Une saison de mutation et d'itinérances pour le Théâtre Vitez d'Aix-en-Provence

Vitez (dé)fait le mur…

• 17 octobre 2017 •
Une saison de mutation et d'itinérances pour le Théâtre Vitez d'Aix-en-Provence - Zibeline

Mue et migration pour notre théâtre universitaire préféré : hors les murs jusqu’en janvier 2018 puis dans le Cube au cœur d’un campus tout neuf l’an prochain, départ de Danielle Bré, arrivée de Louis Dieuzayde à la présidence… Pourtant la saison 2017-2018 n’a rien de passe-muraille et assure fermement encore l’accueil et l’accompagnement de productions singulières aptes à faire sens.

On y entendra de Sabine Tamisier le Lamento de Livia, en proie à l’alcoolisme, et les mots de la fin de l’œuvre-vie de Duras dans la bouche de Nicolas Guimbard. On y verra les apprentis-comédiens grimper aux monuments Genet –Q(uerelle de Brest) entre bar et prison sous le regard décapant de Geoffrey Coppini– et Euripide –Les Suppliantes que Cyril Cotinaut mettra à l’épreuve de Brecht et de la modernité. Le même, qui dirige le TAC Théâtre, fera entendre à travers la voix du Timon d’Athènes de Shakespeare, celles de Marx et de Machiavel : un homme très riche peut-il changer le monde ? Chiche !

Plateau brûlant aussi pour La Cie La Paloma qui se frotte au vigoureux Trust de Falk Richter : krach boursier et langue brisée, crise de la confiance et esprits fracassés, du pain sur les planches ! Mais il faut bien vivre nous diront Antoine Wellens et les Primesautier dans une triple mise en abyme, ouvrant à partir de l’œuvre du « sociologue du pauvre » Richard Hoggart sur un soap-opera réflexif en 33 épisodes. À voir ! Mais ce sont peut-être les Vagabondes d’Alain Béhar, plantes vivaces indomptables, qui nous feront sauter les murailles (en janvier, fais ce qu’il te plaît) ; entre végétal et digital, la quête foisonnante d’un écrivain procrastinateur qui cultive à l’infini son jardin…

MARIE-JO DHO
Octobre 2017

Théâtre Vitez, Aix-en-Provence

Photo : Les vagabondes, Alain Béhar © X D R

AU PROGRAMME DU MOIS :

17 octobre (au CSC La Provence) : Carnet d’automne
Pas de mélancolie, que de la gourmandise et de la poésie. Matrone, pianiste, chanteuse, l’ombre des femmes depuis la fin de l’empire romain et d’après les Tablettes de Buis de Quignard / Apronenia. Une méridienne, un guéridon : la complicité joueuse de Danièle Bré et de ses compagnes fera le reste.

Théâtre Antoine Vitez
29 Avenue Robert Schuman
13100 Aix-en-Provence
04 42 59 94 37
http://theatre-vitez.com/