Les statistiques confirment un climat alarmant de banalisation des LGBTphobies

Cette haine qui persiste

Les chiffres sont accablants, le constat glaçant. Le rapport annuel de SOS Homophobie, rédigé sur la base des 1905 témoignages recueillis en 2018 par l’association, fait état d’une hausse de 15% des signalements, confirmant la tendance des trois années précédentes. Les homosexuels hommes représentent 67% des cas et, maigre satisfaction, les discriminations dont ils sont la cible connaissent la plus faible progression (10%). En revanche, les agressions physiques explosent à 66%, atteignant une par jour au cours du dernier trimestre. Un acte lesbophobe également quotidien, c’est ce que traduit leur augmentation de 42%. Quand ceux commis à l’encontre des personnes transgenres ont carrément doublé. Bisexualité et pansexualité sont devenues des motifs de discrimination plus visibles ; les témoignages sont plus nombreux d’un quart. 23% des faits concernent des propos diffusés sur Internet, taux passant à 46% pour Twitter et Facebook. La majorité des faits reste liée à la vie quotidienne : 13% dans les lieux publics, 11% au travail, 10% en famille, 9% dans le voisinage, 6% dans les commerces et 5% en milieu scolaire. L’enquête concomitante de l’Ifop en disait déjà long sur « les phénomènes d’exclusion, de mépris et de stigmatisation semblant nuire au bien-être des LGBT ». Amenant François Kraus, directeur du pôle genre et sexualités de l’institut de sondage, à considérer la cause « pas seulement comme un impératif moral, mais aussi comme un enjeu de santé publique ». Et SOS Homophobie d’appeler à grossir les rangs de ses bénévoles. De son côté, le ministère de l’Intérieur annonce une augmentation de 34,3% des infractions LGBTphobes, avec 1378 plaintes déposées en 2018. Après l’Île-de-France et Auvergne-Rhône-Alpes, les régions Occitanie et Provence-Alpes-Côte d’Azur occupent les 3e et 4e places du classement de la honte. Pour la seule préfecture des Bouches-du-Rhône, les faits de droit commun sont passés de 47 en 2017 à 70 en 2018.

LUDOVIC TOMAS
Mai 2019