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Yvette Vichy écrit à Christophe Castaner

Qui voudrait accueillir un cannibale à sa table ?

Yvette Vichy écrit à Christophe Castaner - Zibeline

Monsieur le Ministre,

Je tenais tout d’abord à vous féliciter pour votre nomination. Ministre de l’Intérieur ! Quelle distinction ! Cela honore notre région et fait la preuve éclatante de votre persévérance, et des vertus chrétiennes de notre pays de miséricorde : un joueur de poker socialiste peut être nommé Ministre d’État de La République en Marche pourvu qu’il soit bel homme. Vous l’êtes, indéniablement, et d’une virile maturité dont la main de fer saura, j’en suis certaine, guider notre Police afin qu’elle impose à notre pays de renouer avec son histoire.

J’en viens à l’objet de ma demande.

Je suis née en 1922, une année merveilleuse pour la belle ville de Marseille. Et oui, Monsieur le Ministre, j’ai eu la chance de voir le jour pendant l’exposition coloniale marseillaise, alors que toute la France se pressait pour venir admirer la grandeur de notre beau pays. Ma mère a même croisé Philippe Pétain dans les allées de l’exposition et notre maréchal me fit quelques risettes. C’est vous dire que je suis née sous de bons auspices !

Mais voilà, depuis la réduction de notre empire à ses frontières hexagonales, depuis que les Indigènes, au lieu de rester sur leurs rives, ont débarqué sournoisement dans notre belle ville, tout fout le camp. La France va mal, Monsieur Castaner, la France va mal. Et si je vous écris aujourd’hui, alors que vous avez atteint les sommets de l’État après avoir fréquenté les bas fonds de la ville, c’est pour que vous rassuriez mon cœur de patriote.

Vous n’ignorez pas que régulièrement de jeunes sauvages débarquent dans notre région après avoir pris des radeaux de fortune ou marché à travers des collines. Mieux, un bateau pirate plein de fellagas, de femmes enceintes et de sauvageons a voulu accoster directement dans notre belle rade marseillaise et semer sa sinistre cargaison sur les berges du Vieux-Port si joliment aménagées. Par bonheur, j’ai appris que les institutions marseillaises mises en place pour aider ces fuyards à obtenir des papiers, avaient fait grève au mois de septembre. Mais j’ai cru défaillir quand on m’a dit que nous devions loger et nourrir les indigènes mineurs, avec nos impôts et dans nos bâtiments !

Fort heureusement nos institutions locales ne respectent pas cette obligation. C’est une décision méritante et courageuse, qui doit être appuyée par vos services de Police. Il faut arrêter et enfermer ces sauvageons. Vous le savez, chez eux, ils sont cannibales et polygames. Vous devez protéger la jeunesse de France. Qui voudrait accueillir un cannibale à sa table ? Faites preuve de cet allant politique qui vous distingue, Monsieur le Ministre, et cachez-les à notre vue ! Ne vous laissez pas impressionner par les bolchéviques qui défilent avec leurs petites banderoles d’invertis ! Alors nous, les vrais Français, nous pourrons enfin défiler aux côtés d’En Marche en chantant « Marchons, marchons, qu’un sang impur abreuve nos prisons » !

Avec toute mon admiration pour votre faculté d’adaptation,

Yvette Vichy
Octobre 2018

Photo : Planche de timbres Maréchal Pétain -CC0-