Des campagnes de soutien aux salles marseillaises Molotov et Makeda sont lancées. Allez-y !

Après Le Molotov, Le Makeda fait appel à la solidarité du public

Des campagnes de soutien aux salles marseillaises Molotov et Makeda sont lancées. Allez-y !    - Zibeline

La suspension brutale des programmations et l’incertitude quant à la date de réouverture mettent les deux salles marseillaises en péril. 

Le Makeda venait de fêter sa première année d’existence quelques jours plus tôt. Mais le 13 mars, la salle de concert de la rue Ferrari qui a accompagné les soirées de plusieurs générations de Marseillais sous le nom de Poste à Galène baisse le rideau. Dès l’interdiction d’événements rassemblant plus de 100 personnes et jusqu’à nouvel ordre. « On était dans une période plutôt prospère, avec des concerts fréquents, un public qui commençait à devenir régulier, deux nouvelles embauches… », indique Aude Kaboré, l’une des deux fondatrices et responsables du lieu. Une interruption brutale qui, aggravant la fragilité inhérente à l’économie du spectacle vivant, met en péril la pérennité de la structure et de beaucoup d’autres. Car derrière des portes closes et une musique mise en sourdine, les charges demeurent importantes, notamment le loyer mensuel de 1500 euros. Mais pas seulement. Comme dans la plupart des cas, certaines dates sont purement et simplement annulées et d’autres en cours de report à la saison prochaine. 

« Pour les concerts reportés et que nous avions signés nous-mêmes, on ne demande pas le remboursement des sommes avancées même si l’événement a lieu un an après. En revanche, on rembourse les organisateurs avec lesquels on était en coproduction et on refera une avance quand la nouvelle date sera fixée. » Ces remboursements auxquelles s’ajoutent des factures qui n’avaient pas été payées avant le confinement grèvent une trésorerie déjà fragile, malgré le chômage partiel et les dispositifs d’aide financière mis en œuvre par le ministère de la Culture via le Centre national de la musique. Ce plan de secours pour les entreprises du spectacle vivant a permis au Makeda et à l’association Orizon Sud qui porte la structure de percevoir un soutien de 20 000 euros. « On s’est engagés à en reverser tout de suite 3000 aux intermittents et aux personnes avec qui on travaille, pour compenser l’annulation de dates et qu’eux aussi puissent vivre », précise Aude. Et d’espérer ne pas devoir attendre trop longtemps les réponses aux demandes de subventions adressées aux collectivités (Ville, Département et Région).

Campagnes de soutien
Mais devant l’absence de visibilité quant à l’après, l’équipe a décidé à lancer une campagne de soutien auprès du public en ouvrant une collecte en ligne sur un site de financement participatif. Un choix auquel se sont également résolus les confrères du Molotov, la salle militante des quartiers Plaine-Cours Julien. « On cumule des dettes qui deviennent compliquées. Tant qu’on n’a pas de clarté sur la reprise -et on fera sûrement partie des avant-derniers, les derniers seront les gros opérateurs-, rien ne peut être anticipé et encore moins annoncé. Surtout que l’on arrive dans les beaux jours et qu’après deux mois de confinement, les gens auront du mal à s’enfermer dans une salle. Mais il faut rester positif et se dire qu’on pourra travailler au dernier trimestre de l’année 2020 », explique Aude Kaboré. Les difficultés que traverse le Makeda le contraindront-elles à augmenter ses tarifs une fois la réouverture possible ? « Non, affirme la responsable, on tient absolument à garder notre dimension conviviale et citoyenne. On veut rester dans cette démarche d’accessibilité et optimistes, sans toucher aux prix ni d’entrée ni des consommations. On prévoit même une grosse soirée gratuite pour toutes celles et tous ceux qui nous auront soutenus. » 

Un autre appel est lancé, aux artistes celui-là. Dans la période de sortie progressive du confinement et en attendant l’autorisation de rouvrir au public, le Makeda propose d’accueillir des concerts à huis clos, dans le strict respect des règles sanitaires, retransmis en ligne. Avis aux bonnes volontés.

LUDOVIC TOMAS
Avril 2020

Pour soutenir Le Makeda : leetchi.com/c/soutienmakeda
Pour soutenir Le Molotov : leetchi.com/c/soutien-au-molotov 

Photo : Francine Ouedraogo Bonnot et Aude Kaboré, fondatrices du Makeda c Leo Alestro, CATRING