Entretien avec Pierre Grafféo, pour sa dernière saison culturelle au Sémaphore de Port-de-Bouc

Quelle aventure Le Sémaphore !

• 17 octobre 2017⇒20 octobre 2017, 31 octobre 2017, 10 novembre 2017 •
Entretien avec Pierre Grafféo, pour sa dernière saison culturelle au  Sémaphore de Port-de-Bouc - Zibeline

29e et dernière saison programmée par Pierre Grafféo au Sémaphore à Port-de-Bouc. Après 29 ans passés à sa tête il fait valoir ses droits à la retraite, en décembre 2018.

Zibeline : Comment est né le Théâtre Le Sémaphore ?

Pierre Grafféo : Lorsque Jack Lang était ministre de la Culture il a fait en sorte que toutes les friches qui existaient sur le territoire national, si elles étaient investies d’un projet culturel, puissent être transformées en lieux culturels. Je n’avais qu’une idée en tête, qui était de permettre aux Port-de-Boucains, un milieu populaire et ouvrier dont je suis issu, de profiter de cette émotion particulière qu’apporte le théâtre. Avec l’accord du maire de l’époque, René Rieubon, on a pu investir les ateliers mécaniques de l’usine Saint-Gobain, où se trouve Le Sémaphore, et l’ancienne église qui est devenu le cinéma. Le premier spectacle qui y a été donné, c’est Le monde d’Albert Cohen. Jean-Louis Hourdin a été l’une de mes belles rencontres avant que je sois vraiment investi dans ce métier, c’est lui qui m’a donné envie d’y venir.

Puis on a avancé, pas à pas, jusqu’à être devenir, il y a une quinzaine d’années, une scène conventionnée pour les publics par l’État, et Pôle régional de développement culturel par la Région.

Cette saison est donc particulière !

Oui, elle dure un an et trois mois, jusqu’à mon départ. Il y a deux raisons à cela : la première c’est que j’assume tous les engagements que j’ai pris pour le lieu ; la seconde c’est que j’avais demandé à l’ensemble des tutelles (L’État via la Drac, la Région, le Département et la Ville) leur soutien sur l’année 2018, ce qui a été accepté. J’espère que ça perdura après, on a d’ailleurs une réunion avec l’ensemble des partenaires et des tutelles en octobre pour que tout soit clairement exposé et qu’on puisse d’ores et déjà travailler à la suite. J’espère pouvoir, dès la rentrée de 2018, accompagner mon ou ma successeur.

Cette saison, peut-être par sa durée, porte d’avantage l’action sur ce qui a été pour moi les axes que j’ai défendus chaque année en présentant un projet artistique différent. Il faut qu’il y ait une programmation éclectique, c’est essentiel. C’est un théâtre de ville, on veut s’adresser au grand public, à tout le monde donc. Pour le jeune public, il y a une programmation pendant les vacances scolaires, les actions « artistes au lycée » et « artistes au collège », le projet J’habite une ville, mené avec les centres sociaux et les habitants de la ville à qui l’on demandera comment ils la fantasment.

Il a toujours, aussi, une attention particulière portée aux artistes de la région

Oui, parce que j’ai toujours considéré qu’un théâtre implanté dans une région a une responsabilité sur la création artistique de celle-ci. Il y a tellement d’artistes et tellement de talents ! D’ailleurs la plupart des compagnies qui sont en longue résidence, de septembre à juin, sont des compagnies régionales. Cette année on retrouve Gorgomar, Lanicolacheur avec Ponce Pilate, Haïm Menahem avec Trois Perrault sinon rien, Eva Doumbia (qui va animer les ateliers théâtre, fera « artistes au lycée » et présentera Badine, sa prochaine création), Jeanne Béziers avec Le chant du hamac et Ophélie, Agnès Régolo avec Ubu roi, Christian Mazzuchini avec Dingo-Dingue

Quelle forme prendra la dernière soirée programmée dans cette saison hors normes ?

Je ne sais pas et je ne veux pas y penser maintenant ! J’ai envie de dire au revoir, et merci, à l’équipe, au public qui est venu ici, j’ai envie que tous ceux qui m’ont soutenu jusqu’à maintenant puissent être là. De quoi est-ce qu’elle va être nourrie je ne sais pas. Pour l’instant c’est une grande invitation à venir faire la fête !

Propos recueillis par DOMINIQUE MARÇON
Septembre 2017

Au programme du mois :

17 au 20 octobre (dans les centres sociaux) : Monsieur Mouche
Factotum dans un théâtre, et attendant qu’on ait besoin de lui, il a du temps pour s’amuser, faire de la musique et chanter. Le tout avec une maladresse hilarante ! (8 octobre à Grans).

31 octobre : Le Petit chaperon rouge
Tiphaine Guitton (La Petite Compagnie) met en scène le texte de Joël Pommerat, une réécriture contemporaine du conte qui en fait une ode délicate à la curiosité, au son d’une viole de gambe.

10 novembre : Sarah McKenzie
La chanteuse-pianiste-compositrice australienne joue et chante son dernier album Paris in the rain, qui alterne les standards du genre et des compositions originales.

Photo : Le Petit chaperon rouge, La Petite Compagnie c X-D.R


Théâtre le Sémaphore
Centre Culturel
rue Turenne
13110 Port-de-Bouc
04 42 06 39 09
www.theatre-semaphore