Quels candidats en juin 2021 dans la Région Sud-Paca ?

Des candidats toujours putatifs pour la région Sud-Paca

Quels candidats en juin 2021 dans la Région Sud-Paca ? - Zibeline

A trois mois du scrutin régional, les alliances posent plus question que la désignation des candidats en Provence-Alpes-Côte d’Azur.

En Provence-Alpes-Côte d’Azur, aucune tête de liste n’a été officiellement désignée. S’il ne fait guère de doute que l’actuel président Renaud Muselier en sera, l’heure n’est pas à la proclamation de candidature pour celui qui affirme ne penser qu’à une seule campagne, celle qu’il mène habilement sur le front de la crise sanitaire. Retour en arrière. En décembre 2015, l’assemblée régionale est transfigurée. Après trois mandats de gauche rose-verte-rouge sous la coupe du socialiste Michel Vauzelle, la majorité bascule à droite avec comme seule opposition l’ex-Front national. Un an et demi plus tard, en avant-gardistes de la politique du « swich », les Républicains Christian Estrosi et Renaud Muselier échangent leurs fonctions : le premier quitte la présidence de l’assemblée régionale au profit de son président délégué. Également président des Régions de France, ce dernier a toute la légitimité pour mener son camp au prochain scrutin. La principale question est : avec qui ? Le principal intéressé s’affiche ouvert à tout sauf aux accords d’appareils. Alors que LREM, à l’ancrage territorial quasi-inexistant, a choisi la secrétaire d’État aux personnes handicapées Sophie Cluzel comme tête de liste -provisoire ?-, plusieurs déclarations sous forme d’appel du pied laissent penser à un billard à trois bandes. Tandis que le maire de Nice appelle de ses vœux un « bloc central » incluant son propre parti et celui de l’Élysée, Christophe Castaner, son concurrent du premier tour aux régionales de 2015 lorsqu’il se disait socialiste, et actuel président du groupe LREM à l’assemblée nationale, ouvre la porte à une alliance avec Renaud Muselier, au motif de combattre leur « ennemi commun » : le Rassemblement national. Le parti de Marine Le Pen, qu’un sondage annonce en tête, devrait être représenté par l’ancien député vauclusien Thierry Mariani, transfuge des Républicains…

Muette depuis bientôt six ans, la gauche espère bien faire son retour dans l’hémicycle régional. Mais pour en atteindre le perchoir, le chemin semble encore long. Portées par la victoire du Printemps marseillais aux dernières élections municipales, des personnalités issues du même arc politique que ce mouvement ont signé l’appel Il est temps afin de construire un large rassemblement progressiste et écologiste dès le premier tour. À côté de militants associatifs, syndicaux, culturels, féministes, d’élus ou de citoyens, on y trouve les signatures de responsables du PS, du PCF, de Génération.s, de Place publique, d’Ensemble, de Nouvelle donne et même d’EELV. Mais au parti où rien n’est simple et surtout pas l’union, un vote interne a entériné, d’une courte majorité, une autre stratégie. Celle d’un pôle regroupant prioritairement tous les partis et mouvements estampillés écologistes (donc pas forcément de gauche), tiré par le Varois Jean-Laurent Félizia. Reste à savoir jusqu’à quand le nombril de la grenouille verte voudra se faire aussi gros que la charrue du rassemblement et de la raison. Il y a urgence.

LUDOVIC TOMAS
Mars 2021

Photo : Renaud Muselier © Region Sud