Michaël Dian rend un hommage ému au compositeur Georges Boeuf

Hommage au compositeur Georges Boeuf par Michaël Dian

Michaël Dian rend un hommage ému au compositeur Georges Boeuf - Zibeline

Mon cher Georges, qu’il est difficile de dire ce que ta disparition provoque en moi. Il est trop tôt, sans doute. Les mots manquent et les émotions peinent à franchir le mur de sidération provoqué par l’annonce de ton décès. Pourtant, je n’ignorais pas que tes forces te quittaient, que ton souffle s’épuisait. Hier, un journaliste de France Musique m’a demandé que je parle de toi, ce matin j’écris pour nos amis de Zibeline, qui m’ont demandé quelques mots. Que puis-je faire sinon raconter quelques souvenirs parmi tous ceux qui me reviennent. Il y en a tant.

1989. Marseille, Palais Carli

La première image que j’ai est celle de notre rencontre au Conservatoire de Marseille. J’ai 17 ans. Deux ans plus tôt, j’ai intégré la classe de Pierre Barbizet. Cette année là, je passe ma médaille, comme on disait alors. Maître Barbizet, ainsi qu’il demande que nous l’appelions, vient d’annoncer le programme qu’il a choisi pour cette épreuve : Bach, Beethoven, Liszt, Bœuf. « C’est le professeur de composition du conservatoire », explique Barbizet, car j’ai osé demander qui tu étais. J’apprends ton nom et l’existence d’une classe de composition. J’imagine quelque chose comme une société secrète où se transmettent, venu du fonds des âges, des secrets d’alchimistes. Je risque : « On peut aller le voir ? ». Et Barbizet de répondre, l’œil plissé, goguenard : « C’est mieux, oui… ». Quelques jours plus tard, je suis devant la porte de ta classe avec la photocopie des quelques pages du manuscrit des Variations pour piano sous le bras. J’ai passé la semaine à déchiffrer et doigter la sixième que nous devons exécuter. Je frappe. La porte s’ouvre. Derrière de larges verres de lunettes, un regard doux au dessus d’un sourire aimable m’invitent à parler. J’explique. J’aimerais te montrer ce que j’ai travaillé, recueillir tes conseils en vue du concours. J’ai l’impression que ma visite ne te surprend pas. Barbizet a dû t’en informer. Je m’installe au piano, tu t’assoies à côté de moi. Pour moi, la situation est inédite. Je joue pour la première fois un texte devant celui qui l’a écrit. Je fais sonner les premières mesures et perçois ton écoute, bienveillante et aiguisée. Mon jeu forcit, s’affute, je veux faire entendre tout ce que j’ai découvert dans ta pièce en l’étudiant. Car je l’ai d’abord abordée comme une énigme, un langage inconnu. Les heures passant, je l’ai sentie s’éveiller, son énergie se déployant et circulant d’une mesure à l’autre, vivante, sous mes doigts. La partition est pleine de mes annotations, analyses, doigtées. J’ai terminé. Tu me félicites et glisses quelques remarques, expliques la structure, conseilles d’amplifier certains contrastes pour la rendre plus claire, recommandes ici ou là de donner plus de temps à l’auditeur pour goûter une résonance, un accord. Je reprends les passages que tu as indiqués. Tu valides. Je sens ton assentiment. Nous avançons dans la partition comme sur un chemin de montagne, cherchant à ne rien perdre de l’émerveillement devant le paysage qui se dévoile. En moi, le sentiment que nous découvrons ensemble un texte que tu as pourtant écrit, quelques années auparavant. Tu me fais une place, très simplement. Tu corriges même ta partition sur un point où il te semble que ma proposition est plus efficace – « Faisons comme ça, oui, ça fonctionne mieux ». Je suis surpris, un peu déstabilisé. Un compositeur ne devrait-il pas savoir exactement ce qu’il veut ? Peu à peu, je comprends que je ne suis pas un simple exécutant mais un interprète, que ce n’est pas un cours, mais une conversation. En quelques mots, quelques regards, tu as aboli toutes les distances et m’as ouvert un chemin, essentiel, celle de la responsabilité devant le texte, jamais figé, toujours à lire, à traverser, à traduire, à transmettre. Ce jour là, la grande leçon de Barbizet s’actualisait dans une complicité naissante.

1994. Marseille. Salle Zino Francescatti. Annexe Melchion

Raphael de Vivo, le directeur du Gmem, a décidé que nous enregistrerions ton Nocturne, pour piano, échantilloneur et bande. Il souhaite que cette pièce originale dans sa forme comme dans son propos soit au catalogue d’Effects Imput, une collection qui présente la richesse des productions des compositeurs maison. Avec Jérôme Decque, l’ingénieur du son qui est de toutes les aventures, nous nous sommes installés dans la salle de concert de l’annexe du conservatoire, rue Melchion, qui accueille habituellement les cours de théâtre et les concours de musique de chambre. C’est la première fois que j’enregistre et j’ignore tout de l’intensité d’une journée de studio, exaltante et éprouvante. Après notre rencontre autour des Variations, nous avions continué de nous voir, d’échanger. Mon Prix en poche, tu m’avais interpellé dans les couloirs du conservatoire pour me demander si je serais intéressé de travailler tes Préludes pour les donner lors d’un concert en Italie, à Gênes. J’avais accepté, fier de la confiance que déjà tu portais en moi, fou de joie aussi à l’idée de défendre ta musique – dans un festival à l’étranger ! De nombreux concerts ont suivi, le plus souvent comme pianiste, quelques fois comme chef d’orchestre, ouvrant à chaque fois de nouveaux horizons. À cette époque, je fréquentais régulièrement ta classe. Je n’étais pas inscrit à ton cours mais j’aimais l’atmosphère qui y régnait, studieuse sans être académique, ta façon unique de dévoiler, avec un mélange de familiarité et de respect, les outils de composition des grands maîtres, comme si nous étions soudain entrés dans leur atelier. Tu m’invitais à passer au piano pour donner quelques exemples ou partager certaines réflexions que nous avions eues. Tes étudiants nous rejoignaient au-dessus du clavier, je jouais et commentais une partition de Beethoven, Schubert, Debussy, des œuvres que j’étudiais. Tu apportais tes remarques, complétant, approfondissant, donnant une profondeur de champ bienvenue. J’ai tant aimé ce dialogue à deux voix autour de textes admirés. Toi comme moi, je le sais, avions le sentiment de faire vivre ainsi l’esprit de Pierre Barbizet, disparu en 1990 et dont nous parlions beaucoup. Peut-être sentais-tu que ces heures passées avec lui, sa formidable érudition, sa truculence dont certains faisaient parfois cruellement les frais, me manquaient. Tu me savais peu adapté à l’atmosphère d’aride compétition du CNSM de Paris dont je préparais la sortie et que j’avais intégré après la disparition de Pierre Barbizet. Tu avais été soulagé de me voir quitter les bancs de la fac de math où tu t’inquiétais de me voir épuiser mon élan. Un vrai cul de sac. On en riait depuis. Après les Variations, tu m’avais fait découvrir ta musique, plus largement. Celle pour le piano, puis la musique de chambre, les mélodies, l’orchestre. Les occasions de la jouer ont été innombrables, à Marseille, puis à Salon-de-Provence, pour un Forum des compositeurs mémorable qui avait été l’occasion de réunir les pianistes et les compositeurs du conservatoire. J’y ai rencontré Régis Campo et Raoul Lay, qui m’avait confié la création de Murmures de Sables, sa première partition pour piano. Je me souviens aussi de nos voyages en Sardaigne, à Berlin pour le festival Inventionen, en Pologne, dans les conditions très précaires de l’après chute du Mur. Nous donnions souvent ton Nocturne, moi au piano, toi à l’échantillonneur, Jérôme s’assurant des réglages des machines et Raphaël la diffusion de la bande, bruissante de sons captés dans la nature, transformés en studio. Ce Nocturne, nous le ferons entendre quelques années plus tard à Chaillol, invitant le public du festival à la découverte des musiques mixtes et électroniques. Je me souviens avoir emmené partout la soixantaine de pages de cette partition étonnante, concerto sans orchestre où le piano dialogue avec un environnement sonore très immersif, composé dans l’esprit des musiques nocturnales de Bartók. Je l’étudiais avec le plus grand soin, polissant chaque geste avec le sentiment d’une immense liberté. Au CNSM de Paris, cette partition attirait l’étonnement admiratif de quelques copains pianistes, plongés corps et âmes dans les grands concertos du répertoire, Prokofiev, Rachmaninov, Brahms. J’avais l’impression d’être l’explorateur d’un monde inouï et j’ai pris là le goût des chemins de traverse, de la musique comme aventure musicale. J’ai fait la connaissance de cet autre monde de la musique, plus secret, celui des musiques expérimentales et concrètes dont, avec Jean-Claude Risset et quelques autres, tu avais été l’un des pionniers. J’ai eu accès à la fabrique de ces musiques électroniques que façonnait une joyeuse bande de compositeurs et ingénieurs en informatique musicale dans les locaux en sous-sol du Gmem, sous la Cité de la Musique. Avec toi, avec eux, j’ai eu le sentiment de faire partie d’un ordre chevaleresque fabuleux dont les héros découvraient et exploraient de nouveaux continents sonores.

Les Années 2000. Hautes-Alpes. Festival de Chaillol

Il faudrait un livre entier pour faire le récit de notre compagnonnage et dans ce livre, pas mal de chapitres pour raconter ce que nous avons imaginé, discuté, réalisé au festival de Chaillol. Ta présence, tes contributions toutes ces années durant furent décisives. Dès la première édition en 1997, tu as été attentif. Il ne s’agissait pourtant que de quelques concerts de musique de chambre proposés par quelques copains du conservatoire de Paris que j’avais convaincus de passer quelques jours à faire de la musique de chambre à Chaillol. Nous n’avions aucun moyen financier mais tu partageais notre immense désir de musique. La question de la création musicale, de sa place, de son adresse, le rapport aux paysages, aux habitants, aux institutions, ont été très rapidement au cœur de nos discussions, chez toi à Marseille ou dans les Alpes où tu venais presque tous les étés. Je me souviens notamment d’une séance de travail avec le groupe des musiciens fondateurs du festival. Nous t’avions retrouvé à Paris, à la Cité internationale des Arts où j’étais résident. L’organisation du festival devait absolument évoluer. Il fallait tout repenser pour offrir un avenir à une initiative qui s’essoufflait malgré l’enthousiasme général. Nous discutions de tout, de la philosophie et des valeurs du projet, des grandes orientations, de la politique d’invitation des artistes. C’est avec ton aide que j’ai ouvert et pris en charge le délicat chantier de la ligne artistique du festival qui ne laissait que trop peu de place à la création musicale. La situation n’était pas des plus simples comme souvent lorsqu’il faut bousculer les habitudes. Mais nous avions l’intuition que le Festival de Chaillol ne pouvait pas se contenter de quelques concerts de musique de chambre, qu’il fallait qu’il s’ouvre à la diversité des musiques d’aujourd’hui. Si le Festival de Chaillol occupe une place singulière dans le paysage culturel français, je sais ce qu’il te doit, quelle inspiration tu lui as communiquée, quelle exigence tu n’as pas cessé d’avoir à son endroit, pour que jamais il ne s’égare dans la facilité, ne s’abîme dans la complaisance. Tu en as été un fervent soutien, un appui sûr aux moments clés, un guide discret mais influent qui souvent m’a donné confiance et courage.

2013, Saint-Michel de Chaillol. L’Homme qui plantait des arbres

Parmi les nombreuses œuvres commandées et créées au Festival de Chaillol – il faudrait faire la liste des interprètes de premier plan qui, tous, me confiaient leur joie immense, leur gratitude de t’avoir rencontré, d’avoir travaillé ta musique – il me faut parler de L’homme qui plantait des arbres. Nous échangions souvent sur cette œuvre, sur ce qu’elle avait représenté dans nos vies, de la joie simple et forte qu’elle éveillait en chacun, représentation après représentation. Tu tenais cette pièce comme l’une des plus importantes de ta carrière. J’en avais été surpris, connaissant l’étendue de ton catalogue. J’aurais plutôt parié sur Verlaine Paul, ton opéra, qui t’avait occupé près de deux ans. Un effort herculéen. Je me souviens d’avoir suivi, fasciné, l’avancement de ce chantier titanesque. D’une semaine à l’autre, tu me montrais les nouvelles pages, encore manuscrites, du conducteur que tu préparais avant de les envoyer au copiste, de ton écriture impeccable, élégante, déjà si musicale. Je t’avais rejoins à Nancy pour suivre les dernières répétitions et assister à la création. L’œuvre avait pu être reprise à Marseille quelques années plus tard. Tu disais, avec la distance amusée que tu prenais pour dire les choses les plus sérieuses : « Ça y est, je suis un vrai compositeur, j’ai fait mon opéra ». Du texte de Jean Giono, que m’avait malicieusement glissé Hervé Cortot, le président de l’association du festival avec lequel tu aimais bavarder, nous avions décidé de faire quelque chose. Je t’avais adressé le livre par la poste, pressentant que nous pourrions y trouver un point d’appui pour imaginer une autre forme d’adresse aux habitants. Le personnage d’Elzéard Bouffier, ce discret berger planteur d’arbres, imperturbable dans son effort, ne cherchant aucune autre gloire que celle d’agir dans le sens du vivant, nous en comprenions les motivations secrètes, en approuvions l’éthique. C’est très naturellement, sous un arbre, à l’ombre du tilleul de l’auberge de l’Ocanière, à Chaillol, où tu aimais descendre pendant le festival, que la décision d’incorporer des éléments du territoire a été prise. Nos conversations tournaient autour de l’idée d’une broderie délicate – sous le titre de l’œuvre, tu as noté : une partition sonore. Nous ne voulions pas d’une illustration musicale du texte. « Il faudrait arriver faire sonner le territoire, qu’on fasse entendre le pays de Giono », avais-tu dit. C’est ainsi qu’est apparue l’idée de collecter des matériaux naturels – pierres, bois, feuillages, glands… – et que de nombreux amis du festival se mirent à ramasser tout ce qu’il leur semblait pouvoir faire du son. En quelques semaines, le garage de Marc Lourdaux, le premier président de l’association, lui-même forestier de formation, était plein à craquer… Tout est allé très vite et très simplement. Tu as confié le texte à la comédienne Bénédicte Debilly, complice de longue date. Joël Versavaud nous a rejoint avec ses quatre saxophones aux milles effets, souffles, sons, bruits de clés. J’ai immédiatement pensé à Claudio Bettinelli, le très inventif percussionniste de l’ensemble Cbarré, avec lequel nous avons organisé une rencontre chez toi, à Marseille, peu après que nos amis alpins étaient venus livrer une sélection que tu avais supervisée parmi tout ce qui avait été récolté. Tous, nous nous sentions embarquer dans une aventure hors du commun qui a été aussi riche qu’étonnamment simple. Le 27 juillet 2013, à l’église du Hameau de Saint-Michel, tout était prêt et la représentation, devant les micros de France Musique qui la rediffusera quelques semaines plus tard sur ses ondes, restera longtemps dans le cœur de ceux qui été présents, dont beaucoup avaient contribué à cette œuvre. Dans un entretien que nous avions préparé pour le livret du disque de L’Homme qui plantait des arbres, tu disais la surprise, l’inattendu de cette commande, le bonheur de sentir en toi une inspiration, que tu sentais issue d’une source profonde, la maîtrise technique aussi, évidente, lent tamisage d’une vie de compositeur. C’est en puisant aux sources de la musique concrète – la pièce est d’ailleurs dédiée à Luc Ferrari – dans ce dialogue subtil avec les mots de Jean Giono que je t’ai vu retrouver un souffle, une joie d’écrire qui te rendait heureux car tu la croyais éteinte.

2019. Pont du Fossé, Balades Musicales du festival de Chaillol. Les Fééeries pour saxophone

Depuis l’aventure de L’homme qui plantait des arbres, tu prenais tes quartiers d’été au festival. Tu étais heureux de quitter l’atmosphère étouffante de Marseille, goûter l’air vif et frais, le silence bienfaisant des Alpes, les concerts et l’atmosphère du festival. Tu y avais des amis, nombreux, parmi les artistes, l’équipe, les bénévoles. Chaque année, une œuvre nouvelle était présentée, que beaucoup attendaient de découvrir : Couleur du vent, créé par le quatuor Bela en 2014, une Partita pour accordéon, par Élodie Soulard en 2015, une nouvelle version du Vol de Cornelius, avec Joël Versavaud, Ivan Solano et le quatuor Bela, une nouvelle version de Orbes, pour orchestre à cordes par Julien Bénichou et le Chamber Youth Symphony Orchestra en 2017… En 2019, tu n’étais pas certain de pouvoir séjourner à Chaillol pour le festival. Tes médecins t’avaient déconseillé un séjour prolongé à 1600 mètres d’altitude. Comme d’habitude, l’équipe du festival avait préparé ton accueil. Cette année là était particulière du fait de ta santé plus fragile encore. Sandra Lalanne, notre responsable des productions, avait fait tout le nécessaire, considérant les moindres détails de ton séjour : un studio avait été réservé à la station, dans la résidence qui hébergeait les artistes et l’équipe, Robert Escallier, notre cuisinier, un poète de l’assiette, s’occuperait de tes repas et une infirmière avait été contactée pour assurer tes soins quotidiens. Peut-être pourrais-tu venir deux jours au moins pour assister à la création de tes Fééries ? Ces trois pièces pour saxophones, commandées pour Joël Versavaud, avaient été imaginée pour les balades musicales du festival, dont le tracé avait été soigneusement préparé par Hervé Cortot. Nous en avions discuté longuement car il fallait trouver un endroit en pleine nature qui offre la possibilité d’un accès en voiture, pour t’y conduire. Une partie de la balade musicale longeait le canal de Gap, vestige de l’effort des hommes du pays pour conduire l’eau du Champsaur vers la capitale haut-alpine. Joël jouerait là tes Fééeries, à l’abri d’un muret de pierre contre lequel nous avions prévu une chaise pour toi. Tes trois pièces eurent un très grand succès auquel tu n’as pu assister. Tu t’étais finalement rangé à l’avis des médecins. J’aime cette idée que ce dernier opus soit une pièce pour saxophone, l’instrument que tu jouais au début de ta carrière de musicien. Il existe aussi une série de petites études pour saxophone, Au bord de l’eau, que tu as dédiée à la petite Luna, la fille d’une amie chère dont tu regardais avec tendresse les premiers pas de musicienne. La fin est dans le commencement affirmait solennellement Sergiu Celibidache à ses étudiants. Combien de fois avions-nous disserté autour de cette phrase un peu énigmatique. Elle résonne d’une autre manière aujourd’hui, alors que ta musique seule nous reste, qu’il nous faut continuer de faire vivre et transmettre. Adieu, cher ami, cher Georges.

Michaël Dian
Septembre 2020

Photos : Georges Boeuf et Michaël Dian / Avec Claudio Bettinelli, résidence de travail autour de L’homme qui plantait des arbres -c- Alexandre Chevillard