Soirée spéciale autour du film de Shu Aiello et Catherine Catella, Un paese di Calabria

Yes we can

• 15 février 2017 •
Soirée spéciale autour du film de Shu Aiello et Catherine Catella, Un paese di Calabria - Zibeline

A la suite de la sortie nationale de leur film Un paese di Calabria le 8 février, Shu Aiello et Catherine Catella seront aux Variétés le 15,  à 20h00 pour une séance spéciale organisée par le cinéma en partenariat avec la Région PACA et la Fondation Abbé Pierre.

Leur documentaire retrace l’expérience de Riace, un village de Calabre sauvé par l’arrivée des Migrants sous l’impulsion de son maire Domenico Lucano. Zibeline l’avait découvert en 2015, dans le cadre des Rencontres Films Femmes Méditerranée et en rendait compte :

«Ceux qui sont partis ne reviendront pas. D’autres arriveront. C’est l’histoire des hommes. Il n’y a rien à dire de plus.» : c’est sur ces mots que s’achève la chronique de ce petit village calabrais dépeuplé, menacé par la spéculation, la ruine, la mafia calabraise (la ndrangheta) et qui, à partir de 1998, a développé un accueil exemplaire des Migrants échoués sur ses rives. Kurdes, Éthiopiens, Afghans, Gambiens, Ghanéens, Somaliens… sont passés par là. Beaucoup sont repartis vers les grandes villes. Certains sont restés, revivifiant l’économie du pays.

Les cinéastes ne donnent pas de leçon de morale. Elles font voir. Le paysage beau à couper le souffle, les champs escarpés, les chèvres, la route unique grimpant au village, les ruelles, les maisons abandonnées ou réinvesties. Les vieux au bistrot ou sur un banc à côté de jeunes migrants qui chantent Bella Ciao, la professeure à l’œuvre pour donner les rudiments d’italien à ces ados turbulents, souvent traumatisés, la réélection du maire, l’église où on prie dans toutes les langues tous les dieux, et qui ouvre ses portes à une fanfare fellinienne, la procession baroque des Saints Cosma et Damiano.

Elles font entendre aussi. L’histoire des natifs qui ont quitté Riace croise celle, tragique, jalonnée de morts, de viols, d’exactions, de ceux qui ont fui la misère et la violence de leurs pays. Orchestration des voix, précédant en off l’apparition du locuteur, résonnant sur son visage muet ou sur l’image récurrente et métaphorique du ressac sur la grève. Témoignages frontaux aussi et lamenti semblant naître de la terre. Universalité de l’exil et de l’enracinement.

La projection de ce film nécessaire qui montre que oui, il est possible d’avoir d’autres politiques que le repli et d’autres attitudes que le soupçon, sera suivie d’un débat animé par Florence Pazzottu.

ELISE PADOVANI
Février 2017

Photo : Copyright Juste Distribution


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