Entretien avec Sylvia Vaudano à propos de nouv.o.monde, festival cinéma de Rousset et Pays d’Aix

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Entretien avec Sylvia Vaudano à propos de nouv.o.monde, festival cinéma de Rousset et Pays d’Aix - Zibeline

Sylvia Vaudano, directrice des Films du Delta, présente la 9e édition du festival cinéma de Rousset et Pays d’Aix. Une riche programmation qui fait la part belle aux réalisatrices.

Zibeline : Promouvoir un cinéma d’auteur riche, exigeant et de qualité ouvert et accessible à un public large, créer des espaces d’échanges autour du cinéma, est-ce encore la ligne artistique des Films du Delta ?

Sylvia Vaudano : Oui, toujours, mais la ligne a bougé. Au départ c’était autour de la création en région, « Provence, terre de cinéma ». En prenant la direction, je me suis dit qu’il fallait s’ouvrir sur le monde. C’est devenu nouv.o.monde. On s’est posé la question des jeunes réalisateurs, émergeants ou plus confirmés : quel est leur regard de cinéaste sur les transformations du monde ? L’œil de l’artiste est important pour accompagner ces changements et aussi réinventer le monde de demain.

D’où les deux temps forts dans l’année : Courts- Bouillon en décembre et nouv.o.monde en mars ?

S.V. : J’avais envie de développer le court-métrage, un espace très libre, où il y a moins de contraintes financières, très créatif. On voit les préoccupations intimes des cinéastes dans ces premiers films. Le court a une place primordiale dans Courts-Bouillon mais il y a aussi des séances thématiques dans nouv.o.monde.

Certains festivals ont eu des coupes sombres dans leur budget. Est-ce le cas pour Les Films du Delta ?

S.V. : Oui ! En 2018, il y avait eu une promesse de pérennisation, suivie d’une coupure nette et franche du jour au lendemain, de la part de la Région ! Les actions étaient entamées. Cela a été très compliqué mais on a relevé les manches pour trouver des solutions et perdurer. D’autres institutions ont joué le jeu à nos côtés pour pallier le manque. Pour 2020, on reste quand même avec un institutionnel de moins.

nouv.o.monde se tient du 20 au 29 mars. Est-ce que tout se passe à Rousset ?

S.V. : On a une journée à Trets depuis sept ans et tout un travail d’éducation à l’image. 3000 personnes sont concernées par des ateliers. Un travail de fourmi, mais conséquent pour un petit festival comme nous. Et une journée à Aix, le 24 mars avec l’avant-première du nouveau film d’Haifaa Al Mansour, The perfect candidate, le combat courageux d’une jeune femme en Arabie saoudite.

Pour 2019, 33 films étaient présentés, avec 17 pays, une vingtaine d’invités, 13 séances publiques, 3 séances de courts-métrages. Qu’en est-il en 2020 ?

S.V. : On rouvre 3 nouvelles séances. 35 films, une trentaine d’invités. Une programmation autour de Jean-Claude Izzo et de son rapport à Marseille, avec deux films : Les Marins perdus et on accueillera Claire Devers. Karim Dridi sera là pour Chouf.

Quels sont les moments forts de votre programmation ?

S.V. : Un film inédit, présenté à la Berlinale, Père de Srdan Golubović . On a la chance qu’un coproducteur français qui a un coup de cœur pour notre festival nous l’amène. C’est un film très fort sur la problématique de la pauvreté dans la Serbie d’aujourd’hui ; un film universel, la bataille d’un père pour garder ses enfants. Bouleversant et cinématographiquement très fort. (le 28 à 20h30). Il y aura aussi beaucoup d’avant-premières et d’inédits. Un film kényan que Vincent Virgili, mon collaborateur, a déniché, une petite perle qu’on peut voir en famille, estampillé « Votre 1er film sous-titré » : Supa Modo de Likarion Wainaina, sur le pouvoir de l’imagination et du cinéma.  Une soirée autour de la danse qui me tient personnellement à cœur avec un film d’Icíar Bollaín, Yuli, sur un gamin des rues de Cuba devenu un danseur étoile (Carlos Acosta) et qui, sa carrière achevée, est revenu à Cuba pour transmettre son art. Un ancrage social et un regard nouv.o.monde sur ces problématiques de transformation. La projection sera précédée d’un ballet de 20 minutes de la Cie Norma, en résidence au pavillon Noir. Un croisement de regards entre danse et cinéma.

Et si on ne peut voir qu’un seul film ?

S.V. : Choix cornélien ! Le Père et pour le fun, Il Campione  de Leonardo D’Agostini, avec l’excellent Stefano Accorsi, une belle comédie. Une histoire d’amitié qui se passe dans le monde millionnaire du football professionnel italien.

Entretien réalisé par ANNIE GAVA*
Février 2020

* qui suggère d’aller voir aussi Honeyland de Tamara Kotevska et Ljubomir Stefanov, non distribué en France.

Retrouvez toute la programmation ici.

nouv.o.monde
20 au 29 mars
filmsdelta.com

Salle Emilien Ventre
Boulevard de la Cairanne
13790 Rousset
04 42 29 00 10
http://www.rousset-fr.com/