Entretien avec Pascale Boeglin-Rodier et Charles Berling, à la tête de la Scène nationale Châteauvallon-Liberté

Un territoire en synergie

• 26 septembre 2019⇒28 septembre 2019 •
Entretien avec Pascale Boeglin-Rodier et Charles Berling, à la tête de la Scène nationale Châteauvallon-Liberté - Zibeline

Désormais soudés, Châteauvallon et le Théâtre liberté proposent une programmation qui entre en résonance avec leur identité et leur histoire.

Zibeline : Quel est l’ADN de la scène nationale qui permet aux deux lieux de se fédérer ?

Pascale Boeglin-Rodier : La pluridisciplinarité, la présence des compagnies régionales et, cette année, la parité entre metteurs et metteuses en scène, auteurs et auteures.

Charles Berling : En plus de la pluridisciplinarité naturelle, c’est aussi le mélange du cinéma, des arts plastiques, des conférences, etc. C’est faire en sorte que les deux institutions combinées fonctionnent avec de multiples activités liées à la programmation, qu’elles invitent à une participation du public plus qu’à une consommation de spectacles. Il est important de ne pas réduire ces institutions à des réflexes consuméristes. La pluridisciplinarité n’est pas seulement celle des arts que l’on présente en tant que spectacles, c’est aussi tout ce que l’on fait autour, en périphérie, avec.

B.-R.: Les artistes invités pour un spectacle participent à des actions culturelles, d’autant plus à Châteauvallon qui est un lieu de résidence.

Les Théma du Liberté se présentent comme une caisse de résonance à l’actualité sociale, culturelle, politique…

B.: Les Théma s’inscrivent dans une chose très importante pour nous. Les institutions culturelles ne sont pas seulement des lieux de divertissement où l’on évite tous les sujets brûlants de la société mais, simplement, grâce aux Théma et à la pluridisciplinarité, nous pouvons aborder des thèmes communs à tous dans la vie et dans les territoires. C’est par l’art et toutes les contributions artistiques que l’on peut s’inscrire profondément au niveau du sens dans la société actuelle.

B.-R.: Les Théma ont vraiment trouvé leur rythme de croisière avec des propositions de qualité. Nous nous laissons une totale liberté en fonction de nos aspirations, de la programmation elle-même, des thèmes d’actualité. Comme « Un jeu d’enfant » en novembre qui fait écho à l’exposition Picasso au Musée d’art de Toulon.

Jean-baptiste Sastre est artiste associé cette saison, pour quel projet ?

B.-R.: L’opération « Le Retour des Lucioles » à Châteauvallon est née de Jean-Baptiste Sastre, choisi précisément parce qu’il a la particularité de passer son temps avec les gens, les collégiens, les associations des migrants, des femmes battues, etc. Nous adorons ce genre de projet car il nous permet de mêler l’artistique et l’écologie, le travail participatif, la mise en valeur du site, d’organiser des ateliers avec les enfants. Il est parfaitement adapté à notre ADN et aux idées que l’on défend. Ce nouveau projet s’inscrit dans la longue liste des actions et des ateliers que nous organisons.

B.: Nous enfoncerons le clou dans les années à venir pour que toutes les générations s’approprient la culture et non la subissent. Nous continuons à le dire : nous sommes des passeurs.

Propos recueillis par Marie GODFRIN-GUIDICELLI
Septembre 2019


Coup de coeur :

Vivre sa vie
Vivre sa vie en 1962 comme dans le film de Jean-Luc Godard ou vivre sa vie en 2019 sur une scène de théâtre, quelles résonances ? Créée au Théâtre des Halles cet été au Festival Off d’Avignon, la nouvelle pièce mise en scène par Charles Berling fait dialoguer la matière filmique avec le théâtre, la vidéo et la musique autour d’un formidable trio de comédiens : Pauline Cheviller dans le rôle d’Anna Karina (même fragilité gracieuse), Sébastien Depommier et Hélène Alexandridis tour à tour homme ou femme. À l’avant-scène l’histoire de Nana, une petite vendeuse de magasin parmi des milliers d’autres qui quitte Paul et son enfant pour devenir actrice ; derrière le miroir, ce qui se trame dans sa vraie vie et les dessous violents de la prostitution. Derrière l’illusion, la réalité cruelle… Douze tableaux -comme dans l’œuvre originelle- qui font chanter la vie sur les riffs de guitare de Grégoire Léauté.

Vivre sa vie est donné en ouverture de saison du 26 au 28 septembre à Châteauvallon, Ollioules


Notre sélection :

Plaidoyer pour une civilisation nouvelle
Jean-Baptiste Sastre
11, 12, 13 & 15 octobre, Le Liberté

XYZ ou comment parvenir à ses fins
Georges Appaix
15 octobre, Châteauvallon

La Vie de Galilée
Claudia Stavisky
17 & 18 octobre, Le Liberté

Une saison en enfer
Ulysse Di Gregorio
14 au 16 novembre, Le Liberté

Lewis versus Alice
Macha Makeïeff
21 & 22 novembre, Le liberté

La Fin de l’homme rouge
Emmanuel Meirieu
13 et 14 décembre, Châteauvallon

Vader
Peeping Tom
18 et 19 décembre, Le Liberté

Quintette
Jann Gallois
24 & 25 décembre, Châteauvallon

L’homme à la tête de chou
Jean-Claude Gallotta
14 janvier, Le Liberté

Féminines
Pauline Bureau
24 janvier, Le Liberté

Les Belles de nuit
Marie Provence
31 janvier au 2 février, Le Liberté

La Bascule du bassin
Isabelle Fruchart
6 & 7 mars, Châteauvallon

Les Naufragés
Emmanuel Meirieu
19 & 20 mars, Le Liberté

Andando, Lorca 1936
Daniel San Pedro
3 & 4 avril, Châteauvallon

Voyage en Italie
Michel Didym
8 avril, Châteauvallon

Illusions perdues
Pauline Bayle
28 & 29 avril, Le Liberté

Seuls
Wajdi Mouawad
5 & 6 mai, Le Liberté

Saison sèche
Phia Ménard
14 & 15 mai, Le Liberté

Contes et légendes
Joël Pommerat
27 au 29 mai, Châteauvallon

Scène nationale Châteauvallon-Liberté
theatre-liberte.fr
chateauvallon.com


Châteauvallon – Scène nationale
795, chemin de Châteauvallon
BP 118
83192 Ollioules cedex
04 94 22 02 02
www.chateauvallon.com


Théâtre Liberté
Grand Hôtel
Place de la Liberté
83000 Toulon
04 98 00 56 76
www.theatre-liberte.fr