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Première scène nationale bicéphale en France : Châteauvallon à Ollioules et le Théâtre Liberté à Toulon réunis

Scène nationale Châteauvallon–Toulon : liberté, égalité, fraternité

Première scène nationale bicéphale en France : Châteauvallon à Ollioules et le Théâtre Liberté à Toulon réunis - Zibeline

Depuis le 22 décembre 2015, une scène nationale bicéphale, première en France, réunit le CNCDC Châteauvallon à Ollioules et le Théâtre Liberté à Toulon.

Le vide varois est ainsi comblé au regard des scènes nationales existantes en Paca : La Passerelle à Gap, le Théâtre des Salins à Martigues, le Théâtre du Merlan à Marseille et La Garance à Cavaillon.

Imaginée par Frédéric Mitterrand alors ministre de la Culture et de la Communication, et souhaitée par Hubert Falco, maire de Toulon et président de Toulon-Provence-Méditerranée, la scène nationale varoise est née au forceps ! Alors que le Théâtre Liberté était encore en chantier, la polémique faisait rage et il avait fallu le déplacement du ministre, le 31 juillet 2011, pour apaiser les esprits. Car tous s’interrogeaient déjà sur la coexistence de deux équipements culturels d’envergure dans l’agglomération toulonnaise, et a fortiori, sur un «label à deux têtes»… Quatre saisons plus tard, en avril 2015, la ministre de la Culture Fleur Pellerin signait un Pacte culturel avec la communauté d’agglomération TPM, avant d’officialiser en décembre l’attribution du label. Il aura donc fallu «toute l’opiniâtreté et l’obstination d’Hubert Falco» saluées par Christian Tamet, directeur de Châteauvallon et «la promesse droit dans les yeux de Fleur Pellerin» selon Pascale Boeglin-Rodier, co-directrice du Théâtre Liberté, pour faire accoucher cette idée que l’on croyait remisée aux oubliettes.

Théâtre des champs, théâtre de ville

L’eau a coulé sous les ponts et les deux structures, l’une accrochée à la colline d’Ollioules l’autre au cœur de la ville, n’ont pas attendu le décret pour travailler ensemble. Aujourd’hui, elles se félicitent de cette labellisation. Chacun à sa manière. «C’est bien, commente Christian Tamet, car Châteauvallon correspond depuis longtemps aux missions d’une scène nationale. C’est une vraie reconnaissance de 50 ans de travail. Ce n’est pas le succès de chacun mais celui du territoire. Et c’est une récompense pour Hubert Falco qui a porté le projet envers et contre tout». De son côté Pascale Boeglin-Rodier se réjouit de l’abandon de la tentation de fusionner les deux établissements («chacun a 90% de remplissage, il est donc nécessaire de garder les deux»), de la pérennisation des projets distincts et de l’autonomie des équipes dans ce nouveau cadre. L’association Union Châteauvallon-Liberté créée le 22 décembre, présidée par l’élu à la culture de la Ville de Toulon l’Amiral Tainguy, n’a pas d’activités propres ni de salariés ni de budget. Son rôle ? «Favoriser un vrai rapprochement même si, rappelle Pascale Boeglin-Rodier, on a déjà fait des gestes réciproques : l’harmonisation des tarifs, l’invitation réciproque aux lancements de saison et la répartition de nos actions sur le territoire». Il va donc falloir être imaginatif à l’avenir pour que le label fasse sens ! Mais sans un centime supplémentaire, car à eux deux les théâtres sont au-dessus du plancher du ministère (500 000 €). Chaque structure caresse néanmoins l’espoir de financements supplémentaires. Avec 2,100 M€ de dotation de TPM et 223 000 € de l’État, le Théâtre Liberté espère décrocher des crédits du ministère arguant de son activité de création : «On aimerait avoir les moyens de faire une création d’envergure par an. On ne lâche rien, on est gentil et doux mais tenace». Inversement, avec 569 000 € de dotation de TPM et 1,169 M€ de l’État, Châteauvallon rêve d’une augmentation de l’agglomération…

Hormis ce sujet épineux, les cumulus accumulés à l’origine au-dessus d’Ollioules et de Toulon semblent s’être évacués. Confiante, la directrice adjointe de Châteauvallon, Nathalie Anton, souligne «l’intérêt d’amplifier le travail déjà réalisé en complémentarité et en affinités avec des familles d’artistes différentes autour de la création contemporaine et de la musique». Et rappelle que les publics, là encore différents au départ, forment désormais un socle commun qui n’hésite pas à quitter le centre ville pour la campagne, et inversement.

MARIE GODFRIN-GUIDICELLI
Janvier 2015

Dates clefs Théâtre Liberté :
– 21 février 2003 : la ville de Toulon fait l’acquisition de l’ancien cinéma Gaumont Pathé pour en faire un théâtre municipal
– 28 juin 2008 : l’agglomération et le conseil communautaire décident d’en faire un équipement qui rayonne sur tout le territoire de Toulon Provence Méditerranée
– avril 2010 : nomination de Charles et Philippe Berling qui lui donnent une nouvelle destination, celui d’un théâtre de création et de diffusion pouvant bénéficier du label de scène nationale
– juillet 2011 : livraison du chantier
– 17 septembre 2011 : inauguration

Dates clefs Châteauvallon :
– 1965 : découverte du site par Gérard Paquet et Henri Komatis
– 1965-1977 : les années théâtre
– 1970-1973 : les années jazz
– 1977-1987 : un «pôle de création sur la côte méditerranéenne»
– 1987 : création du Théâtre National de la Danse et de l’Image et développement des résidences de création
– 1980-1995 : les années danse et sciences
-décembre 1998 : nomination de Christian Tamet à la direction du CNCDC

Photos : Façade du Théâtre Liberté © Art Com Art 8 et Le site de Châteauvallon © X.D-R.

Le-site-de-Châteauvallon-©-X.D-R


Châteauvallon – Scène nationale
795, chemin de Châteauvallon
BP 118
83192 Ollioules cedex
04 94 22 02 02
www.chateauvallon.com


Théâtre Liberté
Grand Hôtel
Place de la Liberté
83000 Toulon
04 98 00 56 76
www.theatre-liberte.fr