Le festival de Correns aura bien lieu, un printemps en automne

Un printemps en automneVu par Zibeline

• 11 septembre 2020⇒13 décembre 2020 •
Le festival de Correns aura bien lieu, un printemps en automne - Zibeline

Le Festival de Printemps de Correns, reporté, se répartit en quatre weekends thématiques. Frank Tenaille, directeur artistique du Chantier, en dessine les nouveaux enjeux

Zibeline : Ce Printemps en automne apparaît réfléchi et cohérent à la fois dans son propos artistique et dans sa démarche.

Frank Tenaille : Oui, un festival est comme un acte de vie. La décision de remonter le festival dont l’annulation avait été ordonnée, a été prise très vite. S’est posée d’une manière évidente la question des enjeux du vivant dont les musiques du monde nous disent énormément. Exacerbée avec l’histoire du covid-19, cette dimension-là est devenue la base de notre travail, de sa philosophie. Au départ nous avions pensé à trois temps forts répartis sur trois jours de festival, mais techniquement ce n’était pas possible. Aussi nous avons décidé de tout concevoir autrement, en nous appuyant sur de « gros weekends » avec des dominantes, en réorganisant nos envies de mai. Manqueront les rendus avec notre jeune public, (leur travail avec le maloya et les troubadours, nous essayons de voir comment en rendre compte en 2021), ainsi que les tables rondes. Mais je peux témoigner du fait que les artistes appelés durant le confinement soulignaient que nous étions le seul lieu à proposer une date. La situation est dramatique, beaucoup d’artistes ont perdu cinquante, soixante, voire quatre-vingts dates. Donc c’était vraiment un acte politique de maintenir ce festival qui est tout sauf de l’animation !

Quel en est le menu et quels sont les changements ?

Il a fallu par exemple transformer le Baletti de Camille Simeray en une forme de vrai concert. Avec Manu Théron nous avons accompagné un vrai travail de création, et il rencontrera le poète Roland Pécout sur le thème « Célébration du voyage, force archaïque de la poésie : à quoi bon des poètes en temps de manque ? ». D’actualité n’est-ce pas ! Le même weekend, il y aura Gérard Zuchetto et les chants des troubadours, dont il parlera lors d’une rencontre : « Les troubadours, loin des clichés. En quoi sont-ils les frères aînés de Bob Dylan ? ». Les créations abondent, celle de René Lacaille qui vient en résidence, celle de Baltazar Montanaro, et l’on applaudira la belle évolution de celle de Divano Dromensa, née au Chantier ; Juan Carmona, quant à lui, a accepté de concocter un programme « près de l’os », dans un flamenco très ramassé, et Patrizia Gattaceca offrira son disque aux spectateurs, une entrée musicale dans le roman du Digénis Akrites… Par ailleurs les voix du chœur amateur né à Correns, Equinoxis, seront travaillées lors de la résidence d’Èvelyne Girardon. Un « gros souper » achèvera l’année ! Il ne faut pas oublier les expositions, Les femmes dans la musique du monde (photographies de Bill Akwa Bétotè) et Fabuloses Trobadores apportée par Gérard Zuchetto, Les haricots sont pas salés, sur la mémoire cajun… sans oublier les projections dont le superbe film de Jean-Pierre Bruno sur les cajuns de Louisiane.

Donner du sens…

Oui, l’essentiel c’est donner du sens. C’est le problème d’aujourd’hui, tu fais toujours la même chose quel que soit le concert. Quand on va au resto, on peut aller chez Mac Donald ou ailleurs ; ici, c’est un peu de l’épicerie fine. Et puis quand on vient là c’est qu’on aime la zic, hein ! Quand je programme je me fais d’abord plaisir et je me dis qu’il y a des gens qui prendront du plaisir aussi.

Entretien réalisé par MARYVONNE COLOMBANI
septembre 2020

Festival de Printemps de Correns
11 septembre au 13 décembre
Le Chantier, Correns
04 94 59 56 49 le-chantier.com

Photographie : Divano Dromensa © FabB

Le Chantier
Centre de Création de Nouvelles Musiques Traditionnelles
Fort Gibron BP24
83570 Correns
04 94 59 56 49
http://www.le-chantier.com/