Les conséquences de l'incendie des 10 et 11 août dans les Bouches-du-Rhône, pour les victimes

Cendres et désolation

Les conséquences de l'incendie des 10 et 11 août dans les Bouches-du-Rhône, pour les victimes - Zibeline

Durant l’été, de violents incendies ont dévasté collines et maisons autour de Marseille. Les dégâts, naturels et matériels, sont immenses. Les flammes ont cessé, s’ouvre un nouveau défi : reconstruire.

Les 10 et 11 août dernier, un incendie d’une ampleur exceptionnelle ravageait 2500 hectares entre Vitrolles, Rognac, les Pennes-Mirabeau et le nord de Marseille. Dans le même temps, 800 hectares partaient en fumée à Fos-sur-Mer. Le 5 septembre encore, 390 hectares de garrigue se consumaient entre Luminy et Cassis.

Les habitants des Bouches-du-Rhône ont vécu un été de flammes, et si les vies humaines ont été relativement épargnées (une trentaine de blessés, la plupart légèrement), il n’est en rien pour la faune, la flore, et pour les biens matériels engloutis par le feu.

Les centres urbains ont été atteints, des quartiers entiers ont été évacués, des maisons et des bâtiments (un lycée aux Pennes, notamment) ont été réduits en cendres. Quelque 2000 pompiers et plusieurs Canadairs sont intervenus sur les zones sinistrées. A Fos, on a frôlé le pire, les flammes ont parcouru le complexe industriel, zigzaguant près des installations pétrolières et des camions-citernes.

Dans les massifs brûlés, le désastre écologique est immense. La terre a laissé place à un paysage lunaire. Au milieu des arbres calcinés, des dizaines d’espèces, animales ou végétales -orchidées, lézards, papillons- ont été dévastées.

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Réseau de générosité

Pourtant, cet épisode n’est pas reconnu par l’Etat comme une catastrophe naturelle. Les incendies de ce type n’entrent pas dans cette catégorie. Compte tenu des conditions climatiques exceptionnelles (sécheresse vive et vent très violent), la préfecture a demandé que ce soit le cas. Mais, du moins à Rognac, l’origine humaine du feu semble avérée.

C’est donc d’abord vers les assurances que doivent se tourner les victimes pour espérer une indemnisation. Il leur a été également recommandé de porter plainte contre X et de conserver des traces des dommages subis. Difficile pour ceux qui ont tout perdu de s’atteler à ces démarches administratives. D’autant plus difficile pour les moins fortunés, sans assurance, ou dont les contrats couvraient un minimum de risques.

Les collectivités locales ont annoncé qu’elles mettraient la main à la poche. Le Département a débloqué 1 million d’euros, la Métropole Aix-Marseille-Provence doit déployer un fonds de solidarité. Mais, en matière de solidarité, les initiatives citoyennes, ou émanant d’organismes, comme la Fondation Abbé Pierre (voir encadré ci-dessous) ont été les plus rapides à voir le jour.

Dès les premières heures suivant le sinistre, des collectes de dons ont afflué. Des commerçants de Manosque ont recueilli du linge ou de la vaisselle. Sur internet, le montant d’une cagnotte, destinée au centre équestre Les Collets Rouges, à Vitrolles, entièrement détruit, avoisinait début septembre les 20 000 €. Tout un réseau de générosité, pour apporter vivres, biens matériels, soutien financier, aide morale ou concrète, pour dégager les déchets, déblayer les voies d’accès, s’est mis en place dans les communes touchées. Une mince éclaircie au cœur de la désolation.

JAN-CYRIL SALEMI
Septembre 2016

Un toit pour tous

Fathi Bouaroua
, directeur de la Fondation Abbé Pierre PACA

La FAP a lancé une opération de soutien aux victimes les plus précaires.

« Notre mission est d’apporter une aide, financière ou matérielle, aux personnes en situation économique difficile. Nous le faisons tout au long de l’année, ce sont les « appels de détresse ». Dans le cas de ces incendies exceptionnels, nous avons augmenté les sommes prévues, autour de 1000 € par ménage, à ajuster selon les besoins. Nous ne versons pas les aides aux particuliers, nous réglons les factures des achats ou auprès de ceux qui réalisent des travaux. Nous sommes en lien avec les associations et les CCAS, qui nous transmettent les demandes.

Des personnes peuvent être propriétaires et pourtant démunies. Leur maison est leur seul bien. Parfois, elles n’ont pas les moyens de s’assurer, ou alors a minima, et nous devons les soutenir pour qu’elles ne restent pas isolées. Les fonds déployés par les collectivités concerneront aussi les équipements, les routes à refaire, pas seulement les victimes. Notre objectif est que personne ne soit oublié et que chacun ait un toit sain. »

Propos recueillis par J.C.S

Photos :
Marins-pompiers de Marseille en action lors de l’incendie du 10 août 2016 © Damien Hilt

Après l’incendie – Les Pennes-Mirabeau © JCS