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32ème édition du festival Les Musiques, le rendez-vous des musiques de création à Marseille

Venez écouter Les Musiques et les femmes !

• 9 mai 2019⇒18 mai 2019 •
32ème édition du festival Les Musiques, le rendez-vous des musiques de création à Marseille - Zibeline

Du 9 au 18 mai le Centre National de Création Musicale propose 30 événements et 20 créations dans 12 lieux marseillais.

Il est le temps fort de l’année, celui que l’on attend lorsqu’on aime les musiques nouvelles, celles qui cherchent, explorent, entrent en dialogues avec les électroniques, les improvisées et du monde, s’acoquinent avec le théâtre et la danse mais s’affirment, sans prétention ni ostentation, résolument contemporaines.

Les Musiques est un festival de création organisé par le plus important Centre National de Création Musicale de France (hors Paris). Il est aujourd’hui la partie audible de l’iceberg, constitué de résidences qui se succèdent tout au long de l’année, aboutissent à des commandes nombreuses et des productions croisées avec les autres CNCM, fabriquent les musiques d’aujourd’hui et de demain.

Si on peut régulièrement assister à des concerts conviviaux autour du Module, le GMEM concentre désormais la diffusion en mai, dans ce festival devenu unique : exit Reevox, qui faisait dialoguer les musiques électroniques, et les Nuits d’Hiver du GRIM qui avait fusionné son festival de musiques improvisées avec celui du GMEM. On peut le regretter : Christian Sebille, directeur du GMEM, affirme vouloir conduire une programmation plus régulière, moins festivalière, avec un seul temps fort par an. Mais plus matériellement le GMEM a subi une coupe sauvage du Département 13, qui explique aussi cette concentration.

Il propose néanmoins un festival exceptionnel. D’abord parce que, pour la première fois, les compositrices y sont aussi nombreuses que les compositeurs ! Sur scène, des femmes chantent et dansent, mais aussi jouent des instruments ! Fier d’être enfin parvenu à cette parité, Christian Sebille soulignait en conférence de presse que c’est en passant commande, en incitant, mais surtout en regardant au-delà de ses propres réflexes référentiels qu’il y était parvenu…

Au programme

Le festival est conçu pour qu’on s’y immerge pleinement, les soirées et les week-ends, sans discontinuer, en enchaînant concerts, performances, visites d’installations et spectacles. Tout y est passionnant, en particulier :

Bascules (14 mai), de Lucie Antunes, percussionniste compositrice et inventrice d’un instrumentarium spectaculaire, qui la met en danse. Elle est accompagnée d’un oudiste et d’un danseur circassien qui chute. Le trio avait présenté les prémices du spectacle lors d’une Sirène de Lieux publics, fascinante.

Autre spectacle immanquable, La Conférence des oiseaux de Michaël Levinas (11 mai), repris plus de 30 ans après sa création par l’ensemble 2e2m, avec une soprano renversante (Raquel Camarinha) et deux comédiens d’exception (Lucas Hérault et Nicolas Lormeau). Ou encore la création de Benjamin de La Fuente autour d’une répétition de L’Histoire du Soldat de Stravinsky qui dégénère (17 mai)… Et bien sûr le Grand Ensemble de Pierre Sauvageot qui accroche aux balcons l’Orchestre d’Avignon (12 mai).

De la danse aussi, avec Michèle Noiret (18 mai), chorégraphe belge familière du festival, qui reprend son Palimpseste en duo : les corps y suivent avec une précision et une écoute limpides les lignes et les timbres de la partition de Stockhausen Tierkreis. À l’inverse, Ola Maciejewska dans son Concert dansé confie aux corps des interprètes le déclenchement des sons (16 mai).

Les concerts font bien sûr l’essentiel du programme : un trio de musique improvisée emmené par Jean-Marc Montera, Noémi Boutin au violoncelle pour un concert culinaire, le Quatuor Tana pour 3 créations et un peu de Bartók, Ulrich Krieger et sa musique acoustique augmentée d’électronique…

Il faut souligner également la place faite, chaque année, à L’émergence des classes de composition électroacoustiques du Conservatoire de Marseille et de la Cité de la Musique. Et le très beau projet participatif des Pupitres de la Cayolle : 100 musiciens issus de ce quartier à « l’histoire sociale riche et au présent complexe », c’est-à-dire populaire et déshérité, jouent du violon et chantent en chœur, adultes et enfants mêlés, accompagnés par l’ensemble C Barré (17 mai).

Autre point fort, les installations : Pôm Bouvier-b et Elisa Portier créent un parcours qui s’écoute au casque et au smartphone, ouvrant des fenêtres de sons solitaires à la Cité Radieuse (Le Corbusier), Anne-Laure Pigache et Anne-Julie Rollet font entendre les voix inaudibles des schizophrènes dans un concerts de radios…

Avant-goût

Mais avant cela, en prélude au Festival, vous êtes invités à venir essayer des fringues aux Galeries Lafayette : 5 compositrices internationales (Liban, Égypte, Grèce, Maroc et France) proposent d’écouter des Escales plus ou moins abstraites ou documentaires qui disent leur ville dans l’espace intime de 5 cabines d’essayage… Une idée inédite d’art dans un « espace public » paradoxal, à expérimenter dès le 30 avril, librement !

AGNÈS FRESCHEL
Avril 2019

Les Musiques
9 au 18 mai
Divers lieux, Marseille
gmem.org

Photo : Bascules, Lucie Antunes -c- Anne Gayan