Réaction du SYNDEAC à la baisse des budgets de la culture

Qu’ils crèvent les artistes…

Réaction du SYNDEAC à la baisse des budgets de la culture - Zibeline

 

C’est par ces mots de Tadeus Kantor que le SYNDEAC PACA (Syndicat national des entreprises artistiques et culturelles) commence son communiqué de presse du 2 avril. Qui passe en revue les baisses de budget des collectivités en 2013 : de 6 à 12% pour la Région, 12% pour le CG des Hautes-Alpes, de 10 à 50% pour les compagnies varoises, de 10% pour le CG 13 (en dehors de l’opéra de Marseille), et de 4.3% pour le ministère de la Culture. Les artistes de notre région ne sont plus seulement menacés : la catastrophe est là, ils ne pourront plus vivre.

Le SYNDEAC rappelle qu’on ne peut demander à un secteur exsangue, qui va de baisses alarmantes en sabrages successifs depuis des années, de participer à un effort demandé à chacun à cause de la crise. Il a raison : on ne prive pas de pain ceux qui meurent de faim, et les artistes, hors quelques-uns qui raflent toute la mise, sont devenus par des politiques d’exclusion successives les derniers bénéficiaires des dépenses culturelles, qui vont aux festivals et événements prestigieux, puis aux bâtiments, puis au fonctionnement matériel des lieux, puis à la diffusion, puis à la création si il reste quelque chose. Les artistes ont au mieux des salaires de misère, la plupart du temps le RSA ou de maigres indemnités, ou vivent d’autre chose… En tous les cas ils n’ont depuis plusieurs années déjà plus les moyens de produire. Priver aujourd’hui les entreprises culturelles de 10 à 15% de leurs subventions reviendrait à assécher totalement la part que celles-ci peuvent encore consacrer à la production. Sans artistes, les théâtres seront-ils amenés à ne produire que des conférences, les cinémas à ne projeter que du répertoire ou des blockbusters, les musées à vivre de leurs fonds sans pratiquer la commande publique, les salles de concert à diffuser de la musique enregistrée ? Est-ce la fin de la culture VIVANTE? Combien de temps tiendrons-nous avec des conserves, quand les artistes seront morts ?

Tenez vos engagements !

Toutes les collectivités de la Région s’étaient engagées à ne pas baisser leurs subventions à la culture durant l’année Capitale. Toutes les ont sabrées. Pas par plaisir, mais parce que leurs ressources diminuent… Non seulement elles ont financé leur participation en puisant sur leur budget courant sans l’augmenter, ce qu’elles avaient toutes promis, très officiellement, de ne pas faire, mais encore aujourd’hui elles tranchent avec une brutalité jamais égalée dans les subventions 2013. Alors même que chacun sait que la culture est un facteur de développement économique, ce qui prouve que, en plus de trahir leurs engagements, elles sont capables d’agir dans l’affolement immédiat contre leur intérêt à moyen terme.

Ces coupes dans les budgets de la culture ne sont pas une fatalité : les (vraies) dépenses culturelles sont une goutte d’eau dans l’océan des dépenses publiques, et il suffirait d’une volonté politique pour décréter que ces secteurs sont préservés. Aurélie Filippetti a courageusement coupé dans des dépenses concentrées à Paris et sur de grands projets, pour «sanctuariser» la création. Il faut désormais se battre pour que nos collectivités territoriales, qui voient leurs budgets généraux sabrés, conservent les moyens de mener d’une politique culturelle qui compense un peu l’insupportable centralisation des dépenses publiques, qui va contre les principes d’égalité de notre république.

AGNES FRESCHEL
Avril 2013

www.syndeac.org