Les Suds à Arles, référence dans la pléthorique liste des festivals de musiques du monde

Vingt d’honneur pour les Suds

• 13 juillet 2015⇒19 juillet 2015 •
Les Suds à Arles, référence dans la pléthorique liste des festivals de musiques du monde - Zibeline

Depuis 1996, tous les ans pendant une semaine en juillet, un festival atypique s’installe dans la plus grande commune de France. Au fil des ans, Les Suds à Arles sont devenus une référence internationale dans la pléthorique liste des festivals de musiques du monde. Mais l’événement arlésien propose bien plus que de la musique. Il invite à observer l’actualité du monde et la créativité de ses cultures pour inventer cette mondialisation positive où les diversités nous rendent semblables parce qu’humains. «Faisant fi de la marchandisation de la culture et de la peur sclérosante de l’Autre, nous pensons que ces musiques de la mondialité ouvrent la porte à d’autres manières d’exister au monde», indique la directrice Marie-José Justamond, inspirée par la pensée d’Albert Jacquard, Edgar Morin ou Edouard Glissant.

Pour cette 20e édition, l’équipe des Suds a construit une programmation fidèle à sa ligne de conduite fondatrice : l’exigence artistique au service d’une fête populaire. Une nouvelle fois, artistes de renommée internationale, créations inédites et talents en émergence alterneront sur les différentes scènes de la ville dont le patrimoine et l’étendue exceptionnels sont judicieusement valorisés. Sensible aux mouvements qui questionnent le monde, le festival consacre plusieurs de ces grandes soirées à des artistes venus de pays en résistance ou en effervescence. Les Cubains de l’Orquesta Buena Vista Social Club dont Omara Portuondo et Eliades Ochoa, en tournée d’adieu, feront danser le théâtre antique. Suivront une soirée franco-maghrébine avec le Tunisien Dhafer Youssef, en première partie de la création Taziri de Titi Robin et Mehdi Nassouli. Les rebelles et l’espoir de l’Europe avec deux femmes engagées et deux grandes voix, la Grecque Maria Farantoùri et l’Espagnole Rocío Márquez. L’âme tsigane du légendaire Taraf de Haidouk et l’énergie africaine de Vaudou Game composeront un plateau particulièrement festif. Dans l’atmosphère intimiste des «Moments précieux» de la cour de l’Archevêché, on prendra plaisir à écouter Lena Chamamyan (Arménie-Syrie) ; Kintsugi, la création de Gaspar Claus, Serge Teyssot Gay et Kakushin Nishihara ; Sirventès, le dernier projet de Manu Théron avec Youssef Hbeisch et Grégory Dargent ; le Réunionnais Zanmari Baré, héritier de Danyèl Waro. Ambiance électrique et post-industrielle en revanche, avec les «Nuits des forges» aux anciens ateliers SNCF, en compagnie de Batida, Imhotep ou encore la Dame Blanche. Dans l’esprit de «la Nuit» qui fut blanche en 2013 dans le cadre de la capitale européenne de la culture, les Suds, ont imaginé cette fois «la Nuit des fleuves», pour un 14 juillet qui verra converger sur les quais de nombreux publics, musiciens professionnels et amateurs vers un dialogue entre le delta du Rhône et celui du Mississippi, avec, entre autres, les Marseillais Raphaël Imbert et Pierlau Bertolino trio. Sans oublier les salons de musique, les scènes en ville, les siestes musicales, les ballades au fil du Rhône, les nombreux stages, débats et projections.

THOMAS DALICANTE
Juin 2015

Les Suds
du 13 au 19 juillet
Arles
04 90 96 06 27
www.suds-arles.com