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La saison 2016-2017 du Pavillon Noir à Aix en Provence

Voyage à travers les danses

La saison 2016-2017 du Pavillon Noir à Aix en Provence - Zibeline

2016 est une année particulière dans la vie du Pavillon Noir, et 2017 celle du renouveau. Dix ans après son inauguration, le début de saison se joue sur le mode intimiste avec des propositions dans le grand studio, au plus près des danseurs ; en janvier, une fois les travaux d’extension du hall d’accueil terminés, le théâtre s’ouvrira à nouveau aux « spectacles déchaînés ». C’est donc au Grand Théâtre de Provence, en septembre, qu’Angelin Preljocaj a dévoilé sa nouvelle création, La Fresque, qui commence une tournée internationale, ainsi que Roméo et Juliette, Blanche Neige, la Soirée Duos. Pas moins de 7 programmes naviguent de Brisbane à Versailles. Peu présent dans la région -Gap, Istres, Draguignan et Fréjus- le Ballet reviendra avec l’été au Grand Théâtre d’Aix, à la Criée, à Montpellier Danse et Châteauvallon.

Tunisie, Italie, Espagne, Israël, France : le Pavillon Noir continue son petit tour du monde de la danse, délaissant temporairement le continent noir qui fit les beaux jours des programmations précédentes. Sa curiosité pour les jeunes talents est toujours vive, comme son attention à une danse « engagée », faisant siens les soubresauts du monde et la complexité des relations humaines. Impossible de rester sourd au sextet de Syhem Belkhodja : Les frontières de l’invisible exsude la peur, l’angoisse des migrants, les rêves inaccessibles. Dans Game, Hervé Chaussard choisit de faire bouger les lignes entre science-fiction et réalité comme un écho aux mutations, transformations, substitutions d’aujourd’hui… La pièce de Roser Montllo Guberna et Brigitte Seth, Esmérate ! (fais de ton mieux !), manie le verbe et la danse avec volubilité, les corps tantôt curieux, tantôt inquiets, tantôt joyeux, en phase continue avec les émotions humaines. Inbal Pinto et Avshalom Pollak profitent de l’apparente humeur foutraque de Wrapped pour faire voler en éclats les stéréotypes des rapports déséquilibrés entre les hommes et les femmes. On rit volontiers de ces caricatures plus vraies que nature.

Les autres invités du Pavillon Noir ont en commun d’explorer les langages formels, de travailler les structures musicales, ou d’inventer des dispositifs visuels et scéniques époustouflants. La durée, le rythme, le temps qui scandent à toute allure la proposition équilibriste de Maguy Marin, Bit, comme la longue boucle lancinante que forme Entropy de Noa Shadur forcent l’admiration. La pluie d’étoiles qui tombe sur Pixel de Mourad Merzouki, les cinq mille fils de nylon qui enveloppent Kaori Ito, « prisonnière » de Plexus d’Aurélien Bory, laissent rêveurs.

D’autres haltes composent ce voyage à travers les danses, de Merce Cunningham à Christian Rizzo, de Katia Medici à Francesca Foscarini et Arthur Perole. De Michel Kelemenis qui décloisonne les styles dans sa création jeune public Rock & Goal, à Christian Ubl, artiste en résidence cette saison, qui place sa nouvelle création Stil sous le signe du mouvement autrichien Jugendstil. Une manière d’opérer un retour personnel aux sources chorégraphique, esthétique, pictural et familial.

MARIE GODFRIN-GUIDICELLI
Septembre 2016

Photo : Les frontières de l’invisible © Jean Barak


Pavillon Noir / Ballet Preljocaj
530 avenue Mozart
13627 Aix-en-Provence
08 11 02 01 11
http://www.preljocaj.org/