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SOS Homophobie intervient au lycée Victor Hugo, à Marseille

Génération Acceptation

« Si je vous disais que je suis un garçon… » Gaëlle, de SOS Homophobie, tente de semer le doute. Parce qu’une personne trans, pour la plupart des élèves de cette classe mais comme dans beaucoup d’esprits, « ça se voit ». Censément « à sa démarche ». « Parce que les gars des cités, ils forcent pas leur démarche peut-être ? », tacle une adolescente. « Dans ma rue, il y a des prostituées et il y un trans, il a la mâchoire carrée », témoigne un lycéen. « Ferme les yeux. Tu es une fille ou un garçon ? Est-ce que tu as vérifié dans ta culotte pour me répondre ? », provoque Romain, autre intervenant de l’association qui, pour commémorer la journée mondiale de lutte contre l’homophobie et la transphobie, a envoyé ses militants dans toutes les secondes du lycée Victor Hugo, à Marseille. Dans cet établissement du centre-ville, creuset de la diversité, les préjugés n’ont pas tant la peau dure. Et le principe de ne pas avoir « à juger de l’apparence » est plutôt unanime.

Pansexuel, non binaire… Les jeunes sont relativement au fait de termes loin d’être assimilés par le grand public. Même si leurs définitions restent floues. « Si votre meilleur ami vous annonce qu’il est gay ? », sonde Romain auprès des garçons. Tous affirment s’en moquer… à condition qu’il ne tente rien avec eux. L’attitude supposée des parents serait, semble-t-il, moins conciliante. La question religieuse n’y est pas étrangère. « Le Coran interdit l’homosexualité ? Vraiment ? », insiste Romain qui précise trouver « aussi horrible d’être islamophobe qu’homophobe ». « Toutes les religions interdisent de juger l’autre », tranche-t-on. Au petit jeu des questions sur papier anonyme, le trouble jeté par Gaëlle en début de séance perturbe. « Je suis hétérosexuelle mais personne ne vous doit une réponse à une question sur votre genre ou orientation sexuelle », clarifie-t-elle. Et son binôme de positiver : « Quand je les entends, cela me donne de l’espoir ».

LUDOVIC TOMAS
Mai 2019