Vergine Giurata de Laura Bispuri, le 19 avril à l'Institut Culturel Italien de Marseille

Vergine Giurata

• 19 avril 2016 •
Vergine Giurata de Laura Bispuri, le 19 avril à l'Institut Culturel Italien de Marseille - Zibeline

Le 19 avril à 18h à l’Institut Culturel Italien de Marseille, dans le cadre de la journée d’études de l’Université d’Aix-Marseille «Ecritures migrantes: du transculturel au transmédial» consacrée aux transpositions cinématographiques et documentaires de la littérature migrante, projection de Vergine Giurata en présence de la réalisatrice Laura Bispuri et d’Anna Proto Pisani du CAER de l’Université d’Aix-Marseille.

« Hana orpheline a été recueillie par Arkan. Elle devient la sœur adoptive de Lila, dort dans sa chaleur, court avec elle sur les chemins, cheveux longs au vent. Un peu trop libre d’esprit pour ce village d’Albanie où les femmes passent de la loi des pères à celles de maris qu’elles n’ont pas choisis, travaillent dur et meurent autour de la soixantaine. Lila décide de fuir ce destin avec le garçon qu’elle aime. Hana de rester, de devenir Mark pour vivre comme un homme. Après 14 ans de séparation et la mort des parents, Hana/Mark quitte L’Albanie pour retrouver Lila à Milan. Deux choix, deux mondes, deux époques juxtaposées à l’écran par des flashbacks qui reconstituent le parcours des deux sœurs.

La réalisatrice suit avec délicatesse le voyage dans l’espace qui déplace Mark, des âpres montagnes albanaises à la grande ville italienne comme le voyage intime qui l’a mené d’Hana à Mark et le conduit irrévocablement de Mark à Hana. La recherche d’identité dans un dédoublement qui est aussi déchirement, est admirablement incarnée par l’actrice Alba Rohrwacher dans ses habits masculins, la poitrine bandée et rentrée, le buste maigre, légèrement voûté, les yeux perdus, fuyants , et dont le visage progressivement s’adoucit, s’éclaire. La métamorphose s’opère sans beaucoup de discours, par le corps lui-même, l’irritation d’une peau qui ne supporte plus le bandage, l’ajustement difficile d’un soutien-gorge. Par la découverte aussi de celui, dénudé des autres, à la piscine où la fille de Lila pratique la natation synchronisée.

Neige, torrents, mer, piscine, baignoire : l’eau gelée, tumultueuse, domestiquée, obstacle ou plaisir, accompagne Hana dans son parcours. Vénus ne naît-elle pas toujours des flots?

«Ce que tu ne ne veux pas voir, tu le fuis ; moi je le regarde en face» dit Hana / Mark à Lila et cette dernière lui rétorque qu’on peut regarder en face sans rien voir. Hana a cru choisir la liberté en restant dans un pays qu’elle aimait auprès de gens qu’elle aimait, mais peut-on être libre en renonçant à être soi-même ? » Elise Padovani

ANNIE GAVA
Avril 2016

Photo © Pretty Pictures


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