatique, intégrer les paramètres de pollution, l’usage humain des terres, la répartition des espèces… ». Selon le scientifique, les Parcs nationaux ont leur rôle à jouer sur les dispositifs de suivi, car ce sont des structures qui s’établissent dans le temps… « mais beaucoup sont récents, et la méthodologie aussi ».

Des mesures ont déjà été prises. Initié dans les Écrins il y a une dizaine d’années, le programme Alpages sentinelles analyse par exemple l’impact du réchauffement avec des bergers, agriculteurs, chercheurs et techniciens de l’environnement, pour trouver des solutions d’adaptation au pastoralisme. Depuis, le dispositif a été étendu à d’autres espaces protégés, Parc nationaux ou Parcs naturels régionaux. Le Mercantour collabore avec les Parcs italiens via le programme Alcotra CClimaTT (Changements Climatiques dans le Territoire Transfrontalier), afin de réaliser des études et diffuser plus largement les connaissances acquises sur le bouleversement déjà en cours, auprès des populations locales.

Quels moyens ?

Le 15 octobre dernier, les présidents des Parcs nationaux français se rassemblaient à Cassis pour une conférence de presse annonçant leur volonté de faire face aux changements globaux avec un vaste mouvement d’action sur leur territoire. Parmi les mesures envisagées, créer des observatoires Homme-Nature-Climat, conforter la résilience des filières économiques locales (agro-écologie, pêches artisanales, naturalité forestière, etc.), renforcer leurs missions d’éducation à la nature, lutter contre le braconnage, l’orpaillage, la surfréquentation, la pollution lumineuse, partager leurs expériences réussies de gestion et de conservation…

Reste à espérer que les moyens suivront. Car les temps sont à la restriction gouvernementale. Rattachés depuis peu à l’Agence Française de Biodiversité, créée en 2017, les Parcs nationaux devraient bénéficier du transfert d’une partie du budget des Agences de l’Eau, chargées de contribuer à réduire les pollutions de toutes origines et à protéger les ressources en eau et les milieux aquatiques.

De quoi déshabiller Pierre pour habiller Jacques ?

GAËLLE CLOAREC
Novembre 2018

Photo : Installation perches glacier Blanc – photo M.Bouvier – Parc national des Écrins