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Le réalisateur aixois s’est éteint à 51 ans

Rachid Oujdi, l’injuste clap de fin

• 23 janvier 2019, 2 février 2019 •
Le réalisateur aixois s’est éteint à 51 ans - Zibeline

Sa caméra ne nous interpellera plus. Ainsi l’a décidé un maudit infarctus, le 30 décembre dernier, à Saint-Malo où il passait les fêtes en famille. Après plusieurs années dans le tourisme, Rachid Oujdi débarque à la radio, à Radio France puis RMC. Dix années pendant lesquelles il explore différents créneaux, des chroniques cinéma à l’animation d’émissions quotidiennes. Polyvalent, il multiplie les expériences : animateur de projections-débats dans les cinémas d’Aix ou programmateur de festivals de films en Bretagne. Après quelques coups d’essai, Rachid se révèle dans le documentaire d’auteur, genre pour lequel il est plusieurs fois primé. La question migratoire dans sa diversité est au cœur de son travail. Après Les enfants de l’Ovale… Un essai qui transforme !, où il raconte comment l’arrivée du rugby redonne espoir et dignité à des habitants défavorisés au Maroc, il entre dans le vif du sujet. D’abord avec Perdus entre deux rives les Chibanis oubliés, qui retrace les vies déchirées de ces immigrés algériens retraités, venus travailler en France mais dont le retour au bled a fini par être plus compliqué que ce qu’ils avaient imaginé. Ensuite, avec J’ai marché jusqu’à vous, récits d’une jeunesse exilée, une plongée dans le quotidien chaotique des mineurs isolés étrangers qui débarquent à Marseille au terme d’un épuisant périple. Dans son dernier film, Moi, Magyd Cherfi – Portrait intimiste d’un chanteur devenu écrivain, Oujdi choisit de s’immiscer dans les pensées de l’ancien parolier de Zebda, groupe qui tient une place particulière dans sa discothèque. Loin d’un panégyrique, c’est un peu le portrait de toute une génération -la sienne- qui s’interroge sur son identité. Les projets ne manquaient pas ; un sur Rachid Taha, un autre sur SOS Méditerranée. Son regard subtil, son humilité, sa spontanéité et ses convictions humanistes vont manquer. Zibeline, qui suivait et appréciait son travail, adresse ses condoléances à ses proches et particulièrement à Sylvie, son épouse, à Amadou et Junior, leurs deux garçons.

LUDOVIC TOMAS
Janvier 2019

Extrait de « J’ai marché jusqu’à vous, récits d’une jeunesse exilée »

Extrait de « Perdus entre deux rives, les chibanis oubliés »

NDLR : En hommage au réalisateur, France 3 Provence-Alpes-Côte d’Azur diffusera le 23 janvier en 3e partie de soirée son film Récits d’une jeunesse oubliée, j’ai marché jusqu’à vous. Le 2 février, c’est au cinéma l’Alhambra qu’un hommage lui sera rendu, organisé par son épouse, et animé par notre journaliste Ludovic Tomas.

Photo : Rachid Oujdi c X-D.R_