Entretien avec François Adamsbaum, directrice du Musée international des arts modestes de Sète

Françoise Adamsbaum se régale au MIAM

Entretien avec François Adamsbaum, directrice du Musée international des arts modestes de Sète - Zibeline

Complice de longue date de son fondateur, Hervé Di Rosa, l’ancienne vice-présidente du Musée international des arts modestes de Sète en prend la direction.

Zibeline : Qu’est-ce qui vous lie au concept d’art modeste ?

Françoise Adamsbaum : Je suis dans l’aventure du MIAM depuis les tous débuts. J’étais au conseil d’administration, puis vice-présidente pendant un certain temps. J’étais intéressée par la démarche, dans ce qu’était en train d’inventer Hervé Di Rosa. C’était une manière différente de considérer l’art, de parler de tous les territoires de l’art qui étaient à défricher et déhiérarchiser, donc il y avait beaucoup de notions nouvelles qui m’étaient proches.

Comment qualifiez-vous ce musée ?

Le MIAM, c’est le lieu où Hervé Di Rosa permet d’expérimenter des directions dans lesquelles il a envie d’avancer, qu’il veut explorer. Il va identifier un territoire de l’art qui ne l’est pas comme tel, et, soit par une proposition extérieure, soit par une réflexion intérieure au musée, penser à une exposition, et mettre cela en pratique.

C’est-à-dire considérer des pratiques comme des nouvelles formes artistiques ?

Oui. Ici, nous avons souvent été les premiers à exposer telles ou telles courants. Par exemple nous avons exposé très tôt le graffiti au MIAM*. Donc on défriche des territoires à la manière d’un laboratoire de recherche. L’année prochaine, une bourse de recherche sera lancée avec l’INHA [Institut national de histoire de l’art, ndlr], la Fondation Antoine de Galbert et le MIAM pour payer un chercheur qui va défricher un territoire, que je ne peux encore vous dévoiler…

Les différentes propositions qui marquent votre arrivée à la direction posent, peut-être pas un changement de cap, mais un changement d’échelle.

Le MIAM se situe déjà au niveau international, par le prêt de nombreuses pièces dans le monde, et il a une position nationale qui est reconnue. Donc il s’agira juste de confirmer cette position. Avec, et ça c’est en plein développement, une forte présence sur le numérique, que ce soit sur le musée ou les ateliers pédagogiques du MIAM, pilotés par l’école des Beaux-Arts. On essaie de rendre visibles les artistes qui sont passés chez nous et créer beaucoup de contenu numérique. On se rend compte que nous avons maintenant de belles archives, nous élaborons beaucoup de clips, on développe plein de choses en images, des hommages, on a aussi une chaine YouTube. C’est vraiment mon souhait, que nous soyons très actifs dans ce domaine.

D’ailleurs, le numérique  pourrait faire partie des territoires artistiques développés au MIAM ?

Pourquoi pas ! On a un petit projet là-dessus d’ailleurs ! C’est connecté au numérique, mais ce n’est pas exactement ça… Il est trop tôt pour préciser…

Allez-vous devoir avoir une démarche de levée de fonds plus importantes, avec les activités qui se développent ?

S’il faut en effet continuer de solliciter les financeurs, nous bénéficions de soutiens solides. Celui du maire de Sète François Commeinhes, qui nous suit depuis très longtemps, celui de la Région, celui de la Drac, et ceux de mécènes privés.

Votre arrivée correspond avec les 20 ans du MIAM en 2021.

Oui, en effet, fin mai nous aurons une double exposition. L’accueil et le couloir seront occupés par la présentation des temps forts du MIAM depuis 20 ans, avec des œuvres de la collection ; et tout le reste du musée sera investi par une exposition surprise, autour du psychédélisme français des années 60-70, dont les commissaires sont Pascal Saumade et Barnabé Mons. Ce sera une exposition vraiment ludique, gaie, tout en surprise, ça va être assez exceptionnel, je pense.

Propos recueillis par ANNA ZISMAN
Décembre 2020

* Graffiti stories, l’art modeste sous les bombes (2007)

miam.org

Photo : Francoise Adamsbaum © A. Adamsbaum

Musée International des Arts Modestes
23 quai Maréchal de Lattre de Tassigny
34200 Sète
04 99 04 76 44
http://www.miam.org/